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Environnement

Niort : salle comble pour la présentation du rapport d’AcclimaTerra sur le changement climatique en Nouvelle-Aquitaine

Trois scientifiques ont présenté le rapport d'AcclimaTerra sur les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine

Le salon d’honneur de la mairie de Niort est plein à craquer pour une cause qui nous implique tous : l’avenir de notre planète, le changement climatique, l’écologie au sens large du terme. Ce jeudi soir, était présenté le deuxième rapport mené par AcclimaTerra, (un comité scientifique régional sur le changement climatique) intitulé “Anticiper les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine. Pour agir dans les territoires”. Ce texte a été rédigé par plus de 370 chercheurs et revient sur l’impact du changement climatique sur l’ensemble du territoire de la région . Des questions qui suscitent l’intérêt du grand public.

AcclimaTerra, un nom qui désigne un comité scientifique qui travaille sur les conséquences du réchauffement climatique en Nouvelle-Aquitaine. Cette année, ils ont rédigé un rapport de 500 pages et une synthèse d’une centaine de pages qui collectent des données sur le climat, reviennent sur l’impact du dérèglement climatique sur l’ensemble de ce vaste territoire et dans de multiples domaines que ce soit l’agriculture, le droit, l’eau, l’énergie, la géologie ou encore la santé. Selon Yohana Cabaret, chargée de mission à AcclimaTerra, « ce rapport dresse un constat et énumère des pistes de travail. Il faut que les Néo-Aquitains s’adaptent à ce changement climatique et que les élus travaillent sur des mesures d’adaptation. » C’est ce qu’essaie de faire AcclimaTerra en organisant des soirées de sensibilisation auprès du grand public comme c’était le cas, ce jeudi 6 décembre à la mairie de Niort.

Une démarche néo-aquitaine scientifique
Trois scientifiques, qui ont participé à la rédaction de ce rapport, ont expliqué leur démarche . Ils ont travaillé sur des documents déjà existants qui permettent de constater ce changement climatique. Selon eux, la Nouvelle-Aquitaine doit s’adapter. « C’est important que les chercheurs contribuent à ce genre de rapport », souligne Bernard Legube, professeur émérite de l'université de Poitiers. Il a coordonné, un chapitre sur la qualité de l’eau dans les milieux. Mais il est également revenu sur la température moyenne. En France depuis 1900, la moyenne de la température a pris 1,2° (chiffre de 2015). Sur la Nouvelle-Aquitaine, entre 1960 et 2015, elle a augmenté de 1,4°. « Ces changements climatiques ont un effet sur les milieux naturels et les ressources, rappelle-t-il. À quoi pouvons-nous nous attendre, s’ils continuent d’empirer comme ça ? Il y aura un effet sur l’hydrologie, les cycles seront perturbés, le débit des rivières, des fleuves, la consommation et la demande d’eau potable vont augmenter. » Il nous indique que certaines rivières de Nouvelle-Aquitaine vont perdre 20 à 30% de débit : la température de l’eau va augmenter. « Il y aura forcément des conséquence sur la disponibilité et la qualité de l’eau. Il faudra alors une solidarité entre ruraux et urbains. Il faut protéger les ressources et mieux traiter les eaux usées. » Selon le professeur émérite, les solutions ne sont pas encore toutes connues. Il va falloir s’adapter au changement climatique et préconiser une économie d’eau. Mais pour cela il y aura des innovations et des alternatives qui seront trouvées par les chercheurs.

Un moment d'échanges et de questions avec le public.

Quelle transition écologique ?
Autre thématique mise en avant à Niort : la transition écologique et énergétique du territoire de la Nouvelle-Aquitaine C’est Mohamed Taabni (université de Poitiers, laboratoire Ruralités) qui en a parlé. Les ressources naturelles risquent de réduire et seront sources de tension. Il a rappelé que le plan climat au niveau national était en cours de révision. Sur le plan régional, un diagnostic met en relief les points noirs et les points positifs. Il faut s’adapter aux spécificités des espaces locaux. « L’aspect adaptation prend en compte la vulnérabilité des territoires, explique le maître de conférences en géographie. Cela passe par un changement du comportement des citoyens avec les ressources à portée de main, en favorisant notamment le circuit court. » Bien évidemment, il a fait référence au rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) publié en octobre dernier. « Je pense que la région Nouvelle-Aquitaine doit prendre la mesure et doit avoir le souci de s’approprier les problématiques climatiques. Il faut qu’on s’approche du scénario vertueux du GIEC sans que ce soit vécu comme une contrainte et du punitif par la population ».

Végétaliser les zones urbaines
Enfin le dernier point évoqué aborde les enjeux climatiques dans le bâti et dans les milieux urbains par Francis Allard (université de La Rochelle, laboratoire LaSIE). Comme l’enseignant-chercheur l’a rappelé, la population mondiale a basculé dans l’urbanisation. 76% des Européens vivent en ville. Ce phénomène a sans doute entraîné l’élévation du niveau de la température en ville. Parfois il y a 10° en plus en ville l’été par rapport à la périphérie, avec la formation d’îlots de chaleur qui ont des effets indirects sur la santé, sur le rejet d’ozone, sur la demande électrique, la consommation énergétique. Francis Allard a pris l’exemple des systèmes de climatisation, qui en plus, réchauffent l’atmosphère en rejetant de l’air chaud. Les solutions proposées sont logiques. « Il faut, je pense, réhabiliter le parc de bâtiments existants. Il est impossible, si on ne réhabilite pas 3% du parc d’ici 2050, que l’on respecte le facteur 4 (NDLR : l’objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre entre le niveau de 1990 et celui de 2050). L’État serait en plus bénéficiaire de cet investissement avec la diminution des dépenses de santé. » L’enseignant-chercheur préconise une végétalisation de l’espace urbain, le traitement des surfaces urbaines avec des revêtements spéciaux contre les infrarouges (comme c’est déjà le cas en Californie). Il faut selon lui aussi développer l’autoconsommation et l’énergie renouvelable et enfin limiter l’étalement urbain pour éviter les mobilités. Cette soirée s’est conclue par un moment d’échanges où l’inquiétude pour le climat s’est clairement révélée .

« Anticiper les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine. Pour agir dans les territoires ». avec AcclimaTerra sera présente le 14 décembre prochain à l’auditorium de la médiathèque de Tulle, le 17 décembre à la mairie de Guéret et enfin le 18 décembre à la Filature de l’Isle à Périgueux.

Julien Privat

Photo: Aqui.fr

Publié le 08/12/2018

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