Les animations permanentes de la Winery en 2012
Bien plus qu?un lieu de vente unique en France (plus de 1 000 références de vins !), la Winery est également un des sites majeurs de l'oenotourisme aquitain et propose, toute l'année, ...
Recettes de la semaine du 6 février
Le mot crêpe est le féminin de l'ancien adjectif « cresp, crespe » qui signifie ondulé, par allusion à l'aspect que prend cette fine couche de pâte cuite sur une plaque en fonte. ...
Anka de Guillaume Guéraud aux éditions du Rouergue
Anka. Un nom qui claque. Quelque chose de coupant et de définitif. Et un très grand roman (encore) de Guillaume Guéraud... ...
Il est né le nouvel élu à la française, façon Sarkozy, porté sur les fonts baptismaux par le Sénat de la République dans la nuit du 4 au 5 février 2010. Une créature hybride qui doit voir le jour en 2014 lorsque, mettant fin au système actuel, il supplantera le conseiller général et le conseiller régional.
Il portera une double casquette et ne devra pas se tromper quand il passera d'une assemblée à l'autre.
Curieuse invention, et naissance dans la douleur, si l'on considère les polémiques qu'il suscite en pleine campagne électorale et l'imprécision totale dans laquelle nous sommes quant à son mode d'élection. Ce n'est quand même pas banal que l'on crée de toute pièce un élu sans même savoir précisément comment on l'élira. Le scrutin uninominal à un tour tient la corde, excellente matrice pour renforcer le poids des grands partis; il sera mâtiné d'un peu de proportionnelle (20%) pour monter qu'on n'oublie pas les petits. Enfin, là, rien n'est encore définitif et même dans la maison UMP on n'est pas tous d'accord; certains se réveillent en considérant que la parité qui commençait enfin à trouver droit de cité, au sein du personnel politique, menaçe de régresser.
L'ambition élyséenne ne fait plus aucun doute depuis un an : diminuer le nombre d'élus de terrain pour raison d'économie, ce qui à priori serait populaire et du même coup contraindre régions et départements à s'entendre et même fusionner. Notons que le Sénat « dans sa grande sagesse » a conditionné pareille évolution à un accord des élus et éventuellement à la consultation des populations. Les sénateurs ont aménagé le projet initial sans perdre de vue qu'ils devaient leur réélection à ces élus communaux qui sont leurs grands électeurs. Notons encore que la réforme exclurait la tutelle des préfets sur les collectivités comme cela avait d'abord été envisagé et, surtout, qu'au sein des futures métropoles chaque commune conserverait, contrairement au projet initial, son autonomie fiscale. Ce qui ne sera plus le cas pour les départements et régions.
En réalité, ce 5 février 2010, la première étape franchie en appelle d'autres pour ce bouleversement qui n'entrera, n'entrerait, en vigueur qu'en 2014. Ce retour en arrière selon la gauche, en tout cas un grand coup d'arrêt à la décentralisation façon Defferre et même façon Raffarin.
Le bouleversement en cours consacre de toute façon la suprématie définitive de la France des villes sur la France des campagnes. La vision froidement réaliste d'une classe politique qui n'a plus de temps à perdre et plus d'argent à dépenser avec cette autre France qu'elle regarde de haut, avec juste ce qu'il faut de compassion, le temps d'une visite sous l'œil des caméras.
D'une France qui ignore le rôle irremplaçable de l'élu local, cantonal, auprès des populations. Sa capacité a écouter et réécouter les petites gens ; à les accompagner, à tisser ce lien social qui a tant servi d'amortisseur au plus fort de la crise. On souhaite du courage, de la résolution, une manière d'engagement sacerdotal au futur conseiller territorial d'une France qui renonce à son identité et s'embarque pour un voyage improbable ... sur le territoire, cette « étendue de terre », selon le Petit Larouse, dont les contours nous restent inconnus.
Joël Aubert
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