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Agriculture

Un outil collectif d'abattage pour dynamiser la filière gras en Périgord noir

Les partenaires du projet d'abattage collectif

Cela fait dix-huit mois que des producteurs de canard et d'oie du Sarladais travaillent avec les communautés de communes pour créer à proximité de Sarlat un abattoir et une salle de découpe destinés à l'ensemble de filière. Ce projet estimé à 4 millions d'euros est en bonne voie avec la création il y a quinze jours d'une société coopérative d'intérêt collectif agricole réunissant six producteurs. Le lieu d'implantation est choisi : le futur abattoir sera installé au lieu dit La Borne 120, sur la D 704 et devrait permettre d'abattre 270 000 volailles. L'ouverture est envisagée à l'automne 2021.

D'ici l'automne 2021, un nouvel abattoir de volailles grasses doté d'une salle de découpe devrait être opérationnel à proximité de Sarlat. Ce projet est né à la sortie de l'influenza aviaire qui a fortement impacté les producteurs de canards et d'oies sur le plan économique et moral. 
Depuis un an et demi, la chambre d'agriculture de la Dordogne, les éleveurs, l'ESAT de Prats-de-Carlux  et les communautés de communes travaillent à l'élaboration de cet outil collectif. La première étape a consisté à construire un projet économique après étude de faisabilité. "On s'est rendu compte qu'il y avait un souci récurrent concernant l'abattage au sein des exploitations. Il y avait aussi sur le territoire, un besoin d'un nouvel abattoir. Car celui de l'ESAT de Prats-de-Carlux a aujourd'hui une capacité insuffisante pour répondre aux besoins de la filière et il est devenu vétuste. Après une étude, dix sept producteurs se sont montrés intéressés par ce projet collectif, mais il fallait que la production s'engage sur un volume de 250 000  têtes par an", souligne Nathalie Seegers de l'antenne du Périgord noir de la Chambre d'agriculture.
Une nouvelle étape a été franchie, il y a quinze jours avec la création d'une société coopérative d’intérêt collectif agricole. Au démarrage, elle réunit six producteurs. Le lieu d'implantation est retenu :  sur la zone d’activité de la borne 120 située la départementale 704, entre Proissans et Saint-Crépin- de- Carlucet, à proximité de Sarlat. Les deux communautés de communes  concernées Sarlat Périgord Noir et Pays de Fénelon vont investir sur la partie immobilière et vont louer à la structure de producteurs. Cette dernière aura la charge de faire fonctionner l'abattoir et va investir sur la partie matériels. Le coût du projet avoisine les 4 millions d’euros dont un million au volet assainissement, financé à 40 % par des aides publiques : Région, Département et FEADER, le reste étant à la charge des éleveurs. "Il s'agit à la fois d'un projet de territoire et de filière : un des objectifs est d'enraciner la filière volailles grasses en Périgord noir, d'assurer l'avenir en créant un outil aux normes, trois ans après l'épisode de grippe aviaire,"  ajoute Yannick Frances, vice président de la Chambre d'agriculture. Le futur établissement devrait permettre d'abattre 270 000 têtes par an, dans un premier temps. 

Du gain de temps et d'argent

Les producteurs attendent cet outil avec une certaine impatience. Dominique Laleu producteur à Valojoulx, a hésité à doter son exploitation de son propre abattoir, aujourd'hui il attend le nouveau. "A terme, on va gagner du temps. On n'aura pas à se préoccuper dans la main d’œuvre saisonnière qui fait souvent défaut". Même point de vue chez Bernard Mazet, éleveur gaveur de canards gras à Saint Geniès. Le président de la SCICA la plume du Périgord noir explique pourquoi ce dossier est essentiel pour l’avenir de la filière. «Sur mon exploitation, je produis 22 000 canards par an et je dispose de mon propre abattoir. Depuis de nombreuses années, nous sommes régulièrement confrontés à des soucis de main d’œuvre. De plus, selon l’étude de faisabilité économique en amont du projet, ne pas abattre au sein des exploitations, nous ferait aussi gagner de l’argent. Chez nous, le coût de revient nous coûte 5,50 euros par canard. Avec le nouvel abattoir, on est à 2,85 euros, avec les mêmes qualités de prestations. Les producteurs pourraient aussi dégager davantage de temps pour s’occuper de la commercialisation de leurs produits. » La première pierre devrait être posée fin 2020, pour une ouverture à l'automne 2021.  Il devrait employer une quinzaine de personnes dont sept à huit salariés handicapés de l'ESAT de Prats-de Carlux.

Claude-Hélène Yvard

Photo: Claude-Hélène Yvard

Publié le 16/10/2019

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