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Recettes de la semaine du 2 août
Et si on faisait des brochettes ?!
The New York Times l'intégrale des unes 1851-2009
Une sélection de 300 "unes" du«New York Times»reproduites en fac-similé, de 1851 à 2009. Une vue d'ensemble des événements politiques, économiques, culturels et sportifs. Les 3 DVD ...
Mark di Suvero embrase le Médoc
Mark di Suvero est le plus célèbre sculpteur américain de notre siècle. Ses oeuvres sont exposées dans le monde entier : Cambera (Australie), Toronto, Bonn, Berlin, Valenciennes, Stockholm? ...
Deux livres viennent d'être récemment publiés sur la vie dans les « quartiers en difficulté », deux livres que tout oppose malgré un thème commun. Le premier, "Ghetto urbain", signé par le sociologue Didier Lapeyronnie, est le compte rendu d'une enquête dans un quartier HLM d'une ville moyenne de l'ouest de la France ; le second, "La petite cité dans la prairie", est un récit « de l'intérieur », écrit par un jeune francilien d'origine marocaine qui a la rage de s'en sortir et qui trouve sa voie entre la boxe, la presse magazine et la culture hip hop. Confronter ces deux livres permet d'avoir une vision plus nuancée de la « banlieue », un monde aussi divers et varié que ses habitants. Une focalisation sur les jeunes d'origine maghrébine
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Peut-on vraiment parler de « ghetto » ?
Le sentiment d'insatisfaction est renforcé par le fait qu'au lieu d'une analyse originale ancrée dans le terrain étudié, de très nombreuses références sont empruntées à la littérature sociologique sur les ghettos américains. Certes, les auteurs préviennent à plusieurs reprises que ce quartier angoumoisin ne peut être totalement assimilé à un « ghetto » au sens courant, mais ce terme apparaît systématiquement sous leur plume jusqu'à devenir un synonyme commode de « quartier populaire », « quartier HLM » ou « quartier en difficulté ». En répétant à longueur de pages ce mot, les auteurs risquent d'imposer un cadrage conceptuel qui reste inadéquat et apporte un surplus de confusion dans la façon de nommer et de représenter la banlieue : si l'on veut, comme aime à le faire les sociologues, « rompre avec le sens commun », « ghetto urbain », dont l'adjectif qualificatif frise le barbarisme, est une régression par rapport au terme aujourd'hui trop peu usité, mais certainement plus juste, de « quartier de relégation ».
"La petite cité dans la prairie", un récit coup de poing !
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« La vie est pire qu'un film, c'est une histoire d'amour déchirée par les événements »
La question des « filles », ou dit autrement, celle du « choix érotique et matrimonial » est centrale et symbolise tout le destin social du juene homme, écartelé entre ses racines marocaines et son investissement dans la société française. Il rencontre, par exemple, Claudia en Suisse chez sa tante marocaine immigrée à Zurich : « Le samedi, nous allons dans une soirée. Mais ce n'est pas mon délire, c'est une ambiance « Dance ». Je louche sur le décolleté de Claudia. Je l'emmène dans un coin discret et nous flirtons. Elle me parle de ses parents. Apparemment, elle s'ennuie, ici ; il y a de quoi Zurichstrasse, ce n'est pas Paris ! La soirée s'achève, je rentre prendre ensuite mon train. J'appelle une fois, elle me parle de son travail, mais je ne garde pas le contact. Ma tante en parle à mon père qui va me saoûler en me demandant pour la énième fois pourquoi je vais vers les Arabes. Effectivement, Claudia est très belle, mais c'est une Européenne. Elle ne m'attire pas plus que ça. » Le jeune homme finit par résoudre cette contradiction en épousant une maghrébine, qui se consacre à leurs enfants et à la sphère domestique, pendant qu'il fréquente « en tout bien tout honneur » des jeunes filles plus diplômées et à l'origine sociale plus élevée à travers ses activités journalistiques.
S'en sortir par la défense de sa propre culture
Coursier en journée dans une administration d'Etat (la Délégation Interministérielle pour la Ville, qui s'occupe justement, coïncidence assez savoureuse, du « traitement social » des banlieues), Rachid Santaki s'investit donc, le reste du temps, dans la médiatisation de la culture hip hop. Culture doit être pris ici au sens anthropologique du terme, dans l'acceptation pleine et entière de « sens partageable donné à l'existence ». A travers la mode streetwear, les sports de combat et le foot, la musique rap et la danse hip hop, se construisent un mode de vie et des valeurs communs à tout un groupe social, celui des "jeunes banlieusards" qui, parfois, ne sont plus très jeunes et qui ne sont pas tous issus de l'immigration. Mais, comme toute culture, cette culture urbaine communique avec les autres et touche d'autres milieux sociaux, comme l'a par exemple montré la sociologue Dominique Pasquier en étudiant la « culture lycéenne » qui devient un amalgame entre culture légitime, transmise par l'école, et la culture de rue, transmise par les camarades de classe.
Les nouvelles technologies ainsi que la dérégulation et les mutations du monde de la presse sont pour Rachid Santaki une opportunité pour conquérir une place sociale a priori inaccessible. On peut ainsi suivre l'ascension sociale d'un jeune homme qui prend progressivement ses distances avec sa cité d'origine et sa famille pour intégrer, par la porte du hip-hop, le milieu de la communication et de la confection, du show-biz et des médias parisiens.« Je n'ai pas fait fortune, mais j'ai vécu de belles choses, sans diplômes, sans encadrement, en apprenant sur le tas. ».Aujourd'hui rédacteur en chef de 5styles magazine, le « recto verso des styles urbains », diffusé gratuitement chaque mois à 50 000 exemplaires dans les réseaux Fnac, Courir et SNCF, Rachid Santaki tente de concilier ses identités multiples et pose un regard lucide sur son parcours, récusant le terme de « ghetto » et les clichés sur la banlieue sans minorer pour autant la dureté de ce monde.
Moins littéraire que les récits d'Abd al Malik, (Qu'Allah bénisse la France, chez Albin Michel) ou de Magyd Cherfi (Livret de famille, Actes Sud), moins « réflexif » que le dialogue de Younès Amrani avec Stéphane Beaud (Pays de malheur, La Découverte), le livre de Rachid Santaki est néanmoins un document exceptionnel pour qui veut tenter de comprendre de l'intérieur ce que les sociologues peinent à saisir de l'extérieur, malgré toute leur bonne volonté d'écoute.
Photographies : Alban Gilbert
"Ghetto urbain. Ségragation, violence, pauvreté en France d'aujourd'hui", Didier Lapeyronnie avec Laurent Courtois, Robert Laffont.
"La petite cité dans la prairie", Rachid Santaki, Le Bord de l'Eau Editions.
Grand Projet de Ville