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Métropole

Lormont: « Les Folies » à l'heure du premier bilan

les folies de lormont une

Opération expérimentale, le lotissement « Les Folies » rassemble autour de la rue des Arts, quelques dizaines de locataires, tous artistes ou entrepreneurs créatifs. Un concept original qui a vu le jour en 2017 grâce à la Mairie et au bailleur social Aquitanis. Deux ans après, Jean Touzeau, Maire de la commune, a souhaité rencontrer les habitants pour dresser un premier bilan de cette initiative atypique. Une réunion a laquelle ont notamment assisté Yasmina Boultam, adjointe à la citoyenneté, Stéphane Peres dit Perey, adjoint à la culture et à l'animation et Alexis Rousselin, Responsable de l'agence Aquitanis des Hauts de Garonne.

Ils étaient une dizaine à s'être donné rendez-vous, la semaine dernière chez Nathalie Valade, réalisatrice de courts métrages et habitante de la rue des Arts à Lormont. Tous, professionnels dans le domaine artistique ou entrepreneurs créatifs, avaient répondu à l'invitation de Jean Touzeau, Maire de la commune, afin de dresser, après bientôt deux ans de présence sur le site, un premier bilan de la vie dans le quartier. Une rencontre que l'élu avait souhaité organiser dans le cadre convivial d'un jardin privé et lors de laquelle il a pu librement échanger avec les habitants du quartier. Concept original et novateur, « Les Folies », lotissement de 24 maisons aux couleurs éclatantes, s'affiche fièrement le long de la rue des Arts située au sein de la résidence « Bois fleuri » de Lormont. Des constructions qui attirent l'attention et dénotent en comparaison des immeubles alentour. « Il s'agit, à la base, d'une opération de promotion créée par Axanis, la filiale accession d'Aquitanis, bailleur social à l'origine de ce projet co-construit avec le Maire », précise Alexis Rousselin. Concept original de logement social ciblant prioritairement les artistes et autres créateurs, « Les Folies » a rapidement séduit de nombreux candidats, attirés par l'envie de vivre dans une maison individuelle ou encore la possibilité d'exercer leur métier à domicile. Il n'empêche. Près de deux ans après l'installation des premiers occupants (elle a eu lieu en septembre 2017), quelques voix dissonantes se sont faites entendre.

 

Des nuisances aux conséquences inattendues

 

Ainsi Claire, fondatrice d'une web radio et réalisatrice de documentaires sonores, déplore-t-elle les enfants « laissés sans surveillance, qui s'ennuient et cassent tout ». Une opinion largement partagée par le groupe qui dénonce également ces incivilités. Des écueils dont le Maire reconnaît avoir conscience : « tous les jours, j'ai les rapports de média-animation et de la police nationale. Tous les matins, je vois tout le courrier de la ville », note Jean Touzeau qui évoque, pour en venir à bout, la cité éducative, l'aide à la parentalité et le travail en réseau « comme celui que (nous) sommes en train de constituer ce soir ».

Autre problème majeur, celui des nuisances sonores provoquées non seulement par la poursuite des travaux, mais aussi par l'entretien des communs (tondeuse) ainsi que par le dépôt de poubelles dans les conteneurs à toute heure du jour ou de la nuit. Un réel souci pour certains résidents qui ont eu du mal à poursuivre leur activité. « Je ne touche pas de salaire. Si je ne travaille pas, je ne touche rien », précise l'un d'eux, se plaignant d'un important manque à gagner et de sa situation actuelle de « précarité ». « Ce qui manque à ce projet, c'est le côté « profession », mis en avant mais un peu délaissé. Je fais du son et j'ai aussi été impactée, même en travaillant simplement sur un ordinateur », précise une autre habitante qui reconnaît aussi s’inquiéter quant à l'arrivée prochaine d'une seconde série de travaux.

 

Des problèmes d'adresse et de baux

 

Autre problème et non des moindres : celui de l'adresse ; toutes les maisons (bien que numérotées individuellement) étant officiellement situées au 2 rue du Colonel Fabien, ce qui induit notamment des difficultés de livraisons. L'intervention des services de la ville pour traiter la question du numérotage étant désormais prévue.

Également abordée, la question de la nature des baux a aussi permis de mettre l'accent sur quelques écueils : « Je suis venue ici pour travailler. C'est mon commerce et nous avons des baux de particuliers dont un alinéa spécifie qu'on n'a pas le droit de travailler chez soi. Ça me pose un problème pour mon assurance professionnelle. Par ailleurs, l'escalier est glissant et n'est pas conforme pour recevoir du public », avance une autre habitante. Des soucis qui interpellent Alexis Rousselin : « Les escaliers sont conformes à la destination du bâtiment. Après, pour ce qui est de l'accueil du public, c'est une question intéressante qui mérite vérification, précise-t-il, avant de faire remarquer que l'appel à projet faisait mention du fait de « travailler à domicile », pas forcément de recevoir du public. « C'est une opération expérimentale. On va tenter de trouver une solution », conclut-il.

 les folies de lormont

Et des logements mal isolés

 

Autrement plus gênant, surtout en cette période de canicule : la chaleur des logements. Un problème accru par l'absence de stores au rez-de-chaussée des maisons et la présence de tôle ondulée sur les toits. « En France, la problématique du confort d'hiver est très bien gérée. Celle qui n'est pas prise en compte, c'est celle du confort d'été », reconnaît Alexis Rousselin, tout en précisant qu'il ne peut intervenir, le bâtiment étant « aux normes ».

Dans les années qui viennent, il faudra entreprendre un gros travail autour du réchauffement climatique, peut-être en faisant monter des végétaux », suggère Jean Touzeau qui envisage d'intervenir d'ici là en demandant l'aide de la Métropole.

Une autre réunion pour faire le point des avancées est d'ores et déjà prévue à la rentrée.

Emmanuelle Diaz

Photo: ED

Publié le 15/07/2019

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