Retour à la page d'accueil
Aqui.fr
Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà
Aidez Aqui! à relever le défi de la grande région
Environnement

La Dordogne, balayée par de violents orages

Le parc des Izards à Coulounieix Chamiers offre un paysage de désolation

Ce mercredi, aux alentours de 17 h, un fort épisode orageux a touché la Dordogne. De bourrasques jusqu'à 120 km/h ont été enregistrées ainsi que des fortes précipitations. Plus de 400 interventions des sapeurs pompiers ont été déclenchées sur le département. Les dégâts sont importants. La circulation des trains a aussi été interrompue et reprend progressivement. 75 000 foyers sont sans électricité sur le département. Enedis a mis en place 3 cellules de crise à Périgueux, Bergerac et Sarlat. 200 agents mobilisés, des renforts des départements voisins étaient attendus dans la journée.

Pour certains élus, le violent  épisode orageux qui a fortement touché le département de la Dordogne mercredi en fin d'après-midi est pire que la tempête de décembre 1999 en termes de conséquences et de dégâts. Jean-Pierre Roussarie, maire de Coulounieix-Chamiers, une commune de l'agglomération périgourdine, a du mal à cacher son émotion. "On va mettre des mois à remettre notre ville en état.  L'épisode n'a pas duré plus 50 minutes mais il fut d'une violence extrême. Je vais demander le classement de la commune en état de catastrophe naturelle à la préfète de la Dodogne."  Il est tombé 45 mm de pluie (soit 45 litres par mètre carré) à Coulounieix-Chamiers, en quarante minutes, selon les relevés effectués par la station Météo France d’Agen – La Garenne.

Dès hier soir, le maire était avec ses conseillers et ses agents municipaux pour constater les dégâts. Depuis six heures ce jeudi matin, 25 agents municipaux oeuvrent sur les bâtiments publics, la sécurisation de la voirie. "La priorité, c'est de rouvrir certains accès dans les conditions de sécurité, pour que nos concitoyens puissent accéder sans danger à leur domicile, précise le maire. Quatre portions de route sont coupées : route de Marival, avenue de l'industrie, chemin de Campniac, la partie basse de l'avenue Roosevelt. La rentrée des écoles a pu avoir lieu dans des conditions quasi normales même si deux établissements scolaires n'ont pas de lignes téléphoniques : seule une classe a été inondée à l'école Louis Pergaud, une autre a subi des infiltrations. 

Au parc des Izards, la désolation

Par contre, sur le parc des Izards, c'est la désolation la plus totale. Certains arbres centenaires sont à terre, coupés en deux, le chateau qui abrite le service culturel et la bibliothèque a subi d'importants dégâts sur la toiture. Le site des Izards est fermé jusqu'à nouvel ordre, la fermeture pourrait durer trois semaines.  Aucune manifestation ne pourra avoir lieu avant fin juillet. Une inconnue demeure concernant le centre de loisirs  : il n'est pas certain qu'ii puisse ouvrir lundi "mais tous les enfants seront accueillis, grâce aux moyens mis en oeuvre avec le Grand Périgueux, "assure le maire. L'agglomération périgourdine et la ville centre sont très touchées par cet épisode climatique : de nombreux toits se sont envolés dont le toit du bâtiment qui abrite la rédaction de Sud Ouest. Un carré de tôle de 90 m2 s'est retrouvé dans le parking de l'hôtel Mercure. Dans le quartier du Toulon, les inondations sont impressionnantes : certains habitants se sont retrouvés avec 50 ou 70 cm d'eau dans leur cave. De nombreux commerces tournent au ralenti, voire resteront fermés ce jeudi comme la librairie Marbot où le faux plafond s’est effondré. Toutes les écoles fonctionnent même si certaines comme Maurice-Albe ont été touchées. Le musée Vesunna qui a perdu une partie de son toit ainsi que son parc seront fermés ce jeudi.

Jusqu'à un foyer sur quatre privé d'électricité

Le vent a soufflé jusqu'à 120 km /h et les dégâts sur les réseaux électriques, téléphoniques, filaires sont considérables. Hier soir, on recensait 110 000 foyers sont sans électricité sur le département. Enedis a mis en place 3 cellules de crise à Périgueux, Bergerac et Sarlat. Les équipes d’astreinte sont renforcées avec l'aide des départements voisins. A midi, ce jeudi,  75 000 foyers restaient sans électricité sur le département. A Périgueux, selon la mairie, le rétablissement des lignes basses tensions devrait être achevé autour de 20 heures ce soir.  200 agents mobilisés, des renforts des départements voisins sont attendus dans la journée.Le trafic ferroviaire a été interrompu dès la fin d'après midi hier en raison des nombreux arbres et branches présents sur les voies. Depuis le début de matinées, on assiste à une reprise du trafic pour les lignes Périgueux-Bordeaux et Sarlat – Bordeaux. Des bus de substitution sont mis en place pour les lignes Périgueux-Limoges, Périgueux-Agen et Périgueux-Brive. De nombreuses communes sont impactées et plus particulièrement 135 communes. On ne déplore fort heureusement aucun décès, mais quelques blessés de personnes ayant voulu ramassé les fils électriques à terre. 

Numéro d'appel unique à la chambre d'Agriculture

La Chambre d’agriculture a décidé de mettre en place une cellule de crise avec un numéro d’appel unique pour recevoir les signalements de dégâts agricoles et les besoins d’urgence. La Chambre d’agriculture va ainsi recenser et évaluer l’ensemble des dégâts et des personnes touchées par les violents orages afin de pouvoir communiquer sur la mise en place de potentielles mesures qui seront décidées.  Suite à cette évaluation, la Chambre demandera à ce qu’une suite soit donnée avec l’organisation d’une expertise sur le terrain. Le numéro d’appel unique est le suivant : 05 53 45 19 00. Du côté des productions touchées, de nombreuses filières sont concernées. On a reçu des appels pour des noyers, pruniers et châtaigniers arrachés sur les secteurs de Sorges, Nailhac et Badefols. En Périgord Central, les dégâts recensés concernent les champs de fraises avec des tunnels arrachés et le maïs aussi sévèrement touchés par le vent et la grêle. Et du côté des éleveurs, les inquiétudes sont surtout liés à l'absence d'électricité pour la traite et la sécurité des animaux au pâturage. De nombreux arbres se sont également couchés sur des clôtures en les endommageant et remettant en cause la sécurité des animaux en pâture.  

 

Claude-Hélène Yvard

Photo: Yvard Claude Hélène

Publié le 05/07/2018

Retour page d'accueil