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Agriculture

Capr’Inov : Alain Rousset veut donner plus d’attractivité à la filière

Alain Rousset discutant avec les représentants des Jeunes Agriculteurs sur leur stand au salon Capr'Inov

Venu en visite sur le salon Capr’Innov qui se tenait les 28 et 29 novembre à Niort, Alain Rousset s’est notamment entretenu avec les Jeunes Agriculteurs. Le président de l’association, Jérémy Decerle a longuement fait part des revendications et des aspirations du mouvement.

« Pas assez ». Les Jeunes Agriculteurs ne se sentent pas assez accompagnés et pas assez soutenus dans de nombreux domaines concernant l’évolution de l’activité agricole. Pour Jérémy Decerle, il faut trouver des solutions concrètes et rapides pour résoudre le paradoxe qu’il existe entre le nombre de jeunes qui veulent s’installer mais ne le peuvent pas, et les futurs cédants qui sont toujours plus nombreux à partir à la retraite sans avoir transmis leur exploitation. Un accompagnement qui se doit d’être à la fois technique et financier, selon les JA, qui attendent une implication plus forte des collectivités et de l’Etat malgré les dispositifs existants. Ils souhaiteraient notamment que les diverses aides puissent « devenir complémentaires afin de répondre aux besoins de tous les porteurs de projets », qu’ils soient issus du monde agricole ou non. Ce à quoi Alain Rousset a rappelé que la Région avait notamment mis en place un dispositif d’aide aux agriculteurs s’installant hors cadre familial. Pour mieux communiquer sur l’existant, les JA aimeraient également de nouvelles Assises de l’Installation.

Des politiques, ils attendent également une meilleure gestion du foncier agricole, qui ne pourra se faire selon eux qu’en repensant les politiques d’aménagement du territoire. Ils comptent également sur leurs élus locaux pour faire porter leur voix au niveau national, voire européen, « pour maintenir et renforcer les outils de régulation des marchés agricoles pour prévenir les crises et permettre une meilleure visibilité aux agriculteurs ».  « Aujourd’hui, on ne sait pas ce que qu’on va gagner d’ici la fin de l’année mais on sait très exactement ce que l’on va payer », poursuit Jérémy Decerle, exprimant l’impression de bons nombre d’agriculteurs de crouler aussi bien sous les factures que sous les normes – des contraintes techniques et administratives qui coûtent encore trop argent, selon les JA.

Alain Rousset discutant avec les représentants des Jeunes Agriculteurs sur leur stand au salon Capr'Inov

Ils aimeraient également plus de soutient de la part de leurs élus lorsqu’éclatent des scandales dans l’agroalimentaire. « La nouvelle génération d’agriculteurs fait des efforts en matière de pratiques agricoles et dans son approche environnementale mais le grand public ne le voit pas », regrettent les JA. Ils comptent donc sur leurs édiles locaux pour les soutenir en termes de communication. En matière de développement agricole, les JA ont également l’impression de ne pas être suffisamment accompagnés par la recherche et l’innovation, ni techniquement, ni financièrement pour pouvoir faire évoluer leurs exploitations et leurs pratiques. Du côté de la Région, on considère que les agriculteurs n’ont jamais été autant accompagnés qu’aujourd’hui. Les aides ont été multipliées par deux en la matière depuis 2015, pour l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine. Le budget dédié aux aides économiques en pêche et agriculture est par exemple passé de 7,2 millions en 2015 à 17,6 millions en 2017 pour le seul Limousin. En Poitou-Charentes, s’il semble à la baisse en passant de 8,6 millions à 4,9 millions, c’est parce que 2015 avait nécessité des aides exceptionnelles pour faire face à la crise caprine (1 M€) et à celle des moules (0,8 M€), auxquels il faut ajouter des aides exceptionnelles à la modernisation d’exploitation de 1,5M€. Aujourd’hui, la Région dédie 120 millions d’euros à l’aide à la recherche et au développement, à l’échelle de la Nouvelle Aquitaine. « Nous travaillons beaucoup avec l’Inra », précise Alain Rousset.

 

Si le président de la région dit comprendre l’inquiétude des JA, pour lui le problème majeur de l’agriculture aujourd’hui est celui de l’attractivité. Pour lui, l’agriculture se trouve en compétition avec les nouveaux métiers, auprès d’une génération « en recherche de sens à ce qu’elle fait ». « Il faut donc redonner du sens à l’activité agricole. « On ne peut plus se contenter de dire à l’agriculteur que sa mission est de nourrir le pays », indique Alain Rousset, « les conditions de vie et de revenus doivent changer, ce qui posent la question du changement des pratiques. Elles doivent également correspondre aux attentes des consommateurs […] Nous, on met des dizaines de millions d’euros pour sortir des pesticides et aller vers d’autres modèles – l’Europe va aussi nous y aider - mais chacun doit bouger», a expliqué Alain Rousset.

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Alain Rousset remettant le 1er Prix du concours agricoles de Capr'Inov pour les produits laitiers transformés à une exploitation de VendéeAlain Rousset a remis le grand prix du concours Capr’Inov à l’EARL La Vallée du Loup (85), qui s’est en particulier distinguée pour sa faisselle.

Anne-Lise Durif

Photo: Anne-Lise Durif

Publié le 30/11/2018

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