Ces 15 derniers jours, la capitale danoise était le rendez-vous incontournable des écologistes de tout bord. Le sommet sur le climat était attendu avec impatience par les ONG et les parties prenantes; il devait s'inscrire dans l'histoire. Les raisons ? Le besoin de donner un prolongement au protocole de Kyoto, de fixer des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre, de déterminer un montant suffisant pour financer l'atténuation de ce phénomène et l'adaptation des pays en développement au changement climatique. Anne Sophie Novel fondatrice d'Ecolo-Info, au-delà de sa déception, souligne que les initiatives locales sont plus que jamais nécessaires.
Autant d'éléments sur lesquels l'accord de Copenhague aurait pu être « ambitieux, juste et juridiquement contraignant », selon l'expression consacrée par les ONG. Autant de points restés sans engagements dignes des enjeux auxquels nous faisons face, aujourd'hui.
La déclaration politique du G 28
Les 130 chefs d'Etat et de gouvernement présents n'ont pas réussi à s'entendre. L'accord espéré s'est transformé en déclaration politique. Les termes en ont été dessinés par une petite trentaine de pays dont une majorité de pays riches.
Il s'agit là d'un échec révélateur : la situation d'urgence vécue par les pays les plus vulnérables et l'immense mobilisation citoyenne ne suffisent pas à motiver des engagements forts au niveau mondial. Si l'exercice onusien est critiquable, il demeure que le rassemblement unique de 130 chefs d'Etat et de gouvernement a mis en exergue un véritable décalage entre le vécu de certains et la priorité des autres.
Après Copenhague, place aux politiques locales
Aujourd'hui, il est nécessaire de préserver la dynamique créée lors de ce rassemblement. La capitale danoise a accueilli de nombreux autres événements en marge de la quinzième conférence des parties (COP15) afin de mettre en avant le rôle des politiques locales.
Le sommet des maires a notamment mis en évidence le rôle dynamique des villes dans le développement durable : Alain Juppé, conscient que des événements tels « Copenhague » permettent d'entretenir des liens, y a présenté - aux côtés des maires de Seattle, Milan et Sidney - la façon dont Bordeaux sensibilise les citoyens. Ce fut aussi l'occasion pour la ville de Bordeaux et le projet Darwin (éco-site réalisé à la caserne Niel) de sceller un accord de partenariat avec le Programme des Nations Unies sur l'Environnement (PNUE). Et ceci afin d'expérimenter un nouveau modèle de mesure de l'impact climatique des bâtiments et des villes.
Alors que le maire de Bordeaux s'est interrogé sur le processus d'accréditation et sur l'utilité de sa présence au Bella Center (le lieu des négociations de l'ONU), Alain Rousset, en tant que président de l'Association des Régions de France, ne faisait pas partie de la délégation française.(1)
Cela ne l'a pas empêché de rappeler l'engagement des régions dans la mise en place de mesures concrètes : 50 à 80% des actions favorisant la réduction des émissions de CO2, et 100% des mesures d'adaptation au changement climatique sont conduites par les collectivités territoriales. Le président de la région Aquitaine a aussi rencontré le porte-parole des Etats fédérés et des régions auprès des Nations Unies, Jean Chareste. Ensemble, ils ont évoqué le rôle des élus locaux et la valorisation des actions infra-étatiques dans la lutte contre le changement climatique. Alain Rousset a également profité de Copenhague pour annoncer, avec les présidents du Land de Hesse et l'Emilie Romagne, la création d'une association des régions du monde sur la valorisation du rôle écologique et social des forêts. (voir aqui.fr du18 décembre).
Anne-Sophie Novel
1.NDLR. en effet l'ARF n'avait pas été conviée par le gouvernement à en faire partie
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