Les animations permanentes de la Winery en 2012
Bien plus qu?un lieu de vente unique en France (plus de 1 000 références de vins !), la Winery est également un des sites majeurs de l'oenotourisme aquitain et propose, toute l'année, ...
Recettes de la semaine du 6 février
Le mot crêpe est le féminin de l'ancien adjectif « cresp, crespe » qui signifie ondulé, par allusion à l'aspect que prend cette fine couche de pâte cuite sur une plaque en fonte. ...
Anka de Guillaume Guéraud aux éditions du Rouergue
Anka. Un nom qui claque. Quelque chose de coupant et de définitif. Et un très grand roman (encore) de Guillaume Guéraud... ...
Réforme territoriale : le chantier ouvert par le gouvernement tend, chaque jour davantage, les rapports entre l'administration d'Etat et les collectivités locales. L'Aquitaine est à cet égard un laboratoire détonant.
Entre un président de conseil général, Philippe Madrelle, qui fait afficher les dettes de l'Etat envers la Gironde et un préfet Dominique Schmitt qui lui répond je ne vous dois rien, entre un président de Conseil régional, Alain Rousset qui part en guerre contre une réforme qui annonce l'asphyxie des régions, et le même préfet qui lui explique au fond que la Région, en termes de crédit, ce n'est pas grand chose à côté de l'Etat, c'est une lutte œil pour œil, dent pour dent.
Cette situation, de plus en plus volcanique, a une raison et véritablement une seule. L'Etat sarkozyen déroule ses arguments, chiffres à l'appui, pour mettre fin à la carte administrative française actuelle.
Extraordinaire démonstration en a été fournie à la presse, deux heures durant, ce 15 janvier par le préfet de Gironde et d'Aquitaine. Dominique Schmitt sait en effet de quoi il parle pour avoir occupé un poste hautement stratégique, la Direction générale des collectivités locales au ministère de l'intérieur. Au sein de la galaxie sarkozyenne il est, aujourd'hui, l'un des plus fervents missionnaires de cette réforme territoriale qui veut et va bouleverser le paysage institutionnel français. L'argument central est simple : la France est endettée, terriblement endettée, la charge de la dette ira croissante, d'autant que le poids des retraites pèsera de plus en plus. L'Etat a décidé de donner l'exemple avec cette fameuse RGPP, révision générale des politiques publiques ; il ne remplace notamment qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et, pendant ce temps là les dépenses des collectivités locales dépassent de 40 milliards ce qu'elles doivent consacrer aux compétences qui leur sont transférées par l'Etat. Sous entendu, elles ne peuvent exister que par la volonté de ce même Etat. La suite logique est imperturbable : il faut supprimer tout ce qui peut l'être...
Vu d'en haut, cela se nomme les pays, ce lieu de démocratie et de propositions: c'est déjà fait ou presque ; les syndicats intercommunaux à compétence thématique c'est pour bientôt, les cantons ; on va en réduire le nombre et bien entendu justifier pareille évolution par l'inégalité de représentation entre une France rurale qu'on ne veut plus rurale et une France urbaine. Et on va en profiter pour réduire, de moitié, ces conseillers généraux, ces élus de proximité qui s'occupent de l'aide sociale, du maintien à domicile ou du carrefour dangereux. L'élu nouveau, l'homme de la situation, sera formé, payé, avec un statut, une organisation et, comme on aura mis fin aux compétences générales des collectivités, il n'aura aucun mal à changer de casquette, en allant du conseil général au conseil régional, défendant, ici, l'aménagement de la zone d'activité et, là, le dossier d'une PME qui part à la conquête du marché chinois.
Dominique Schmitt, sans sourciller, a défini le profil de ce conseiller territorial, parfaitement au courant de tout et, bien entendu, gestionnaire accompli.
Passons sur l'étonnement de quelques uns qui croient, encore, qu'en période électorale un préfet aussi éminent s'engage, à ce point, au service d'une réforme qui divise profondément la classe politique française...Il est grand temps, à gauche notamment, qu'on comprenne que la stature du préfet qui garde ses distances, au nom d'une certaine tradition républicaine n'est plus de saison. Elle a vécu. Les préfets sont en terre de mission, comme les ministres souvent obligés de s'engager dans des élections régionales. L'Elysée ne veut plus d'une France différente et quelque peu rebelle.
Joël Aubert
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