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Economie

Sealar nouveau délégataire de l’aéroport de Poitiers-Biard

La délégation de service public de l'aéroport de Poitiers-Biard a été accordée à Sealar. Elle débutera le 1er janvier 2020

Ce vendredi 18 octobre le comité syndical du syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard s’est réuni pour choisir un nouveau délégataire pour la gestion et l’exploitation de l’aéroport de Poitiers-Biard. Parmi les trois candidatures, c’est la société Sealar qui est constituée par le groupement INSFO, CCI Marseille Provence Infrastructures et TPFi qui l’emporte. Un groupement qui contrôle  les aéroports de Brest, Morlaix, Quimper : il est également actionnaire de l’aéroport de Marseille. La délégation de service public commencera au 1er janvier 2020 et durera douze ans. Ce vendredi, les statuts du syndicat mixte ont également été revus depuis la sortie au 31 décembre 2018 de la CCI de la Vienne.

C’est la fin d’un long travail pour Bruno Belin, président du Syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard (SMAPB) et président du département de la Vienne. Un soulagement d’une certaine manière sur ce dossier qui a connu quelques rebondissements. « Après cette réunion du comité syndical et surtout après des mois et semaines de travail, je pense au personnel de l’aéroport : les 101 salariés qui travaillent sur ce site. Nous avions évidemment une obligation de résultat pour arriver à ce qu’il y ait une continuité de service et de l’offre ».

Le comité syndical a choisi Sealar parmi les trois candidatures. (Les deux autres étaient  d’Armys et Edeis Concessions). Vinci Airports, le précédent délégataire avait renoncé à déposer  une offre. « Ce candidat s’est nettement détaché », précise Bruno Belin. C’est donc le groupement INgénierie Service Force Ouest, une émanation de la CCI de Brest (INSFO), la CCI de Marseille Provence, et TPFi, une entreprise spécialisée dans le bâtiment, l’énergie, les infrastructures de transport et l’eau (Portugal), basée à Marseille, qui a fait l'unanimité. Pertinence, cohérence, efficacité, qualité, responsabilité, environnement, coût, efficacité d’organisation ont été analysés au peigne fin par le syndicat. Celui qui répondait au mieux était donc Sealar. « Ce n’est pas n’importe qui. Ils ont déjà de l’expérience », commente Bruno Belin. Il est vrai que ce groupement gère trois aéroports en Bretagne (Brest, Quimper, Morlaix) et est actionnaire de celui de Marseille. Une expérience rassurante pour répondre aux ambitions de l’aéroport de Poitiers-Biard.

Ambition

Le syndicat mixte affiche des objectifs clairs pour l’aéroport. « Il y a une volonté d’inscrire dans le développement de l’aéroport une partie tourisme, mais aussi de maintenir une qualité de l’équipement. Un aéroport H24 qui a la possibilité de recevoir des vols de déroutement en permanence et des vols sanitaires », précise le président du syndicat mixte. Il faudra aussi maintenir et favoriser le développement de la liaison aérienne régulière vers Lyon. De nombreuses entreprises locales utilisent ces vols proposés pour rallier l’est de la France. L’aéroport doit poursuivre une stratégie de diversification des destinations et du portefeuille de compagnies.

Sachant qu’il va falloir également investir sans provoquer trop d’impact sur le budget global de l’aéroport. La remise en état de la piste est devenue aujourd’hui incontournable. Un investissement de l’ordre de 3,5 à 4 millions d’euros. « Il est inclus dans le projet et coûtera moins de 12 euros par passager, assure Bruno Belin. A terme, l’équipement doit répondre à un objectif de qualité de service. » L’aérogare va devoir subir quelques aménagements. Il faudra sans doute réadapter l’aérogare avec le Brexit, mais pas seulement. L’espace aux passagers devrait être plus important et plus accueillant. Un investissement d’un million d’euros est prévu pour ce réaménagement et Sealar devrait en prendre en charge le quart. 

Plus de passagers donc plus de liaisons

Un développement de l’aéroport, cela passe également par l’augmentation du trafic. L’ambition est de passer de 122 504 passagers à 189 800 passagers avec le transit en 2031 et d’ici la fin de la délégation de service public. « Il y a une réflexion de développement sur les lignes de tourisme. Nous ne pourrons avoir un nombre de passagers croissant sans qu’il y ait un certain nombre de lignes en face », remarque Bruno Belin. On ne sait pour le moment à quelles compagnies fera appel le nouveau délégataire de l’aéroport de Poitiers-Biard. Une conférence de presse devrait se dérouler au début du mois de novembre pour en savoir plus et connaître les nouvelles destinations. Même si quelques unes ont filtré dans la presse locale, chez nos confrères de la Nouvelle-République et de Centre-Presse qui affirment que Poitiers sera reliée à Marseille, Milan, Bruxelles et Madrid, en plus de Londres et Lyon. 

La délégation de service public pour Sealar est prévue sur 12 ans. Une durée qui peut faire peur. Mais Bruno Belin l’explique ainsi. « Le temps de l’entreprise est forcément un temps long ». C’est aussi une manière de vouloir mettre en place des relations commerciales stables et de long terme avec les compagnies aériennes. Et bien sûr pour que la participation aux travaux ne se fassent pas trop ressentir sur le prix des billets des passagers. Au bout de six ans, à mi-mandature donc, un rendez-vous est prévu. Une comparaison entre le prévisionnel et ce qui a été réalisé jusqu’alors. S’il est constaté un écart négatif de plus de 25%, sur les 892 000 passagers prévus, le concédant procédera, après un préavis de six mois, à la résiliation unilatérale du contrat. Ce qui ferait un nombre de passagers moyens de 111 500 passagers soit moins qu'actuellement. Un suivi régulier sera assuré avec une présentation du rapport d’activité chaque année devant le département de la Vienne et la communauté urbaine de Grand Poitiers.      

Le syndicat mixte de l'aéroport de Poitiers-Biard est composé de 17 délégués issus du département de la Vienne et de la communauté urbaine de Grand PoitiersUn aéroport utile ?

« Je crois qu’il y a une volonté de reconnaître l’utilité de cet aéroport pour Poitiers, Grand Poitiers et le département de la Vienne. Quand on a une ambition, on se donne les moyens de la réaliser. Le département vient de le dire en s’engageant dans les 2/3 pour la pérennité de l’aéroport de Poitiers. Nous avons la volonté politique et la capacité de le faire. Nous assumons ce choix politique pour ce territoire ». Cela signifie que le département de la Vienne remplace la participation de la CCI qui s’est retirée du syndicat mixte au 31 décembre 2018. Le budget global de l’aéroport a légèrement diminué, dépassant alors les 2 millions d’euros contre 2,2 millions jusqu'à présent. La participation du département est de 65% soit environ 1,3 millions d’euros (elle était jusqu’alors de 760 000 euros) et celle de la communauté urbaine de 760 000 euros (un montant qui reste inchangé). Ce sont donc 17 délégués désignés par les membres adhérents qui composent ce syndicat mixte. 11 pour le département de la Vienne et 6 pour la communauté urbaine de Grand Poitiers. « Je félicite ce dialogue que nous avons entre les deux membres du syndicat mixte, indique Anne Gérard, vice-présidente aux Transports de la communauté urbaine de Grand Poitiers. Nous avions une vision partagée pour maintenir l’aéroport, même si il y avait parfois des considérations différentes. Nous nous sommes accordés, c’est une bonne nouvelle pour le territoire. » Effectivement la communauté urbaine se désengage et ne participe plus au financement des lignes aériennes à vocation touristique. 

« C’est vraiment une nouvelle page qui s’écrit pour cet aéroport qui est indispensable à la vie du département et dont l’utilité est démontrée », conclut Bruno Belin. Il le promet, d’ici peu, les habitants de Vienne sauront où ils pourront voyager. Au niveau économique, le rôle de l’aéroport de Poitiers demeure important. Selon un rapport commandé par le département, l’impact des lignes touristiques en import rapporterait 12 millions d’euros au territoire.

Julien Privat

Photo: Aqui.fr

Publié le 22/10/2019

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