Culture | Voyage au coeur de l'âme yiddish et tsigane au manoir d'Eyrignac
06/08/2012 | A l'occasion de la trentième édition du festival du Périgord noir, le Sirba octet a offert dimanche un concert exceptionnel dans la cour du manoir d'Eyrignac
Fondé en 2003 par le violoniste Richard Schmoucher et formé par sept autres musiciens classiques, le Sirba octet a proposé dimanche soir dans la cour du manoir des jardins d'Eyrignac une lecture originale du répertoire yiddish et tsigane. Avec la fantaisie des musiciens populaires et la rigueur des instrumentistes classiques, ils ont offert un voyage authentique, intense, riche en émotions. Les nombreux spectateurs qui ont bravé la pluie sont séduits.
La nuit n'est pas encore tombée dans la cour des Jardins du manoir d'Eyrignac en cette soirée du dimanche 5 août. Une pluie fine tombe. De très nombreux spectateurs, parmi lesquels des gens connus ou moins connus, sont là, parapluie à la main. Parfois venus de Paris, de Gironde, de Corrèze, du Lot ou du Périgord, ils n'ont pas hésité à braver les orages pour assister au concert du Sirba octet. Ce rendez- vous, proposé par Capucine et Patrick Sermadiras, propriétaires du domaine et Jean-Luc Soulé, dans le cadre du festival du Périgord noir, s'annonce exeptionnel, particulier. Dans ce cadre de verdure enchanteur, il règne une atmosphère inhabituelle.
Les premières notes s'égrènent. Ce voyage musical au coeur de l'âme yiddish et tsigane peut débuter. Sur scène, violons, alto, contrebasse, clarinette, cymbalum et piano s'harmonisent en un son unique, mélodieux. Comme par magie, la pluie cesse, les premières étoiles apparaissent. Le public écoute, sans un bruit. Les airs sont vivants, connus de tous. Les mélodies se fredonnent, se dansent, se laissent réinterpréter au fil des époques, des régions, des parcours et des histoires d'un peuple qui a beaucoup voyagé. Certains imaginent des scènes de mariage, d'autres y ont peut être vu des scènes du Temps des gitans, film d'Emir Kusturica. Les traditions musicales yiddish sont en effet la synthèse de plusieurs siècles d'interactions entres Juifs et non Juifs. Sur scène, les huit musiciens, issus de formations classiques et prestigieuses, oscillent entre rigueur et joie communicative. Ils tissent des liens de joie et d’échange, font bouger les frontières et conduisent le public hors des sentiers battus. La partition est singulière, élégante et mélodieuse. Le public est sous le charme et en redemande.

Claude-Hélène Yvard
Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard













