Environnement | A Faleyras, l'Association des Maires de Gironde, ERDF et France Télécom, se testent grandeur nature contre les tempêtes
14/10/2011 |
Ce jeudi 13 octobre une tornade s'est abattue en Gironde, sur le village de Faleyras au coeur de l'Entre Deux Mers. Tel aurait pu être le titre de cet article, si la tornade en question n'avait été simulée pour les besoins d'un exercice de gestion de crise, lui-même librement inspiré des tempêtes de 1999 et 2009. Une fausse tornade donc, mais dont les conséquences sont bien prises au sérieux par les trois partenaires à l'origine de cet exercice : l'Association des Maires de Gironde, ERDF et France-Télécom Orange. Objectifs principaux de l'exercice : tester l'efficacité du dispositif « correspondants tempête » ainsi que la coordination des actions et la communication entre les divers acteurs sur le terrain.
Drôle de temps pour une tornade : le ciel est bleu et aucun nuage n'apparaît à l'horizon. Pourtant, à la Mairie et au foyer communal du village, les deux centres névralgiques pour la gestion de la crise, l'ambiance est studieuse et concentrée. Il faut dire que le scénario imaginé sur les conséquences de cette tornade passée sur le village à 8h45 n'est pas des plus optimistes : le réseau électrique et téléphonique est en partie détruit et les quatre antennes du réseau mobile qui couvrent la commune de Faleyras sont elles aussi tombées hors service au bout d'une heure par manque d'alimentation électrique... A cela s'ajoute des problèmes de voiries encombrées par les arbres, des blessés et une population sinistrée qui demande de l'aide et des informations... Au village pour gérer au mieux l'ensemble de ces problèmes, et établir des priorités d'action, La Maire Josie Besse-Castant a enclenché dès 9 heures, le plan communal de sauvegarde, mis en place une cellule de crise à la Mairie et envoyé sur place le correspondant tempête. Une centre d'organisation s'est quant à lui mis en place au foyer municipal, regroupant ERDF, France Télécom et l'Association des Maires de Gironde.
Tester l'efficacité des correspondants tempête
Objectif de ce jeu de rôle grandeur nature : tester un ensemble de dispositifs de crise communs. En premier lieu, il s'agit de mesurer l'efficacité des correspondants tempête dans lequel sont impliqués à la fois l'AMG, ERDF et, depuis 2010, France Télécom. Créé dès 2007 en Gironde, ces correspondants tempêtes sont des élus formés au fonctionnement des réseaux électriques et téléphoniques, capables de poser un premier diagnostic des dégâts. Autant dire que ces correspondants tempêtes permettent un gain de temps essentiel sur les interventions. Grâce à des formations régulières ils sont désormais « indispensables et opérationnels » souligne Gérard César, le Président de l'AMG. Second objectif de cet exercice de crise : mesurer la capacité des différents acteurs à travailler ensemble et à échanger des informations. Un besoin exprimé tant par ERDF, que par France Télécom et l'AMG. Selon Sophie Ribeton, de l'AMG « il faut être en capacité de transmettre une information à France Télécom ou à ERDF sur les besoins de la population, mais aussi avoir de leur part une information descendante à transmettre aux habitants et ne pas les laisser dans l'incertitude. »
Faire ses propres tests de mise en situation
Mais cet exercice grandeur nature, c'est aussi l'occasion pour chaque acteur de faire ses propres tests de mise en situation. Selon Jean-Guy Majourel, Directeur d'ERDF Gironde, l'opérateur a pu tester le dispositif des « réseaux auto-cicatrisants », qui par un système d'appareils télécommandés permettent de réduire considérablement la poche d'incident, et donc de clients pénalisés. Du côté de France Télécom, Gérard Krebs, Délégué régional France Télécom Orange, explique que l'exercice de Faleyras, est non seulement l'occasion d'avoir une première expérience terrain avec les correspondants tempête mais aussi de tester son système « NordNet » qui permet d'établir une liaison téléphone et internet par satellite. Un moyen pour sécuriser les communications pour au moins un lieu de vie dans les communes ayant choisi de s'abonner à cette offre. A l'heure du tout premier bilan, l'impression générale était plutôt bonne, avec un bémol tout de même pour la représentante de l'AMG: la gestion de la presse et des journalistes sur place, véritables électrons libres, au milieu d'un système au final bien structuré.
Photo: Aqui.fr
Solène Méric











