Environnement | Espoir d'un mélange génétique chez les ours des Pyrénées
23/08/2012 | les oursons nés cette année pourraient être les petits de Balou, le seul ours mâle du noyau central à ne pas avoir du sang de Pyros, le mâle dominant
Les autorités espagnoles ont officialisé la naissance d'oursons dans les Pyrénées centrales. Nous savons d'ores et déjà que deux mâles sont nés de Caramelles, tandis que le sexe et le nombre d'oursons de l'autre portée est encore inconnu. L'identité du mâle reproducteur, qui nécessite une analyse génétique des oursons, intéresse au plus haut point les défenseurs de l'ours. Il se pourrait que Balou, mâle en pleine force de l'âge, soit venu contester la suprématie de Pyros, apportant ainsi du sang neuf aux ours des Pyrénées menacés de consanguinité.
« C'est un animal fragile, souligne Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours, le taux de mortalité des oursons est fort, on en a perdu un sur quatre l'année dernière, mais depuis quelques années on note un bon taux de survie. » S'ils survivent, ces oursons renforceront la population des ursidés des Pyrénées centrales, noyau central qui compte déjà 19 des 21 individus recensés.
Les deux individus restants, Néré et Cannellito, père et fils, errent toujours dans les Pyrénées occidentales sans femelle, contrairement aux derniers mâles des Pyrénées orientales, Moon-boots et Balou, qui se sont dirigés vers le noyau central à la recherche des seules femelles et à la rencontre de Pyros, le mâle dominant. La présence de ces deux mâles depuis le printemps est l'espoir d'un mélange génétique pour les défenseurs de l'ours qui, année après année, constatent la naissance d'oursons du même père, Pyros.
Consanguinité
« C'est une situation atypique, insiste Alain Reynes. D'habitude il y a plusieurs mâles qui tournent dans un jeu de dominance, mais Pyros est tellement fort qu'il les a tous expulsés assez loin et qu'aucun n'est revenu le défier. » Pyros pesait déjà 235 kilos en Slovénie et il est encore gaillard à son âge. « Un physique de talonneur », s'amuse Alain Reynes avant de nous expliquer que cette situation tient surtout au fait qu'il ait toujours rencontré en travers de son chemin, hormis Nere, uniquement ses propres fils: « jusqu'à l'âge de deux ans ils sont protégés par leur mère, ensuite Pyros leur dit : dehors. »
Balou qui a émigré depuis le printemps dernier dans les Pyrénées centrales est précisément le seul mâle, hormis Néré et donc Canellito, à ne pas être né de Pyros. De plus le mâle dominant a entre 25 et 30 ans, un âge très avancé chez les ours. Alain Reynes espère que Balou a réussi à s'imposer et à remettre en cause la suprématie du vieil ours. « Les analyses génétiques diront si le mâle Balou, arrivé dans ce secteur l’an dernier, est le père de l’une de ces portées. Cela apporterait un peu de la diversité génétique dont la population a tant besoin du fait de la domination sans partage du mâle Pyros depuis 1997 … »

Olivier Darrioumerle
Crédit Photo : Régions démocrates













