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Environnement

Le premier bateau-bus maritime à hydrogène en test à La Rochelle

Les représentants des 5 partenaires du projet

Depuis fin octobre, l’agglomération de La Rochelle expérimente le premier bateau-bus maritime de France fonctionnant à hydrogène. Objectif : tester la résistance de sa pile en milieu salin… Pour à terme étendre ce type d’énergie à des bateaux de taille similaire ou plus importante, en transports de passagers, voire marchand. D’autres expériences similaires sont en cours en milieu fluvial à Nantes, en Allemagne et en Angleterre. Le projet a été initié en 2009 par des ingénieurs de la société Alternatives Energies, qui développe des transports maritimes électriques et hybrides depuis 1998.

Après avoir lancé les premiers bateaux-bus électriques de La Rochelle en 2009, Alternatives Energies a proposé à l’Agglomération d’expérimenter l’hydrogène comme source d’énergie. Nom de code du projet : Yélo H2. L’Agglomération a mis à disposition son bateau-bus électrique Galilé pour cette expérimentation qui va durer jusqu’en août prochain. L’intérieur d’un banc situé à l’arrière du bateau accueille depuis avril dernier 4 bombonnes à hydrogène d’environ 300 barres et la pile à combustible permettant la transformation de l’hydrogène en électricité. Des tests de navigation ont d’abord eu lieu pendant plusieurs mois à vide, avant d’embarquer des passagers depuis fin octobre.

Pour l’ingénieur Philippe Pallu de la Barrière, président d’Alternatives Energies, l’hydrogène présente un certain nombre d’avantages : « Le dispositif est 4 fois plus léger que les batteries standards d’un bateau électrique, et font l’équivalent du poids de 3 ou 4 personnes adultes. Ce qui permet d’accueillir un peu plus de passagers ou de gagner en vitesse ». Actuellement, le bateau bus circule à une vitesse de croisière de 12km/h, « mais il peut monter à 18 ou à 20km/h », pour une capacité d’accueil de 75 personnes. En plus de ne produire « aucun gaz à effet de serre, il permet davantage d’autonomie que des batteries, qu’il faut recharger plusieurs fois par jour. Avec ce dispositif, le bateau peut circuler toute la journée », poursuit l’ingénieur. « Comme il consomme peu, on est sur des coûts de fonctionnement du bateau équivalent à ceux d’un bateau tournant au gazoil ». L’emploi de l’hydrogène reste pourtant confidentiel : l’électricité produite avec ce procédé coûte pour l’instant 5 fois plus chère que celle du réseau standard, car sa production reste trop rare.

Inspirés par le projet, les chercheurs du site d’Atlantech ont fait le pari de pouvoir fabriquer de l’hydrogène en local d’ici fin 2018. En attendant cette première forme d’autonomie énergétique, une station de recharge d’hydrogène a été installée quai du Lazaret sur le port des Minimes. Le rechargement du navire est assuré une fois par jour par les marins et ne dure que quelques minutes. La « pompe » est quant à elle livrée toutes les deux semaines.

 

Le projet Yélo H2 en chiffres

  • 5 initiateurs : Alternatives Energies, Michelin Recherche et Technique, HP Systems, EVE System, l’université de technologie de Belfort-Montbéliard, qui ont mis 360 000 € dans le projet, mené conjointement avec la CdA de La Rochelle, le port de Plaisance et Proxiway, l’exploitant de la liaison maritime entre les deux ports.
  • 700 000 € : le coût du projet
  • 60 000 € : l’aide de la Région Nouvelle-Aquitaine
  • 280 000€ : l’aide de l’ADEME

Anne-Lise Durif

Photo: Anne-Lise Durif

Publié le 11/11/2017

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