Culture | Trois questions à François Morel - Auteur de "Instants critiques"
14/01/2012 |
Entre cinéma, télévision, chroniques radio et théâtre, François Morel rend la tâche difficile à celui qui ne voudrait retenir qu'une corde à l'arc de cet ex-Deschien. C'est dans la dernière catégorie évoquée que sa corde opère puisque sa pièce, « Instants critiques », sera jouée au théâtre des Quatre Saisons à Gradignan le 17 janvier prochain. Depuis mai 2011, en effet, il recrée les célèbres entretiens cinématographiques de Jean-Louis Bory et Georges Charensol, les critiques passionnés de la fameuse émission de France-Inter « Le Masque et la Plume »; cela lui permet alors de relier ainsi toutes ses cordes, cinéma, radio et théâtre. Pour faire revivre ces débats enflammés des années 60-70 sur des films cultes de Truffaut, Bergman ou encore Demy, Morel s'est entouré de deux de ses fidèles complices des Deschiens, Olivier Saladin et Olivier Broche . A l'occasion de la représentation de son spectacle en Gironde, mardi prochain, le comédien et metteur en scène a répondu aux questions d'Aqui!
@qui! - Francois Morel en créant en mai 2011 à La Coursive à La Rochelle « Instants critiques »vous rendez hommage à une émission culte de la radio « Le Masque et la Plume » qui àl'évidence vous a marqué profondément. Pour autant, c'est un sacré défi que de passer du débat derrière micro en studio au spectacle vivant, sur scène...
François Morel - Il s'agissait bien d'un défi qui m'a donné quelques inquiétudes au début des répétitions! J'ai eu peur d'avoir eu une "fausse bonne idée". Comment faire du théâtre avec de la radio? Comment faire de la dramaturgie avec des paroles improvisées? Et puis, je crois que ça fonctionne. D'abord parce que les deux protagonistes originaux n'avaient pas manqué, eux aussi, de faire du théâtre, chacun jouant son rôle, chacun exagérant un peu ses colères, ses différences, son personnage. Et puis, à travers les deux visions portées sur le cinéma ce sont deux visions du monde qui s'opposent.
@! - Au cœur de cette recréation pour le théâtre une historique même passion,celle de Jean-Louis Bory et Georges Charensol pour le cinéma et une évocation, aujourd'hui, d'une vingtaine de films qui ont marqué l'histoire du cinéma de « Bande à Part » à « Cris et Chuchotements » en passant par « Les Parapluies de Cherbourg »...Peut-on entrer dans l'intimité«d'Instants critiques » si on n'a pas une culture cinématographique à la hauteur ?
F. M. - Si on connait les films, c'est encore mieux! Mais on peut bien sûr comprendre, aimer le spectacle sans avoir vu les films. On comprend, on devine ce qui oppose deux caractères différents qui sont également de générations différentes. Beaucoup de gens sortent en ayant envie de voir, ou de revoir, les films qui sont évoqués.
@! - Au fond alors que les salles de cinéma de France battent des records de fréquentation on peut penser que la « cinéphilie » n'est pas morte. Alors« Instants critiques », un spectacle sur fond de nostalgie ou une invitation supplémentaire à aimer le cinéma ?
F. M. - Le cinéma va bien, la cinéphilie peut-être un peu moins. Les films sont moins des objets de débats que dans les années 60-70 où des visions radicales du cinéma s'opposaient mais aussi des visions du monde... C'est un spectacle qui invite à aimer le cinéma bien sûr mais aussi les débats, les échanges, la discussion, la polémique. C'est curieusement un spectacle sur l'amitié: les oeuvres d'art qui nous font nous parler, nous opposer, nous définir rend les relations plus fructueuses, les vies... plus vivantes.
Photo : Georges Lambert
Une production de l'Explorateur
Gradignan - Théâtre des Quatre Saisons le 17 janvier
Saintes - Gallia Théâtre les 19 et 20 janvier
Tarbes - Le Parvis le 27 mars











