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Edito

Etat-Départements: le pays n'avait pas besoin de cette fracture supplémentaire


Des élus de toute tendance, naturellement peu portés à manifester de façon intempestive, qui boycottent le discours d'une ministre et s'en vont chantant la Marseillaise...C'était ce vendredi à Bourges où l'Association des Départements de France tenait congrès. Et la ministre Jacqueline Gourault, de ce ministère qui voulait dès le début de l'ère Macron, en remontrer sous l'appellation de « Cohésion des Territoires », est venue sur ordre, enfoncer le clou d'une réforme fiscale qui va progressivement rendre dépendants des seules recettes de TVA, et donc des versements de l'Etat, des collectivités à qui on a refilé naguère des missions de solidarité. Un RSA par exemple que l'Etat n'a jamais compensé au niveau du réel, sans parler de ce dont il se défausse, la prise en charge de la protection de l'enfance ou des mineurs isolés, de plus en plus nombreux. Et, tout cela, dans un pays où le nombre de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté grandit. Une France qui n'avait surtout pas besoin de cette fracture supplémentaire.

 C'était d'ailleurs bien la peine, au fil du Grand Débat voulu pour éteindre la révolte des Gilets Jaunes, de répéter que l'Etat allait s'appuyer sur les élus de terrain pour répondre aux attentes citoyennes. Certes, les maires à qui on a ôté la taxe d'habitation pour que le candidat Emmanuel Macron trouve un biais pour redonner du pouvoir d'achat devraient hériter d'une taxe sur le foncier bâti, soustrait aux départements. Par parenthèse, notons que c'en sera fini du principe républicain d'égalité devant l'impôt...Selon que vous serez propriétaire ou non.

 

Mais, au-delà de toutes les conséquences de ces réformes qui, petit à petit, vident de sens la décentralisation et la libre administration des collectivités locales reconnue par la Constitution, comment ne pas ressentir, plus forte que jamais, l'emprise de la technocratie des Finances sur la gestion des Régions et départements, dans un contexte où il faut trouver des coupables au déficit public d'un pays. Comme si leur part était décisive par rapport à un Etat incapable de se réformer, pire même un pouvoir central dont la bureaucratie est si pesante qu'elle gaspille les crédits européens versés au Régions que celles-ci doivent sauver par des moyens imprévus.

 

L'épisode de Bourges qui semble consommer une vraie fracture entre l'éxécutif et les élus locaux est hautement significatif du cours de ce quinquennat qui glisse, chaque jour davantage, vers un autoritarisme qui abîme le libre exercice de la démocratie. Il faudra sans doute la rude déconvenue qui s'annonce pour LREM aux élections municipales pour que l'hôte de l'Elysée en prenne la mesure.

 

Joël Aubert

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Publié le 20/10/2019

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