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Politique

La Nouvelle-Aquitaine verdit son discours

Rousset voeux 2019

La lutte contre l'isolement des habitants de la Nouvelle-Aquitaine a paru, aux côtés des ambitions d'accélération en termes d'accompagnement de la transition écologique, être l'un des objectifs principaux de 2019 lors des voeux du président de la Région, Alain Rousset, prononcés ce vendredi 11 janvier à Bordeaux. Ce dernier a ainsi insisté sur sa volonté de désenclaver toujours plus les territoires mais aussi d'aider la région à devenir pilote en termes d'écologie pour les années à venir, et ce dans tous les domaines. Il a, enfin, apporté une interprétation toute personnelle aux mouvements sociaux qui secouent actuellement le pays, reflet selon lui d'un ruissellement illusoire.

Verdissement

"Il faut vraiment qu'on se prenne en main sur les territoires dans tous les domaines de notre vie collective. Je crois que plus personne n'a de doutes sur les conséquences de l'impact humain sur le climat", a répété à l'envie ce vendedi 11 janvier Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, lors d'une tradtionnelle cérémonie de voeux. La volonté de verdissement de la politique régionale a été plutôt répétée, et ce dans divers domaines. "Un territoire peut-il être exemplaire dans un certain nombre de politiques ? Peut-on sortir rapidement des pesticides sans pénaliser l'agriculture française ?", a insisté le président de la Nouvelle-Aquitaine, apparemment volontaire pour être une région pilote en termes de transition climatique (que ce soit au travers d'un fonds d'investissements agricole pour financer la transition écologique ou la volonté, plus politique, de passer la totalité du réseau de transports régional à l'hydrogène ou à l'électrique dans les prochaines années). "Il faut mettre tout le monde autour de la table. Pas simplement les élus dans leur diversité politique mais aussi la société civile, que ce soit les usagers des transports, les habitants des logements qui ont des passoires thermiques et qui payent une fracture thermique considéable, les agriculteurs, les industriels, les usagers... Il y a une opportunité technologique, en dehors d'une exigence sociale humaine", a redit Alain Rousset, affirmant avoir sollicité par deux fois Emmanuel Macron sur l'idée d'un "territoire pilote" sans avoir, pour le moment, obtenu de réponse.

Désenclavement

Autre point d'insistance notable : celui du désenclavement des territoires. "Il faut désisoler nos concitoyens", a invité Alain Rousset, qui a promis la tenue d'un grand débat sur le sujet, auquel il invitera les 4400 maires de la grande région, le 1er février prochain à Angoulême. "Il y a un besoin de lutter contre l'isolement, l'injustice. Ce débat autour de l'ascenceur social, je ne l'entends pas au niveau national, y compris au niveau du parti auquel j'appartiens. C'est pour ça que, par exemple, nous avons décidé d'augmenter de 30% la rémunération des stagiaires, qui passe de 650 à 850 euros dans la formation professionnelle. Si vous n'attirez pas, comment voulez-vous que des jeunes arrêtent de bénéficier de ce système de solidarités pour rentrer en formation si leur revenu est inférieur ? ça correspond aussi à une volonté d'attractivité du travail".

Entre concertation et conciliation

Au travers de son discours, Alain Rousset a également, de manière plus mesurée, insisté sur le mouvement des gilets jaunes et ses conséquences sur la gestion des politiques publiques. "La centralisation n'amène que des révoltes et n'amène pas la réforme, qui vient avant tout du terrain", a-t-il répété, rejoignant indirectement les propos du président du Conseil départemental, dans un contexte local particulièrement virulent puisque la contestation sociale y apparaît toujours plus dynamique qu'ailleurs. "Je ne crois pas plus au ruissellement des riches vers les pauvres. Il n'y a pas de ruissellement de la métropole vers l'arrière pays. C'est une discussion qu'il faut engager avec la métropole; je sais qu'Alain Juppé y est prêt. Il y a un vrai malaise sur le sentiment de décrochage territorial. C'est pour ça que l'un des deux grands objectifs de cette année 2019, c'est le développement territorial, comment contrer cet isolement, créer du lien et du collectif. Il faut anticiper sur les nouveaux médicaments, les réseaux très haut-débit, la façon de former les jeunes, les infrastructures. L'idée selon laquelle il faut favoriser les plus riches parce qu'ils investiraient plus dans la création d'entreprise, on sait que ça ne marche pas. Ce qui a marché à un moment, c'est la possibilité, plutôt que de payer l'ISF, d'accompagner la création d'entreprises. On a perdu un milliard d'euros de financements pour la création de start-ups en divisant l'ISF par deux. S'il n'y a pas un sursaut du mouvement des gilets jaunes pour éliminer les actes de violence, ce serait catastrophique. Cela doit être un sursaut démocratique, social et collectif dans le respect et le dialogue", a-t-il notamment déclaré. En guise de réponse aux "assises territoriales demandées par Alain Juppé, le chef de file régional a précisé que selon lui, ces dernières existaient déjà. "Pendant l'élaboration du SRADDET (Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires), on a fait des dizaines de réunions et consulté des milliers de personnes", a précisé l'élu, invitant le maire de Bordeaux à participer à ces diverses conférences, au premier rang desquelles un futur "Forum Européen du Développement Rural" devrait être très scruté.

Romain Béteille

Photo: RB

Publié le 11/01/2019

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