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Recettes de la semaine du 15 mars
Et si on en faisait tout un gâteau !
The New York Times l'intégrale des unes 1851-2009
Une sélection de 300 "unes" du«New York Times»reproduites en fac-similé, de 1851 à 2009. Une vue d'ensemble des événements politiques, économiques, culturels et sportifs. Les 3 DVD ...
A la découverte des vins étrangers
A partir du 17 février, les sommeliers de la Winery révèlent leurs dernières trouvailles en provenance de l'étranger et invitent à trois expériences inédites de dégustation, en présence ...
C'était un homme d'une intelligence exceptionnelle, un républicain exigeant, un élu local passionné, un ministre intransigeant, un président de l'Assemblée nationale à la hauteur, un président de la Cour des Comptes sans langue de bois. Philippe Séguin disparaît, couvert d'éloges et, au-delà des convenances, chacun comprend que c'est l'une des dernières grandes figures d'une certaine idée de la France qui s'en va. Un chantre du gaullisme et de l'unité nationale.
A Epinal, où il fut maire pendant quatorze ans, il avait en quelque sorte innové, crée son laboratoire de la vie locale, de la démocratie de proximité où il était animé par la volonté de créer les conditions de l'égalité des chances, lui qui n'oubliait pas qu'il avait été pupille de la nation. Il nous avait été donné de le voir à l'oeuvre dans sa ville et d'en être revenu fasciné par pareils engagement et force de conviction. Si tant est que l'enracinement et la passion de la vie publique sont à la source d'une carrière politique, il avait trouvé dans sa ville l'inspiration pour aller plus loin et plus haut. Lui l'enfant de Tunis, le méditerranéen au sang chaud.
Sa passion de la France l'avait poussé jusqu'à faire cause commune avec Pasqua et de Villiers pour combattre le traité de Maastricht, jusqu'à ce face face télévisé avec François Mitterrand à la veille du référendum de 1992. Ce jour-là, touché par la maladie du président de la République, l'homme l'emportera sur l'adversaire politique et les Français voteront oui de justesse à l'Europe. Sa carrière de ministre fut aussi courte, brillante que tumultueuse mais c'est au perchoir de l'Assemblée Nationale que l'on comprît qu'il avait la dimension d'un homme d'Etat. Soutien de Chirac contre Sarkozy qui avait choisi Balladur lors de l'élection de 1995, il se rapprocha ensuite de l'actuel homme de l'Elysée, ce qui ces derniers temps, à la tête de la Cour des Comptes, ne l'empêchait nullement de s'inquiéter du déficit abyssal des finances publiques de la France. Sa liberté de parole en faisait, aux yeux de beaucoup, une figure d'autant plus importante de la vie politique française. Une dernière façon, en quelque sorte, de rester fidèle à l'idéal gaulliste de rassemblement qui l'animait.
Joël Aubert