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Recettes de la semaine du 2 août
Et si on faisait des brochettes ?!
The New York Times l'intégrale des unes 1851-2009
Une sélection de 300 "unes" du«New York Times»reproduites en fac-similé, de 1851 à 2009. Une vue d'ensemble des événements politiques, économiques, culturels et sportifs. Les 3 DVD ...
Mark di Suvero embrase le Médoc
Mark di Suvero est le plus célèbre sculpteur américain de notre siècle. Ses oeuvres sont exposées dans le monde entier : Cambera (Australie), Toronto, Bonn, Berlin, Valenciennes, Stockholm? ...
26 février 2008, 18 h 30. La salle de réunion de l'Ajahg, le Club de prévention situé au coeur de Génicart, est trop petite pour contenir tout le monde : les retardataires se pressent dans le couloir et tendent le visage pour écouter, la mine inquiète. Ils sont une trentaine de locataires, essentiellement des pères de familles immigrées, à être venus rencontrer les responsables de Domofrance, l'un des trois principaux organisme HLM du quartier.
Jean-Marc Pesques, le nouveau responsable de l'antenne Génicart depuis un mois, présente Domofrance et la rénovation du quartier : « Beaucoup de ces tours et barres ont été construites dans les années 1960 pour reloger les rapatriés d'Algérie. Aujourd'hui on ne construit plus de grands ensembles, on essaie de rendre la ville aux habitants, que l'environnement soit un peu moins dur, un peu moins dense. C'est pourquoi en novembre 2006, une convention de rénovation urbaine a été signée à Génicart."
Mais les participants ne sont venus écouter des idées générales. Ils veulent obtenir des réponses aux questions concrètes qu'ils se posent qui tournent autour de ces deux interrogations : « Quand ? » et « Où ? » leurs familles seront-elles relogées ? Car depuis quelques temps rues Garosse et Rousseau, où les barres d'immeubles doivent être détruites, le rythme des relogements baisse et les familles vivent dans des bâtiments à moitié vide. M. Rodeau, chargé du relogement Génicart, assurent que les familles de l'immeubles Garosse seront relogées « cet l'été ou à la fin de l'année », mais, ajoute-t-il, « je manque cruellement de logement neufs ».
Une femme intervient : elle ne veut pas aller dans le neuf qui coûte plus cher, elle veut de l'ancien. M. Rodeau insiste sur les avantages du neuf, mieux isolés, mieux insonorisé, on entend moins la rue, les voisins... De plus, quand le loyer augmente, les APL suivent souvent, il faut évaluer le coût du loyer résiduel. « Il faut que chacun trouve un arrangement « dans la limite du raisonnable » », avance-t-il sans convaincre. Pour beaucoup, l'affaire est entendue, les logements neufs sont plus chers, à cause de l'individualisation de la facture d'eau et de gaz. (lien : intro Génicart)
Les conditions du relogement pas toujours très clairesUn locataire avance qu'avec la situation économique actuelle et l'important taux de chômage sur la ville, il y a peu de possibilités pour que les aînés puissent trouver un appartement. S'ils se marient, cela fera une personne de plus à la maison. Comment faire alors,s'il n'y a pas de grands logements ? M. Rodeau dit qu'il est possible de faire dans ce cas des « décohabitations », c'est-à-dire répartir une famille dans deux ou trois logements. « Malheureusement, il n'y a pas assez de logements. Je ne peux le faire que dans les cas critiques ».
Le rêve du « pavillon social »
Arrivée en retard, M. B. est cependant bien décidé à se faire entendre. Cela fait 10 ans qu'il demande un T5. Il voudrait avoir aujourd'hui pour sa famille nombreuse une maison. Il accuse Domofrance de la lui refuser et de vouloir le mettre devant le fait accompli « où vous prenez ce qu'on vous propose, ou vous dégagez ailleurs ». Une vive discussion s'ensuit avec le responsable de Domofrance qui connaît bien son cas : « Des T5 ou T6, il n'y en a pas, il n'y en a plus. Il faut être raisonnable, vous avez un 77 m2 aujourd'hui, on vous propose un 112 m2 à Lormont en appartement et vous refusez, une maison à Ambarès et vous refusez. Vous discutez aussi le prix. On ne peut pas avoir une maison, neuve, pus grande pour moins cher ! » M. B. n'en démord pas, il estime qu'il a droit à une maison, que cela fait des années qu'il attend et il veut rester à Lormont. Le ton monte, le responsable de Domofrance l'accuse de « vouloir profiter du relogement ». Deux logiques s'affrontent, difficilement conciliables. En créant de nouvelles opportunités, le GPV a aussi ravivé de légitimes attentes qui ne seront sans doutes pas toutes comblées. Alors que toute la société ne jure que par la maison individuelle et que le gouvernement veut faire de chaque Français un propriétaire, les familles modestes ont pu caresser un moment le rêve d'habiter un pavillon, que cela soit en location ou en accession. La réalité reste plus dure. M. Rodeau soupire : « il n'y a pas de pavillon disponible à Lormont pour l'instant. »
Même pour un appartement, les tarifs restent chers : pour un F4, il faut compter plus de 150 000 euros, soit avoir des revenus mensuels de 3000 à 3500 euros.
Eloigner les « cas soc' » ?
Un locataire synthétise le sentiment de beaucoup de participant : « La mixicité sociale, on l'entend dans les médias mais on ne la voit pas autour de nous. On a l'impression qu'on essaie de mettre les « cas sociaux » plus loin ». Il réclame aussi des espaces pour mieux vivre ensemble, dans la diversité culturelle, ethnique et sociale : des salles de réunion, des salles polyvalentes pour les mariages. « Les problèmes vont s'aggraver, il faut prévoir des pôles d'activité pour toute une jeunesse ». Une des responsable de l'association qui accueille la réunion soupire « Même l'Ajahg ne sait pas où elle va aller, une fois les tours détruites... » M. Pesquès répond « Nous ne sommes que des bailleurs sociaux, on gère les logement le petit commerce. Cette question dépasse notre compétence. Cela relève de la politique de la ville dont nous sommes une composante parmi d'autres. »
Vincent Goulet
Photographie : Alban Gilbert
Lormont Génicart