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Culture

Arte Flamenco: quand le Petit Prince et Don Quijote éduquent au Flamenco !

Anabel Veloso et les élèves de l'école de Souston, lors de la répétition générale du spectacle ''Voilà! Don Quijote"

A Mont-de-Marsan ce lundi 2 juillet, deux temps forts marquent l'entrée en Festival Arte Flamenco: à 18h, au Musée Despiau Wlérick, l'inauguration officielle par Xavier Fortinon, puis à 21h, le spectacle de la grande chorégraphe Maria Pagès « Una Oda al Tiempo ». Mais Arte Flamenco, c'est non seulement une programmation artistique forte, mais aussi un festival ouvert. Et c'est ce qui fait tout à la fois sa marque de fabrique et le secret de sa réussite. Ouvert sur la ville bien sûr, avec le flamenco de rue ou encore l’inratable festival Off qui anime Mont-de-Marsan jusque tard dans la nuit. Ouvert sur les publics empêchés, avec des représentations en milieu hospitalier ou carcéral. Mais aussi ouvert à tous les âges, avec l'attachement du Festival à une mission forte de transmission et d'éducation. Le spectacle de mercredi, "Voilà! Don Quijote", est à cette image.

Au delà des nombreux stages à succès qui se déroulent tout au long de la semaine, la démarche de transmission du Festival passe aussi depuis plusieurs années, par des résidences d'artistes auprès de classes d'écoles landaises. Cette année, c'est Anabel Veloso qui a monté le projet éducatif « Voilà ! Don Quijote », avec les classes de CM1 et CM2 de l'école de l'Isle Verte de Souston.

" Comprendre que le flamenco est un art universel "
Ce n'est pas une première pour Anabel Veloso et sa compagnie. L'an dernier déjà, c'est elle qui avait en charge, pour Arte Flamenco, la création d'un spectacle jeunesse, avec les élèves de l'école élémentaire du Parc à Saint-Sever. Le choix s'était porté sur la mise en flamenco du « Petit Prince » d'Antoine de Saint-Exupéry. Un choix qui n'avait rien du hasard. « Pour moi, le plus important c'est que les enfants comprennent que le flamenco est un art universel. L'an dernier nous avions choisi le Petit Prince, pour leur montrer que même une œuvre fondamentalement française, peut aussi se faire en flamenco. L'important, c'est que les enfants expriment des émotions quelle que soit la langue de l'oeuvre avec laquelle on travaille », explique la danseuse andalouse. Si la jeune femme s'attache à préciser cela c'est qu'elle a constaté que les « « petits français » ne pensaient jamais pouvoir aborder l'expression du flamenco ; que c'était un art réservé aux espagnols ». Ou le début d'une éducation artistique, voire un peu plus.
Cette année c'est sur un autre grand classique que s'est porté le choix de la jeune femme : Don Quijote de Cervantès. A l'inverse, cette fois, c'est pour con caractère « très espagnol » que l'oeuvre a été choisie, « avec l'objectif de réaliser en spectacle des scènes reconnaissables par tout le monde. Bien sûr il y a l'épisode des moulins, mais ça permet aussi de montrer comment on vivait à l'époque en Espagne, le tout à travers le prisme du flamenco. Et le choix des scènes et des styles de musiques flamencas c'est fait dès le départ avec les enfants», détaille Anabel Veloso. Autrement dit, l'investissement des scolaires dans le projet n'est pas un vain mot pour l'artiste et à travers elle, pour le Festival.

Adéquation entre palos et émotions
En effet, au cours de ces 6 mois de résidence, et pas mal d'aller-retour depuis Séville pour l'artiste, « les écoliers ont d'abord appris les styles et les palos flamencos pour ensuite choisir celui qui va le mieux avec les émotions à faire passer dans les épisodes mis en scène. Il fallait une adéquation que les enfants ont compris et mise en oeuvre. Ensuite l'apprentissage est beaucoup passé par le jeu.. On s'est beaucoup amusé, ça a été très chouette ! », rapporte la jeune femme pas peu fière de constater que les enfants, en sélectionnant les scènes, les styles musicaux et en dansant, « font plus qu'ils pensaient faire au départ du projet ». Une stimulation qui vient aussi de leur immersion dans une équipe d'artistes professionnels, puisqu'ils ont rencontré et travaillé avec le compositeur, le guitariste, le percussionniste et le chanteur qui les accompagnent sur scène, ajoute Anabel Veloso.
En attendant le spectacle, qui se tient mercredi à 15h au théâtre municipal Le Molière (gratuit mais sur réservation), la répétition générale organisée vendredi dernier a été un vrai succès pour les artistes en herbe. « A la fin de la répétition les enfants dansaient, criaient et sautaient de joie... C'est, je crois que le pari est gagné ! », sourit la danseuse. Et pour le Festival, un nouveau public conquis au moins pour les 30 prochaines éditions.

Anabel Veloso, qui connaît bien le festival pour y avoir aussi déjà dansé deux fois dans des ballets de Maria Pagés, est également à retrouver sur scène les jeudi 5 et samedi 7 juillet à 18h30 en tant qu'artiste invitée de Diego Villegas sur la scène de la Bodega.

La danseuse Anabel Veloso, directrice artistique du projet éducatif ''Voilà! Don Quijote

Solène Méric

Photo: Sébastien Zambon/ Dept 40

Publié le 02/07/2018

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