Les animations permanentes de la Winery en 2012
Bien plus qu?un lieu de vente unique en France (plus de 1 000 références de vins !), la Winery est également un des sites majeurs de l'oenotourisme aquitain et propose, toute l'année, ...
Recettes de la semaine du 6 février
Le mot crêpe est le féminin de l'ancien adjectif « cresp, crespe » qui signifie ondulé, par allusion à l'aspect que prend cette fine couche de pâte cuite sur une plaque en fonte. ...
Anka de Guillaume Guéraud aux éditions du Rouergue
Anka. Un nom qui claque. Quelque chose de coupant et de définitif. Et un très grand roman (encore) de Guillaume Guéraud... ...
Henri Salmide s'en est allé et sa mort ressuscite des moments qu'il nous sera, à jamais, possible d'oublier. Des moments que, d'ailleurs, non seulement nous ne pourrons oublier mais qu'au contraire nous devrons apprendre à ceux qui les ignoreraient ou, simplement, rappeler à ceux pour qui la mort finit toujours par éteindre le souvenir ordinaire.
Or cet homme et son destin qui furent si longtemps ignorés des Bordelais et de l'Histoire de France avait, par son geste, en soi héroïque, sauvé de la destruction le port de Bordeaux, le 22 août 1944. Au péril de sa vie. Et il l'avait fait, lui le soldat, le sous-officier allemand, refusant l'ordre donné, en n'écoutant que l'appel de sa conscience.
En faisant sauter, de ses propres mains, le stock d'explosifs de la rue Raze, qu'en vain il avait tenté de convaincre la résistance de faire sauter, il accomplissait un geste éminent, décisif. Un geste qui allait lui valoir l'opprobre dans cette Allemagne de l'après guerre et lui fermer les portes d'un retour dans son pays, à Dortmund. Mais était-ce pire, vraiment pire que cette absence de reconnaissance, pendant si longtemps, d'une ville qui, pourtant, lui devait tant?
C'est cet homme-là, que par l'entremise de deux vieux amis, aujourd'hui disparus, Jean Hourcade et André Moga, je rencontrais voilà quelques vingt ans. Un moment bouleversant que notre confrère Christian Seguin allait connaître à son tour avec l'exigence absolue de rendre justice à ce juste d'entre les justes.
Hans qui avait épousé Henriette avait fini par entrer au service du bateau pompe du port de Bordeaux où, pendant plus de vingt ans, il fit son travail sans que d'ailleurs on se soit un tant soit peu préoccupé de sa situation. Il en ressentait plus que de l'amertume, une manière d'incompréhension retenue que l'œil humide et le mouvement des lèvres trahissaient à peine.
La dignité tenait lieu de grand croix à cet homme simple et bon. Encore fallût-il que la presse s'en mêlat pour qu'enfin, un jour de 1995, Chaban, le temps de l'incompréhension de nombre de résistants ayant fait son œuvre, lui remette la médaille de la ville. Il était déjà bien tard et la Légion d'Honneur de l'an 2.000, si elle dissipait un peu la culpabilité d'un pays, ne parviendrait jamais à laver un long, si long oubli.
Adieu Hans et Heinz : les larmes nous viennent au souvenir de votre regard interdit.
Joël Aubert
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