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Environnement

1,6 Md € pour la ressource en eau du bassin Adour Garonne

La rivière Dordogne à Castelnaud La Chapelle

C'était mercredi dernier dans la salle plénière de l'Hôtel de région. Le Parlement de l'eau qui rassemble l'ensemble des utilisateurs de la ressource sur ce bassin, a rendu son avis sur le programme d’intervention et les orientations de la politique de l’Agence de l'eau pour la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2024. Un avis favorable fixant la capacité d’engagement à 250 M€ par an en moyenne pour financer de nouveaux projets visant à la reconquête de la qualité des eaux superficielles et souterraines, au maintien de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique. Un budget qui fait exception à l'échelle nationale, au regard notamment des contraintes fortes que le changement climatique fait peser sur le Bassin : à échéance 2050, le déficit en eau en Adour-Garonne pourrait atteindre 50% de la consommation actuelle.

« Réduire les pollutions en aidant les équipements d’assainissement domestique et industriel, en luttant contre les pollutions agricoles en promouvant par exemple, les pratiques dites à faibles intrants et l’agriculture biologique », « améliorer la gestion quantitative de la ressource en eau en finançant les mesures nécessaires pour le retour à l’équilibre quantitatif dans les 47 bassins versants en déséquilibre actuellement », « accompagner les structures qui gèrent et participent au bon fonctionnement des cours d’eau afin d’améliorer la résilience des milieux et faciliter l’adaptation au changement climatique, mais aussi leur fonction d’auto-épuration et de réservoir de biodiversité », « aider au financement des actions d’accompagnement des projets de restructuration et de protection de l’alimentation en eau potable », « préserver et restaurer le littoral et les milieux marins », « encourager les projets innovants dans tous les domaines pour améliorer le service rendu aux usagers, encourager les économies d’eau, développer la gestion intégrée de l’eau à l’échelle des territoires ». Voilà les grands objectifs que se fixe l'Agence de l'eau Adour Garonne sur la période 2019-2024... Le financement des actions nécessaires pour l’atteinte de ces objectifs sera de près d’1,6 milliard sur 6 ans soit 4 milliards d’investissements sur le grand Sud-Ouest grâce au maintien d'une pression fiscale à l’identique sur les usagers et consommateurs de l'eau.

27% des masses d’eau en état dégradé
Un maintien du niveau des redevances qui n'était pas gagné d'avance. Le comité de Bassin a en la matière refusé, et obtenu du Gouvernement une exception à la loi de finance 2018 qui prévoyait pour 2019, un plafond maximal des redevances total des 6 agences de l’eau de 2 300 M€ par an à 2 105 M€ par an à compter de 2019. En effet, au-delà de ce plafond, tout montant perçu devait être reversé à l'Etat... Une ponction « inacceptable » dans les ressources de l'Agence pour Martin Malvy, Président du Comité de Bassin. Ce n'est que suite à une concertation serrée, menée à l’échelle nationale qu'a été reconnu la spécificité du bassin Adour-Garonne en rééquilibrant en sa faveur, le plafond des redevances, permettant ainsi de dégager plus de capacités d’intervention.
Pour autant pour Martin Malvy : "Ce budget sur le montant duquel nous n'avons aucun moyen d'action, qui n'aurait été que de 210 millions par an si nous n'avions pas réagi, (soit 40 Me de moins par an que ce qui a été acté, ndlr) ne permettra de mettre le Plan d'Adaptation aux Adaptations Climatiques que très partiellement en œuvre. » En effet, le territoire du bassin Adour-Garonne est à 80% en zone de revitalisation rurale, c’est dire qu’il est défavorisé et doit assumer des charges pour un espace qui compte 27% des masses d’eau en état dégradé, à mettre aux normes d’ici 2027, soit plus de 800 masses d’eau sur environ 3000 masses d’eau du bassin. Or, ce 11ème programme de l'Agence est dimensionné pour améliorer l’état de 350 à 400 masses d’eau d’ici 2024...

"Les solutions ont un coût"
Mais au-delà de la qualité des eaux, c'est aussi la quantité de la ressource disponible sur le bassin qui préoccupe. Entre le réchauffement climatique et l'attractivité démographique des territoires qui le concerne, le déficit en eau en Adour-Garonne pourrait atteindre 50% de la consommation actuelle, soit 1,2 milliard de mètres cube, à échéance 2050. "Avec ce que l’on nous annonce, la vie elle-même, les activités économiques seront gravement compromises" a souligné le Président du comité de bassin. "Je ne me sens pas le droit de cautionner ce qui, sans rectification profonde, deviendrait vite le triste destin de notre territoire même si aujourd’hui j’ai bien le sentiment que nos concitoyens ne mesurent pas encore ce qui adviendra si l’on ne peut trouver les solutions. Elles ont un coût : 160 millions par an d’effort d’investissements supplémentaires par rapport à la politique actuelle. C’est cela dont il s’agit aujourd’hui".
Des actions prises en compte dans les objectifs posés par le programme d'intervention de l'Agence, telles la mise en œuvre du plan d’action par la gestion quantitative de l’eau, l’amélioration des filières et des pratiques agricoles vers une meilleure gestion des sols, des intrants et de l’aménagement des terres ou encore la réduction des pollutions domestiques et industrielles sur les masses d’eau où elles sont fortes.

Solène Méric

Photo: claude-Hélène Yvard

Publié le 26/09/2018

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