Economie | En Béarn, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, se réjouit de la "renaissance" du bassin de Lacq
30/06/2012 | Vendredi 29 juin, Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif est venu poser la première pierre de l'usine Toray à Lacq.
C'est un investissement étranger suffisamment rare en ces temps de crise en France pour être souligné. Le japonais Toray va installer à Lacq, près de Pau, une usine pour fabriquer de la fibre de carbone. Ce sera la plus importante en Europe du leader mondial du secteur. Montant de la mise : 130 millions d'euros. L'unité s'inscrit aussi dans un projet global, baptisé Lacq 2030, qui vise à préserver la vitalité économique d'un territoire sur lequel Total a exploité pendant 50 ans un immense gisement de gaz.
"Lacq est le parfait exemple en France d'une coopération réussi d'intelligences. Alors que l'épuisement d'un tel gisement (de gaz) aurait été vécu ailleurs comme un sinistre, nous assistons ici à une véritable renaissance", s'est réjoui le ministre, Arnaud Montebourg. Cette nouvelle usine sera livrée à Lacq début 2014 et emploiera dans un premier temps 50 personnes. Déjà présent sur le bassin via son usine de production de fibres de carbones à Abidos, Toray va enrichir sa filière avec une unité où sera fabriquée la matière première de la fibre de carbone qu'il fait, jusqu'à présent, venir du Japon. Un investissement, alors que le gisement de gaz de Lacq est en fin de vie. Mais, pour autant, les fortes compétences acquises ici dans la chimie vont rester.
Lacq cluster chimie 2030, un exemple de reconversion industrielle
En effet, Total a décidé de passer à un débit réduit et de réserver, pendant les trente prochaines années, ce résidu de gaz aux industriels voisins pour lesquels il s'agit d'une matière première essentielle. Un accord jetant la base de ce projet "Lacq Cluster Chimie 2030" a été signé lundi 25 juin sur place entre Total, Arkma et Sobegi, l'opérateur de la plate-forme industrielle. Un chantier de 154 millions d'euros. Total va investir 8 millions d'euros pour reconfigurer les puits qui vont travailler à débit réduit. A débit équivalent, le résidu de gaz serait produit en trois ou quatre ans. De même, Arkema va dépenser 36 millions d'euros pour adapter son outil de fabrication de produits soufrés. Le gros de l'investissement (110 millions) va être utilisé pour construire de nouvelles unités de traitement du gaz, de séparation du soufre et une chaudière qui produira de la vapeur. Il sera financé par l'opérateur Sobegi, détenu à 60 % par Total et 40 % par Cofely (GDF Suez) qui assure depuis 2010 la gestion des services communs (production de vapeur et de gaz industriels) nécessaires à la plate-forme industrielle de Lacq. Une manière de montrer que ce n'est plus le terrain de jeu réservé de Total. Avec cet investissement de Toray, c'est la preuve, qu'un grand industriel peut partir et qu'un autre peut arriver. Y compris en période de crise.

Nicolas César
Crédit Photo : Websterne socialiste












