Environnement | Gaz de Schiste : élus et associations mobilisés en Lot-et-Garonne
03/05/2012 | Etudes, consultations d'experts, visites de terrain... le CG47 veut tout connaître sur le gaz de schiste
Le 21 mars dernier, le Conseil général de Lot-et-Garonne a mis en place une mission d'information et d'évaluation sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste. Une mission qui a pour but d'auditionner des experts et des organismes favorables ou non à ce gaz. A l'issue des travaux menés pendant 6 mois, elle adoptera un rapport qui fera l'objet d'une présentation et d'un débat public lors de la décision modificative n°2. De son côté, le collectif « Non au gaz de schiste 47 » mène des actions de sensibilisation pour alerter l'opinion publique concernant le type d'extraction, à savoir la fracturation hydraulique qui détériorerait l'environnement...
Aujourd'hui, pour obtenir le gaz de schiste, les exploitants doivent utiliser une méthode dite de fracturation qui consiste à injecter de l'eau et des additifs à haute pression, afin de fracturer la roche mère et libérer le méthane. Et c'est cela qui pose problème. Pour le collectif « Non au gaz de schiste 47 » « l'exploitation de ce gaz est prôné par les industriels pétroliers comme une solution à l'indépendance énergétique mais la technique de fracturation hydraulique a été développée sans étude d'impact sur la santé et l'environnement. » « Alors que, dans les faits, précise Odile Belle, coordinatrice de ce collectif en Lot-et-Garonne, cette fracturation provoque la pollution de l'eau et de l'air, dégrade notre cadre de vie et entraîne des secousses sismiques ». Bref, aujourd'hui, sous nos pieds, bouillonne le futur pétrole mais l'Homme n'a pas encore trouvé le moyen de l'extraire sans polluer les nappes phréatiques et donc conduire à notre perte.
Des permis d'exploration déposés en préfecture
Le Lot-et-Garonne est concerné par cette situation car deux permis d'exploitation ont été déposés à la préfecture du Tarn-et-Garonne. L'un d'entre eux est le permis de Beaumont-de-Lomagne qui s'étend sur plus de 10405km2 en traversant le Lot, le Lot-et-Garonne, la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, le Gers et l'Ariège. Prenant conscience de la situation, les élus départementaux ont créé une mission d'information et d'évaluation sur l'exploration et l'exploitation de ce gaz, le 21 mars dernier, afin de comprendre ses bienfaits et méfaits. Pendant 6 mois donc, ils vont auditionner des experts. « Cette mission donnera un avis éclairé qui n'aura pas forcément autorité puisque seul le préfet de région aura la charge d'attribuer ou pas ces permis d'exploitation. Maintenant, il est évident que l'avis des élus d'un département doit peser au regard de la décision que prendra le préfet », justifie Michel Esteban, conseiller général et rapporteur de cette mission. Prochains rendez-vous pour les élus départementaux, une visite de terrain, fin juin, dans le Lot où de nombreux permis de recherche ont été déposés. Et mi-juillet des experts seront auditionnés à l'Hôtel du département.
« Gaz et huiles de schiste : ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain ! »
40 ONG et associations ont interpellé le Parlement Européen, le 25 avril dernier, à propos du développement des gaz et huiles de schiste, des sables bitumineux et des gaz de houille par les États membres de l’Union Européenne, ainsi que du recours à la fracturation hydraulique. Ce même jour, le député polonais Sonik Boguslaw présentait un rapport sur l'exploitation des gaz et huiles de schiste devant la commission environnement du Parlement européen. « Ce rapport appelle au développement massif des gaz et huiles de schiste en Europe et se refuse, pour le collectif, à prendre en compte les innombrables pollutions chimiques et toxiques, les conséquences sanitaires, le gaspillage d'eau potable et la dévastation des territoires engendrés par l'exploitation des gaz et huiles de schiste aux États-Unis et ailleurs, préférant faire la part belle aux volontés des industriels pétroliers et gaziers. » Le collectif d'associations et d'ONG demande donc aux États membres de l’Union Européenne de suspendre l’ensemble des activités d’exploration ou d’exploitation de gaz et huiles de schiste déjà en cours, d'abroger l’ensemble des permis aujourd’hui valides et de bloquer tout nouveau projet.
Retrouver le texte de positionnement et la liste complète des signataires à l’adresse suivante : http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/

Sybille Rousseau
Crédit Photo : XC/CG47












