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Culture

La région s’engage pour faire vivre l’occitan

Signature de la convention particulière pour le développement de l'enseignement de l'occitan dans l'Académie de Bordeaux

Le 26 janvier dernier, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’enseignement, signait à Toulouse une convention-cadre définissant les modalités horaires de l’enseignement de l’occitan. Cette impulsion ministérielle avait pour objectif d’être déclinée dans les cinq académies des deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie). Ce lundi, l’Académie de Bordeaux a signé la première déclinaison lors de la plénière de l’Amassada. Une manière de « sanctuariser » la langue régionale pour Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

Il n’est pas rare d’entendre des sonorités occitanes lors des conciliabule de l'Amassada, le Conseil de développement pour la langue occitane qui réunit les acteurs institutionnels et associatifs oeuvrant en faveur de la langue et de la culture occitane. Pourtant ce lundi, le discours en langue d’oc de Marcel Calmette, conseiller départemental du Lot-et-Garonne délégué aux langues régionales, résonne d’autant plus dans la salle Jacques Chaban-Delmas. On décèle dans son parler la joie et l’enthousiasme de cette journée qu’Alain Rousset a décrit comme « un moment important pour nous » quelques minutes auparavant. Ce 11 décembre, l’Académie de Bordeaux a signé la première déclinaison de la convention-cadre du 26 janvier dernier, permettant de poursuivre et structurer l’enseignement de l’occitan.

L’occitan porté par l’école de la République

Il y a d’abord eu la présentation de la stratégie de concertation pour la redéfinition du programme interrégional d’action linguistique pour l’occitan pilotée par Charline Claveau-Abbadie, présidente de l’Office public de la langue occitane (OPLO). A la suite, les représentants des départements de la Gironde, les Pyrénées-Atlantiques, le Dordogne, et le Lot-et-Garonne se sont exprimés sur l’importance de s’impliquer dans la transmission de cette langue régionale. Pour Alain Rousset, « l’occitan ne peut pas rester un folklore nostalgique ». Si des élus regrettent que les familles transmettent de moins en moins ce patrimoine, l’école de la République, elle, compte bien "prendre le relais". En effet, cette Amassada est l’occasion d’annoncer la création d’un Etablissement public de coopération culturelle interrégionale réunissant l’Institut d’Occitan et le Cirdoc (centre interrégional de développement de l’occitan), consacré au patrimoine et à la création culturelle en langue occitane. Un projet qui permettra d’embrasser et transmettre totalement la culture occitane. Michelle Lacoste, conseillère départementale de la Gironde et présidente de la commission Culture l’affirme « nous souhaitons faire vivre l’occitan au XXIème siècle ». Pour les élus, la motivation est la même : aller au-delàs d’une politique de préservation. Une politique soutenue par le budget du Conseil régional dédié à la langue et à la culture occitanes. Pour rappel, celui-ci a été sanctuarisé en 2017, et s’élève à 1,2 millions d’euros.

« Une langue du désir »

Pourtant ce cercle vertueux engagé par la région et le recteur de l’Académie de Bordeaux, Olivier Dugrip, pourrait se voir menacer par de récentes décisions étatiques. Début décembre, des arrêtes publiés sur le Journal Officiel présentaient le nombre de postes ouverts aux concours enseignants du second degré (collèges et lycées) pour 2018. Un nombre de places en baisse de 33,33% - passant de 6 à 4 postes pour 2018- pour le Capes langue régionale, option occitan-langue d’oc. Concernant l’agrégation, une seule place à été ouverte. Des choix que Charline Claveau-Abbadie regrette: « cela risque de porter un coup fatal » tant ils vont à l’encontre de la politique régionale en jeu. Mais la présidente de l’Office public de la langue occitane et le recteur de l’Académie de Bordeaux espèrent bien faire de cette langue « une langue du désir ». Première académie à signer cette convention, Bordeaux avait déjà pu exprimer son engagement en 2011 lors de la signature d’une précédente convention sur l’occitan. « Les excellentes relations » définies pat Charline Claveau-Abbadie entre Olivier Dugrip et l’OPLO expliquent cette rapidité d’exécution.

Pour la suite du calendrier, il faudra attendre le 21 décembre prochain et le vote définitif concernant la création de l'Etablissement public de coopération culturelle interrégional annoncé lors de cette Amassada.  

Alizé Boissin

Photo: Aqui

Publié le 11/12/2017

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