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Edito

Le député européen et la pomme de terre canadienne


Et d'un seul coup d'un seul Eric Andrieu, député europeen de la grande circonscription sud ouest, et président de la commission pesticides au Parlement européen, a monté d'un ton son propos pour faire un sort à la pomme de terre canadienne, traitée à la clothianidine. A la Commission européenne qui prévoyait d’augmenter les limites maximales de résidus de plusieurs néonicotinoïdes dont la clothianidine et l’haloxyfop-R, respectivement insecticide tueur d’abeilles et herbicide toxique pour la santé humaine, le Parlement a dit non. A une large majorité, et bien au delà du groupe des sociaux-démocrates auquel Eric Andrieu (PS) appartient. Bras d'honneur argumenté au CETA auquel l'Europe et la Commission ont souscrit avec le Canada. Belle illustration du rôle que peut jouer un député européen. Et, ceci, dans une assemblée dont on oublie, ou dont on ne sait pas, à moins que l'on ne veuille pas savoir, que face à la Commission de Bruxelles qui propose des lois, elle les vote ou... ne les vote pas, à Strasbourg, en assemblée plénière. Et notre député européen d'enfoncer le clou :« Une fois de plus, l’exécutif européen se retrouve à vouloir abaisser ses normes sanitaires, afin de les faire coïncider avec les traités commerciaux qu’elle a signés. La Commission européenne ouvre notre marché intérieur à des produits de pays tiers traités à la clothianidine, alors que cette substance est interdite dans l’ensemble de l’UE depuis 2018. C’est totalement inacceptable ! »

Ce témoignage a été entendu, ce samedi 23 mars, à Bordeaux où le Mouvement Européen Gironde et le Comité de liaison sud ouest avait sollicité « nos » eurodéputés avec la bonne idée de les interroger sur leur bilan et perspectives à deux mois du rendez vous électoral du 26 mai. Deux autres députées avaient répondu présentes :Virginie Rozière (radical de gauche) qui est tombée, de bonne heure, dans l'engagement européen, à seize ans, au moment du référendum de Maastricht et a été administratrice au Parlement avant d'être élue. Très mobilisée sur les droits de l'Homme et l'exigence démocratique, la montpellieraine a mené, récemment, en tant que co-rapporteure la bataille pour la protection des lanceurs d'alerte et a décroché le vote favorable du Parlement à la directive qui doit recevoir une ultime validation le mois prochain. C'est elle encore qui s'est illustrée dans la prise en compte des Indications Géographiques Protégées, les IGP, obtenant malgré l'avis de la Commission et de certaisn Etats membres, une clause de révision qui permettrait que soient recconnues, au delà des IG et AOP alimentaires, les productions artisanales, expressions de savoir-faire locaux remarquables. Qu'on se le dise il y a du Laguiole dans l'air... S'il est un des seuls terrains où nos deux eurodéputés pré-cités se rejoignent avec Joëlle Melin, députée Rassemblement national, également présente à Bordeaux, c'est celui d'une critique de l'orientation très libérale de la Commission dès lors qu'il s'agit de santé publique ou de principe de précaution.

Une Europe des citoyens défendue par ceux qui les représentent et qui ne raisonnent pas seulement par référence à leur pays d'origine serait donc vraisemblable ? Elle l'est, déjà, et on le voit bien lorsqu'il s'agit de rappeler au premier ministre hongrois qu'au delà de nos Histoires nous partageons des valeurs de liberté qu'on ne foule pas au pied. L'Union et ce n'est pas un détail est, aussi, un garde-fou pour nos démocraties.

A deux mois du rendez vous de cette élection européenne où d'aucuns ne voudraient voir, selon un usage bien français, que l'occasion d'un vote sanction contre le pouvoir en place – souvenons-nous de 2014 – ce qui n'est pas le plus souvent le cas dans les autres Etats membres de l'Union, où l'on vote Europe d'abord, il est important de souligner le rôle précieux mais encore insuffisant du Parlement de Strasbourg. Il l'est d'autant plus que le Président de la Commission Européenne, depuis le traité de Lisbonne, est issu du groupe majoritaire qui sort des urnes dans les 27 pays de l'Union. C'est ainsi que le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du Parti Populaire Européen – droite – fut élu en 2014 sur proposition du Conseil Européen. Cependant il n'est pas inutile de rappeler que si le candidat n'est pas approuvé par le Parlement, un autre candidat doit être proposé dans un délai d'un mois. Une disposition qu'il faut avoir présente à l'esprit face aux montées des populismes dans nombre de pays et à l'éventualité de majorités improbables. D'ici là le premier défi, et le plus urgent, c'est de faire mentir les sondages et de refuser l'abstention, le 26 mai prochain.

 

 

 

 

 

Joël Aubert

Photo:

Publié le 24/03/2019

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