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Economie

EDF Nouveaux Business face aux enjeux de la transition énergétique

Michel Vanhaesbroucke, Président EDF NB

Mardi dernier, la CCI de Bordeaux accueillait la seconde édition de la French Tech Connect ; LE rendez-vous de la filière numérique néo-aquitaine qui rassemblait près de 2000 participants et se décomposait en trois temps : le Business Connect réunissant 67 startups locales et 10 grands comptes en recherche de partenariats, le Job Connect avec quelques 300 offres d'emploi à pourvoir et le Happy Connect permettant aux membres de l'écosystème numérique bordelais de fêter les trois ans de l'obtention du label French Tech Bordeaux. C'est dans ce cadre qu'a eu lieu la BigUp For StartUp Nouvelle-Aquitaine. Une initiative née en 2015 lors de la French Tech de Montpellier et destinée à activer le business numérique entre les grands groupes et les ETI, d'une part, et les startups et les PME en territoire, d'autre part. Une rencontre à laquelle participait Michel Vanhaesbroucke, Directeur d'EDF Nouveaux Business.

@qui! -  Vous participez à la BigUp For StartUp Nouvelle-Aquitaine. L'objectif d'EDF Nouveaux Business est bien de développer de nouveaux business et des solutions innovantes dans les nouvelles technologies ?

 

Michel Vanhaesbroucke - EDF NB a été lancée en septembre 2017. Elle est née de la volonté de Jean-Bernard Lévy (stratégie cap 2030, impulsée à son arrivée à la tête d'EDF il y a trois ans), de produire de l'énergie bas carbone (nucléaire ou renouvelable) et de compléter notre fourniture énergétique auprès des clients par des services de transition énergétique pour leur permettre de faire des économies et maîtriser leurs solutions. EDF NB a été créée pour être une pépinière de startups ; un fonds d'investissement et un incubateur pour lancer de nouveaux business pour EDF.

@aqui! - Des startup qui ont un rôle prépondérant puisque 10 d'entre elles vont bénéficier d'un financement de 40 M€ d'ici à deux ans...

M V -  Je tiens à ce qu'on fasse des startups internes et des investissements dans des startups externes. Ce sont les salariés d'aujourd'hui qui vont faire l'EDF de demain. Dans mon activité d'investisseur dans des startups et de coach d'incubateur, je veux qu'on mobilise tous les métiers d'EDF pour trouver de nouvelles idées. Et la promesse que je fais aux salariés d'EDF, c'est de les prendre par la main pour passer de leur idée d'innovation à une startup, c'est à dire être « intrapreneur ». Mais, en même temps, je veux insister auprès d'eux sur le fait que parfois, quand ils ont une bonne idée, la meilleure façon de la mettre en œuvre, c'est en faisant un partenariat avec une startup externe. Quant au montant de 40 M€, c'est un budget d'amorçage. Si la startup marche bien après deux ans, l'idée, c'est de continuer à investir.

@qui! -  Ces partenariats, c'est une nouvelle approche pour EDF, loin des rapports clients/fournisseur ?

M V - EDF avait déjà une démarche "d'open innovation" en faisant examiner des startups par des laboratoires de recherche. Là, ce qu'on cherche à faire, c'est lancer de nouveaux métiers pour EDF. Si on le fait avec des startups, on fait du co-développement

@qui! - Vous participez au BigUp For StartUp de Bordeaux, une manifestation qui a eu lieu au cours des derniers mois dans une dizaine de villes françaises. Quel est l'intérêt d'EDF NB pour l'édition bordelaise ?

M V - Plusieurs choses : d'abord, on veut trouver des partenaires et des technologies à l'extérieur. Les choses ne se passent pas qu'à Paris, elle se passent en province. Et à Bordeaux, il y a un écosystème qui est très riche. Non seulement il y a beaucoup de startups, mais surtout, c'est structuré. Les services de la région, les incubateurs, les banques se sont déjà organisés. On sait qu'on va venir parler avec des gens qui vont être capables de rassembler beaucoup d'idées, de startups de façon qualifiée. Nous, on vient pour trouver des idées, de nouvelles technologies, des startups, mais ce n'est pas à sens unique. On cherche aussi des partenaires pour développer de idées sur place.

 EDF NB

 

@qui! - Et vous avez des expériences en cours sur le plan local...

M V - Il y en a plusieurs :

-A la centrale nucléaire du Blayais, la semaine prochaine, il y a une démonstration du métroscope, système d'intelligence artificielle, fruit de trois chercheurs de la R&D, qui diagnostique les causes de manque de performance d'une usine. Cette centrale est une des trois premières qui va expérimenter l'apprentissage de ce logiciel.

-Quand le PDG d'EDF est venu à la centrale du Blayais, le 3 novembre dernier, il a inauguré des ombrières de parking et des bornes de recharge de véhicules électriques qu'on a développées nous-mêmes, en test, pour trouver de nouvelles solutions de mobilité électrique.

-Les navettes autonomes de la société Navya, qui sont en test à la centrale de Civaux (Vienne)

@qui! - EDF est également partie prenante dans le Village by CA Nouvelle-Aquitaine, véritable pépinière de startups axées sur les innovations technologiques ?

M V - EDF NB a une vocation mondiale. On est partenaires du village car on est déjà partie prenante de certaines structures qui existent sur la Région. La démarche du Crédit Agricole au travers de ces Villages est intéressante car elle s’intègre dans un écosystème local, mais aussi avec des ramifications nationales puisque le Village existe à Paris, Lille...Les partenariats avec le Village et les startups nous ont permis d'avoir des contacts utiles pour avancer, tels que Wiidii pour les solutions clients.

@qui! -  l'édition bordelaise de BigUp For StartUp coïncide avec les trois ans du label French Tech Bordeaux et l'assemblée générale de l'association Digital Aquitaine. Quel regard portez-vous sur cette initiative et sur la position de Bordeaux sur le plan numérique ?

M V - Les organisateurs ont eu raison de regrouper les choses. C'est important d'essayer de densifier les événements. La valeur dans l'innovation, c'est quand les gens se parlent. C'est la richesse des rencontres qui fait que vous apprenez des choses. La concentration a une valeur. Si vous concentrez, vous avez les compétences les idées, les clients, les technologies, les laboratoires, les incubateurs et les fonds de capital risque qui vont financer, au même endroit. Et c'est ce que la Région Nouvelle-Aquitaine cherche à faire avec 2 accélérateurs sur Bordeaux, 9 dans la Région, 1 cluster...

Quant à Bordeaux sur le plan numérique, ce qui me paraît important, c'est la diversité des solutions. A EDF NB, on veut être présent sur la transition énergétique ; véritable puzzle qui va concerner les territoires, les entreprises et les clients particuliers. Pour cela, il faut être extrêmement ouverts. On veut faire d'EDF, le leader de la transition énergétique et en même temps, ce sont peut-être des idées chez nos salariés ou de bonnes surprises locales qui vont nous donner la pépite de demain.

Emmanuelle Diaz

Photo: E.Diaz

Publié le 14/12/2017

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