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Société

« Une année de transition » pour l'université de La Rochelle

Jean-Marc Oger et Pascal Estallier lors de la présentation de la mise en place du projet pédagogique le 29 novembre 2018

Ni Parcoursup ni les mouvements contestataires de décembre dernier (lire notre édition du 18/12/17) n’auront finalement entamé la sérénité de la rentrée universitaire de La Rochelle. Attractive autant par sa situation géographique que pour ses enseignements, l’Université de La Rochelle a même été plébiscitée en cette rentrée par plus d’étudiants que ces capacités d’accueil réelles. « Les étudiants ayant fait des vœux dans plusieurs universités dont la nôtre, le jeu des listes d’attente aura finalement fait que nous avons pu accueillir tout le monde », précise le président Jean-Marc Ogier.

Au 22 novembre 2018, l’Université comptabilisait officiellement 8598 étudiants, sur les 11 500 vœux d’inscriptions formulées via Parcoursup, dont un tiers hors secteur académique. Des chiffres qui traduisent même une lègère baisse de -0,8% par rapport à l’an dernier, qui s’explique par un nombre volontairement restreint des effectifs en première année (263 élèves de moins soit -11%), pour répondre à l’instauration par l’Etat de limites de capacités d’accueil, valables au niveau national pour l’ensemble des filières. La mesure a eu essentiellement un impact sur les primo-entrants en Sciences et en Langue Etrangère Appliquée. « Nous n’avons pas eu recours à la sélection et nous ne le ferons pas tant que nous le pourrons », assure Jean-Marc Ogier. D’ailleurs, les étudiants sont 2000 de plus qu’il y a cinq ans. Et pour cette seule rentrée, les effectifs de 2e et de 3e année sont à la hausse, avec respectivement + 11% et +8%.

Faire découvrir les métiers par la réalité du terrain

Cette année est une année de transition pour l’université de La Rochelle, qui met en place son nouveau projet pédagogique. Depuis cette rentrée, chaque étudiant se voit proposer un parcours d’enseignements à la carte, pluridisciplinaire, en fonction de ses besoins en connaissances, pour se former à un métier ou pour compléter des connaissances déjà acquises. « Aujourd’hui, nous avons toutes sortes de profils d’étudiants avec différents besoins. S’ils sont encore majoritairement bacheliers issus de la filière générale, certains arrivent de la filière technologique, d’autres ont un BTS, certains ont déjà exercé une profession et ont besoin de compléter leur formation, d’autres veulent changer de métiers… Notre objectif est de pouvoir répondre à tous ces besoins », explique Jean-Marc Ogier. En plus de l’enseignement de la discipline principale, à travers des cours «majeurs», les étudiants doivent désormais choisir parmi des options appelées « mineures », dans d’autres matières. Ce nouvel enseignement laisse notamment plus de place aux cas pratiques, par des études de cas et/ou par de l’expérience de terrain. L’objectif est notamment de permettre aux étudiants d’aller découvrir les métiers auprès des entreprises. L’Université a notamment passé un partenariat avec le grand port maritime de La Rochelle, qui permet aux étudiants d’aller découvrir les activités et les métiers du port – 27 étudiants se sont déjà inscrits. « A terme, dix « mineures métiers » seront proposées autour du tourisme, du bâtiment, de l’informatique, des industries, etc. », assure Jean-Marc Ogier. Un partenariat serait en cours d’élaboration avec Alstom pour la rentrée du prochain semestre.

Par ailleurs, l’université a instauré un suivi individuel de ses étudiants. Après un test et un entretien pour évaluer leur niveau réalisés peu après la rentrée, les étudiants pourront faire un bilan de leur 1er semestre et se voir proposer un parcours de réorientation pour intégrer une autre filière à la rentrée 2019. Les pratiques pédagogiques sont également diversifiées : ateliers pratiques, recherche, travail en équipe ou en autonomie, projets tutorés, mises en situation professionnelles, e-learning, etc. Surtout, Jean-Marc Ogier veut « développer l’esprit critique » de ses étudiants, une compétence importante dans cette société où les codes et les frontières sont de plus en plus floues. L’Université a par exemple mis en place des modules d’e-learning dans le cadre d’un « travail accompagné » (par un enseignant) pour former les étudiants à la cyber-sécurité et à la responsabilité numérique.

Une recherche dédiée à l’environnement durable et littoral

Comme le prévoyait le projet pédagogique décidé l’an dernier, les trois facultés ont fusionnées. Les licences généales et une majorités des professionnelles ont été regroupées dans un « collegium », mettant en place le parcours Majeures/mineures. Tandis que la recherche, comprenant les masters et les doctorants (Bac+5 à Bac+8), a été regroupée dans un institut nommé LUDI. Il doit son nom à l’acronyme Littoral Urbain Durable et Intelligent, répondant aux problématiques environnementales de demain, en partenariat avec l’agglomération de La Rochelle. Alors que l’Institut concentrera ses recherches sur cet aspect, les facultés de Droit, de Sciences politiques et de Management devront continuer de former au niveau Master de futurs professionnels « en adéquation avec les besoins de la société », en plus de les préparer aux concours.

Des espaces d’innovations

En plus de dédier sa recherche à l’environnement et au littoral, l’université veut devenir un espace d’innovation, en proposant aussi bien des espaces de travail que des formations ou des plateformes ouvertes et partagées. Objectif : « développer l’entrepreneuriat chez les étudiants, et la recherche et l’innovation chez les entrepreneurs ». 4000 m2 dans l’ex faculté des Sciences vont être dédiés à la recherche et à l’expérimentation, dont un FabLab’ ou encore des salles spécialisées en réalité virtuelle (à l’Agora). Une partie de la bibliothèque universitaire sera également « transformée en « learning center », où l’accès aux ressources numériques sera facilité et des lieux de travail en groupe aménagés », assure la direction de l’Université, qui espère ainsi favoriser l’interaction entre le monde de l’entreprise, l’enseignement et la recherche. Elle espère bien évidemment y attirer des projets sur les transitions environnementales, énergétiques et numériques.

Anne-Lise Durif

Photo: Anne-Lise Durif

Publié le 30/11/2018

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