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Recettes de la semaine du 8 février
Spécial chandeleur
The New York Times l'intégrale des unes 1851-2009
Une sélection de 300 "unes" du«New York Times»reproduites en fac-similé, de 1851 à 2009. Une vue d'ensemble des événements politiques, économiques, culturels et sportifs. Les 3 DVD ...
A la découverte des vins étrangers
A partir du 17 février, les sommeliers de la Winery révèlent leurs dernières trouvailles en provenance de l'étranger et invitent à trois expériences inédites de dégustation, en présence ...
Décidément ce n'est pas facile d'être premier ministre sous Nicolas Sarkozy. Vous avez le choix entre l'effacement et les sifflets. François Fillon en a fait la rude expérience devant le grand rassemblement républicain des maires de France
Et, à considérer la façon dont il s'en est sorti, l'homme de l' Elysée, quelque part du côté de l'Arabie saoudite, a dû penser qu'il avait bien fait de le laisser, cette fois, monter en première ligne. Le chef du gouvernement, tout en défendant la réforme territoriale a, au moins, obtenu le droit de l'expliquer longuement en rejetant toute idée sous-jacente de recentralisation.
Un sacré challenge à relever tant, à droite comme à gauche, les élus locaux, les conseillers généraux promis à la disparition et les conseillers municipaux ressentent, douloureusement, un sentiment de mépris, se sentent regardés de haut, catalogués. Il faut dire, et le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan le faisait remarquer, ce 17 novembre, sur France Info, que l'on cherche en vain la cohérence dans la manière d'engager cette réforme. Avant même que la question des compétences ait été sérieusement débattue les collectivités ont été privées de leur principale ressource et de leur propre capacité à décider. C'est L'Etat qui décidera ce qui est bien ou ne l'est pas et sera le grand ordonnateur des politiques à venir. Pareil changement de cap, au nom des économies revient à remettre les collectivités sous tutelle, ce qui pour reprendre le vocabulaire sarkozyen est une vraie rupture. Et source de mécontentement.
Faut-il s'étonner que cette réforme vienne percuter la réalité locale? Certes non; elle se veut en effet cohérente avec la volonté d'unifier le parti pris idéologique du pouvoir. C'est le grand retour de l'Etat maître d'oeuvre du modèle social du pays: tout pour l'entreprise au nom d'un constat terriblement tardif: France ton industrie fout le camp! Sauvons là...L'ennui ce n'est pas tant que l'on supprime la taxe professionnelle, mais c'est surtout qu'on ne donne pas aux collectivités une plus grande liberté fiscale; l'ennui ce n'est pas tant que l'on veuille rationaliser certaines politiques mais c'est que l'on pose mal le problème, ou plutôt de façon démagogique et à la limite populiste. Diviser par deux le nombre d'élus régionaux et départementaux, au lieu d'entreprendre de vraies économies, en cherchant à regrouper des compétences voisines du département et de la région et à abaisser le coût de structures souvent lourdes, c'est flatter un réflexe poujadiste; mettre en place un scrutin à un tour pour élire le futur et omniscient conseiller territorial, c'est privilégier une approche partisane de la réalité locale, au lieu de s'efforcer de trouver des solutions d'intérêt général. A ce jeu-là, le monde rural sera le grand perdant d'une réforme bâclée, à moins que le bon sens ne finisse par l'emporter du côté du Sénat, par exemple, ou encore que le Conseil Constitutionnel ne trouve quelque incompatibilité entre tel mandat et tel autre.
Joël Aubert