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Culture

Le naufrage oublié du « Titanic français »

Mémoires et partages

A l’occasion du 99e anniversaire du naufrage du paquebot « L’Afrique », l’association Mémoires et Partages organisait les 11 et 12 janvier deux journées de commémoration. Le 11 janvier à Talence, à la librairie Georges, l’écrivain Nicolas Michel était présent pour évoquer son livre « Le chant noir des baleines », qui relate cette catastrophe dans laquelle ont péri près de 200 tirailleurs sénégalais.

Autour de Karfa Sira Diallo, président de Mémoires et Partages, l’association souhaitait mettre en lumière un événement trop souvent oublié de l’histoire française, le naufrage du paquebot « L’Afrique » le 9 janvier 1920. Ce jour-là, 602 personnes quittent Bordeaux, dont 200 tirailleurs sénégalais qui viennent à peine d’être démobilisés, un an après l’armistice de la Première Guerre Mondiale. Deux jours plus tard, l’eau s’engouffre dans le bateau et engendre la mise à l’eau des canots de sauvetage. Mais peu de passagers embarquent sur ces canots et on dénombre seulement 34 rescapés à l’issue de la catastrophe. Surnommé le « Titanic français », ce paquebot reste le théâtre du plus grand naufrage français.

Une fiction pour se souvenir

99 ans jour pour jour après le naufrage, la librairie Georges à Talence accueillait ainsi l’écrivain Nicolas Michel, prix Goncourt du premier roman en 1999. Son dernier ouvrage, « Le chant noir des baleines », raconte l’histoire de Tierno, tirailleur sénégalais qui, à la suite du naufrage, s’échoue sur la plage de Saint-Clément-des-Baleines, sur l’île de Ré. Il y rencontre le jeune Léon, orphelin de père. Une véritable amitié va naître entre les deux personnages, qui vont chacun apprendre de l’histoire de l’autre.

A travers sa fiction, Nicolas Michel souhaitait relater un événement historique, tout en restant à sa place d’auteur : « Mes romans ont toujours un décor historique pour appuyer la fiction, mais je n’écris pas pour raconter l’histoire ».  Une tragédie qui fait également écho à la problématique actuelle des migrants, « j’écris en connaissance des problématiques du XXIe siècle », admet Nicolas Michel.Nicolas Michel

Le 12 janvier, en présence de Roland Mornet, seul historien à avoir travaillé sur la catastrophe, l’association de Karfa Sira Diallo proposait également une conférence au musée Mer Marine de Bordeaux. « C’est un lieu essentiel, qui évoque notre histoire maritime, c’est très important qu’il y ait un travail en partenariat avec ce musée ». L’an prochain, le centenaire du naufrage du paquebot « L’Afrique » sera l’occasion pour Mémoires et Partages de se souvenir toujours plus d’un drame trop souvent oublié.

Marianne Chenou

Photo: Marianne Chenou

Publié le 12/01/2019

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