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Agriculture

Développement des circuits courts en Charente-Maritime : où en est-on ?

Table ronde lors du JAS le 20 juin

Congrès d’envergure internationale, les Journées Aliments et Santé se sont tenues les 20 et 21 juin à l’espace Encan de La Rochelle. Ce rendez-vous sur la nutrition et l’innovation en agroalimentaire était organisé par le Centre régional d’innovation et de transfert de technologies alimentaires (CRITT), en partenariat avec la Région, le Département et la ville de La Rochelle. Parmi l’un des thèmes phares abordés durant ces deux jours de conférences-débats : les circuits courts. Une occasion pour le Département de Charente-Maritime de faire le point sur ses avancées en la matière.

Depuis fin 2016, le Département s’est engagé à renforcer la présence des produits locaux dans l’assiette des consommateurs, en particuliers dans la restauration collective publique. La collectivité s’est lancée dans un programme décliné sur cinq ans, en partenariat avec la Chambre d’agriculture 17, dont la première partie a commencé en 2016/2017 par une enquête pour recenser les besoins des collèges et des collectivités locales. Un premier état des lieux des filières agricoles a également été dressé.

Des collectivités locales demandeuses

Résultat : 37 collèges du département essayent déjà de s’inscrire dans les circuits courts pour leur restauration et se disent prêts à s’investir davantage dans la démarche. Deux problèmes subsistent : le coût plus élevé pour les cantines des établissements scolaires et une inquiétude face au manque de garantie d’avoir le produit désiré en quantité en temps et en heure. Pour les collectivités, il est également difficile de savoir vers quels agriculteurs se tourner pour répondre à leur demande, car les acteurs sont mal identifiés. Le Département et la Chambre d’agriculture planchent actuellement sur une liste qui les recenserait. De manière générale, l’offre agricole locale est insuffisante pour répondre à la demande, en particulier en  maraîchage. «Pour y répondre, il faudrait que 50 maraîchers consacrent 2 hectares de maraîchage chacun », explique Françoise de Roffignac, vice-présidente du Département en charge de l’agriculture. Contrairement aux filières viande qui ont fait de gros efforts pour s’impliquer en circuit-courts ces dernières années, les filières céréales et lait sont quant à elle très peu présentes.

Les collectivités sont également nombreuses à souhaiter des produits plus ou moins transformés (des légumes déjà épluchés par exemple). Mais la Charente-Maritime manque d’outils de transformation, que ce soit d’abattoirs ou de conserveries. Les moyens logistiques, en particulier de livraison, restent aussi à améliorer afin que les coûts d’acheminement ne deviennent pas rédhibitoires. Certaines collectivités témoignent également d’un besoin d’être accompagnées dans la rédaction de leurs appels d’offres pour que les agriculteurs locaux soient en mesure d’y répondre.

Les agriculteurs ni pour ni contre

Du côté des agriculteurs, l’enquête constate une vraie « volonté d’augmenter la production des circuits courts », malgré quelques réticences. Les réfractaires jugent « peu attractive la différence de prix entre les circuits courts et longs au regard des coûts engendrés ». Ils rappellent que même en circuit court, la concurrence entre producteurs peut être très forte. Les principaux freins à une inscription dans la voie des circuits courts restent le manque de temps et de moyens financiers pour leurs mises en place (constitution d’un réseau commercial, organisation de la vente, nécessité d’avoir accès à des outils de transformation, etc.). « En viande bovine, une grande partie des producteurs souhaite un accompagnement vers la restauration commerciale », relaie Françoise de Roffignac.  

Des solutions immédiates : un logo et des aides

Le Département a donc commencé à mettre en place quelques mesures. Une aide de 5000€ a été mise en place à destination des nouveaux installés désirant se développer en circuits courts. Depuis septembre 2017, 19 agriculteurs en ont bénéficié, dont six pour des projets de transformation de produits à la ferme.  Le Département a également donné un coup de pouce financier pour le montage de deux magasins de producteurs, « A la Ferme d’Aunis » à Surgères et « Les Paniers de nos campagne » à La Rochelle, en complément d’une aide européenne de 55 000 €. Pour la restauration collective des établissements scolaires, une enveloppe de 40 000€ par an a été votée pour soutenir l’achat de produits bio d’origine locale, ce qui représente environ 20% du surcoût des repas.

Un logo « Plus de 17 dans l’assiette » vient d’être créé pour identifier producteurs et/ou magasins de producteurs – une charte d’éthique à respecter est en cours d’élaboration.  Une autre charte est en cours de rédaction, en vue de signer des partenariats avec les collectivités ou les cuisines centrales désireuses de se faire accompagner, sur le plan technico-juridique, par le Département, dans la construction de leurs  appels d’offres. D’autres études sont encore en cours ou vont être lancées d’ici septembre, dont une sur la filière avicole, pilotée par la Chambre d’agriculture et Bordeaux Sciences Agro.

 

 Logo Du 17 dans l'assiette

Les prochains rendez-vous :

  • Les Rencontres Professionnelles de la restauration collective bio, locale et de qualité, le 17 octobre prochain, au parc des expositions de Saintes, organisées par INTERBIO.
  • Le Programme Re-Sources, organisé par le Syndicats des eaux de la Charente-Maritime, un congrès sur les enjeux de la qualité de l’eau à l’échelle du département et le lien entre la préservation de la ressource et des filières agricoles, le 14 septembre au lycée Georges-Desclaude à Saintes.

Anne-Lise Durif

Photo: Anne-Lise Durif

Publié le 21/06/2018

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