Economie | Total s'apprête à vendre TIGF à Pau au consortium EDF
06/02/2013 | Total a décidé de vendre sa filiale française de gazoducs TIGF à un consortium constitué par l'électricien EDF
Ce mardi 5 février, le groupe Total a indiqué dans un communiqué son entrée en négociations exclusives avec EDF, allié au gestionnaire du réseau gazier italien Snam et au fonds souverain singapourien. Le montant de leur offre est de 2,4 milliards d'euros, contre 2 milliards pour leur rival, un groupement mené par la Caisse des dépôts française. TIGF, dont le siège est à Pau, emploie 500 personnes et exploite 14% du réseau français de gazoducs. Elle avait été mis en vente par le géant pétrolier à l'automne dernier dans le cadre d'un programme de cessions de 20 milliards d'euros d'ici à 2015.
"Le consortium retenu (...) permettra d'accompagner le développement de TIGF dans le respect des engagements pris vis-à-vis de ses salariés et de ses partenaires", a souligné le PDG de Total Christophe de Margerie, dans un communiqué de Total. Ces engagements, qui figurent un accord signé avec les représentants des salariés de TIGF, portent notamment sur la préservation des emplois, le maintien des dispositions sociales dont bénéficient les 500 salariés de la filiale, et la localisation de son siège à Pau. "Ce sont des investisseurs de long terme et avec une certaine stabilité de l'actionnariat, ce qui est plutôt rassurant", a déclaré le secrétaire du CE, Patrick Mathieu (FO). Cependant, "il va y avoir un opérateur dominant, la Snam, et il faudra voir qu'il ne gère pas TIGF en dominateur, mais lui laisse son autonomie de fonctionnement", a-t-il prévenu. Un CE est prévu le 12 février. Les représentants du personnel se verront "remettre le dossier industriel, social et financier" ce jour-là.
Une nouvelle donne énergétiqueHéritière des grandes heures de l'exploitation du gisement gazier de Lacq, TIGF était initialement valorisé entre 2,5 et 3 milliards d'euros, selon les analystes. La baisse récente des prix du gaz a conduit à la révision en baisse de ces estimations. Ceci étant, l'activité suscite de l'intérêt depuis le fléchissement du nucléaire en Europe, suite à la catastrophe de Fukushima au Japon. Le durcissement de la réglementation sur les émissions de dioxyde de carbone rend aussi le gaz naturel plus attractif. Cette filiale d’environ 500 salariés gère un réseau de 5000 kilomètres de gazoducs dans le sud-ouest de la France, qui concentre l'essentiel des capacités de transport du groupe dans l'Hexagone.

Nicolas César
Crédit Photo : Unsa












