Economie | En Gironde, le laser mégajoule ne connaît pas la crise
15/07/2012 | Plongée au sein du futur laser mégajoule, en construction au Barp, en Gironde
L'échéance approche enfin. Le laser mégajoule va être mis en service fin 2014. C'est l'une des pièces essentielles du programme Simulation lancé en 1996 après l'arrêt des essais nucléaires sur les atolls de Mururoa et Fangataufa décidé par Jacques Chirac. Sa mission est de garantir la fiabilité et la sûreté à long terme des armes nucléaires françaises en reproduisant par le calcul leurs différentes phases de fonctionnement. Les travaux avancent à grands pas. Nous avons eu le privilège de pénétrer au coeur des installations du laser mégajoule.
Le laser mégajoule va simuler l'explosion d'une bombe thermonucléaire en produisant des réactions de fusion sur une échelle très réduite, de quelques millimètres. "Nous aurons le laser le plus puissant au monde avec les Etats-Unis", se félicite François Geleznikoff, directeur des armes nucléaires au CEA. Pas moins de 176 faisceaux laser d'une puissance phénoménale convergeront vers une minuscule bille, contenant un mélange ultradense de deutérium et de tritium (isotopes radioactifs de l'hydrogène), installée au cœur d'une sphère d'aluminium et de béton boré mesurant 10 mètres de diamètre et pesant la bagatelle de 140 tonnes ! De quoi obtenir pendant un milliardième de seconde, une température allant jusqu'à 100 millions de degrés Celsius pour faire fusionner les noyaux de deutérium et de tritium et libérer une énergie semblable à celle qui fait briller le soleil et les étoiles.
Un investissement de 3 milliards d'euros qui a fait des "petits"
L'investissement est de taille : 3 milliards d'euros. Mais, il a permis de faire naître une filière laser-optique en Gironde, de créer 1 200 emplois directs. Sans compter les personnes recrutées pour cet immense chantier. Cette fois, on en voit enfin le bout. "Malgré la crise, nous atteindrons nos objetifs et la première chaîne du laser mégajoule avec 8 faisceaux sera mise en service fin 2014", assure, confiant, François Geleznikoff. Ce dernier n'est pas peu fier que son pays ait développé une technologie de ce niveau, pourvoyeuse d'emplois hautement qualifiés. "La maintenance du laser mégajoule sera 100% française", précise-t-il. "C'est un échange gagnant-gagnant que l'on devrait davantage développer dans l'industrie française", suggère le patron d'Atmostat, Olivier Bouchard, une branche du groupe français Alcen, très présente sur le site du laser mégajoule.

Nicolas César
Crédit Photo : CEA/Philippe LABEGUERIE













