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Société

Le CFA des Métiers de Boulazac mise sur la mobilité européenne

Dylan, 21 ans Quentin, 20 ans ont effectué un premier séjour en Allemagne

Depuis cinq ans, le centre de formation des apprentis de Boulazac offre la possibilité aux jeunes et aux formateurs de se rendre dans un pays de l'Union européenne. Espagne, Italie, Lettonie et surtout Allemagne font partie des destinations privilégiées. Tous les métiers enseignés et différents niveaux de formation sont concernés. Pour ces jeunes âgés de 16 à 30 ans, il s'agit majoritairement d'un premier départ soit dans leur milieu professionnel soit dans un centre de formation du pays d'accueil. Quentin, 20 ans et Dylan, 21 ans témoignent de cette expérience et évoque leur idée de l'Europe.

 Dylan, 21 ans,  prépare un Brevet professionnel en boulangerie pâtisserie au CFA de la Chambre de métiers de la Dordogne. Comme d'autres apprentis, il a séjourné deux semaines à l'automne dernier à Berlin et a pu se rendre compte comment ses collègues allemands travaillaient en entreprise. Pourtant, il a une vision assez péjorative de l'Union européenne. Il le dit tout net : "Oui les élections européennes, j'en ai entendu parler. La politique ne m'intéresse pas.  Voter pour qu'on nous dise non, cela ne sert à rien. Je ne voterai pas." L'Europe c'est  pour lui une notion assez floue. Il juge pourtant intéressant et pratique d'avoir une monnaie unique au sein de plusieurs pays. 
Pourtant, le jeune homme, avec l'accord de son employeur, a eu l'opportunité de passer 15 jours à Berlin dans une entreprise. Il n'était jamais parti à l'étranger et l'expérience de ce stage professionnel en immersion est pour lui tout à fait positiv. "J'ai demandé à mon patron si je pouvais partir. Mon but était de découvrir autre chose. Je ne connais pas l'Allemand, on s'est débrouillé avec l'Anglais. En boulangerie, ce qui m'a le plus surpris, c'est qu'il n'y a pas de pain blanc. En Allemagne, les collègues allemands travaillent beaucoup les graines, notamment le seigle quotidiennement. Entre nous et les collègues allemands, on n'a pas la même façon de faire. Ils sont plus dans l'expérimentation. En France, nous sommes plus dans la créativité.  J'ai trouvé que le rythme des journées était beaucoup plus cool que dans nos entreprises françaises. Les Allemands nous surnomment les grands stressés. C'est assez juste.  La formation est organisée de manière différente : les apprentis vont un jour par semaine en centre de formation. Le gros point positif de ce séjour est d'avoir pu rendre compte par nous mêmes de ces différences d'un point de vue de travail et aussi culturelles." Dylan a découvert un autre environnement et une autre culture.

La mobilité, incluse dans le cursus

Aurélie Bost Enseignante d'Anglais et référente mobilité européenne au sein du CFAQuentin, 20 ans en août, prépare une Certification de qualification professionnelle en carrosserie peinture. Il est parti dans un centre de formation en Allemagne pendant deux semaines. Dans ce cas précis, il s'agit d'un projet de classe, faisant partie intégrante du cursus. "Les apprentis suivent un module de la formation dans un centre professionnel avec un formateur allemand avec leurs outils, leurs méthodes de travail. On a inclu la mobilité dans le cursus sur 15 jours.  C'est relativement innovant et nous sommes un des premiers CFA à faire cela, explique Aurélie Bost, enseignante en Anglais et référente mobilité européenne au sein du centre de formation.
Les projets liés à la mobilité européenne sont financés dans le cadre du projet Erasmus +, avec l'aide du Conseil régional, du Département et de l'office franco-allemand pour la jeunesse, qui apporte sa contribution financière pour les projets avec l'Allemagne. Quentin, à la fin de ses études serait assez tenté par une expérience à l'international mais pas en Europe. "Nous sommes sur un échange avec d'autres jeunes en formation. L'Allemagne, c'est un pays qui me faisait déjà envie comme destination. L'expérience est positive, j'ai été surpris par les horaires de repas et il n'y a pas trois repas structurés comme chez nous." Quant on évoque le terme Europe, Quentin est sévère. Il évoque d'emblée le terme contraintes surtout par rapport à l'exercice de son métier, les normes qui sont de plus en plus contraignantes, notamment au niveau de la pollution et du bruit. Il juge certaines choses aberrantes sans citer d'exemples précis.  Il souhaiterait que chaque pays ait les mêmes règlements. Sur les points positifs, il retient le fait de pouvoir  voyager librement. Le jeune garçon exercera pourtant son droit de vote, ne sachant pas pour qui voter. Ce sera la première fois. 

D'autres destinations envisagées

Aurélie Bost, souhaite développer cette mobilité européenne en développant d'autres destinations comme vers les pays Baltes, la Norvège, le Danemark, la Pologne.  "Notre souhait est de développer de nouveaux partenariats. Un de nos objectifs est de permettre à tous les jeunes apprentis de partir quinze jours, dans un pays européen.  Sur 2000 apprentis, nous allons faire partir une  petite cinquantaine de jeunes de tous niveaux, de tous corps de métiers, des coiffeurs, des bouchers, des carrossiers au cours de cette année scolaire. Nous demandons aux jeunes une participation de 150 euros, soit 10 % du coût du séjour. Les premières années, il a fallu lever les freins des maîtres d'apprentissages, car les apprentis, sont absents de l'entreprise au moins une semaine.  On perçoit une évolution positive. Sur le dernier séjour, j'ai du refuser du monde.  A l'avenir, mon souhait est de faire partir des maîtres d'apprentissages, que les artisans puissent bénéficier  aussi de ce programme Erasmus + pendant quelques jours." 
 

Claude-Hélène Yvard

Photo: Claude-Hélène Yvard

Publié le 08/05/2019

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