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Métropole

Bordeaux : les logements sociaux fleurissent dans l’hypercentre

L'immeuble Bouquières (à gauche) a été transformé en logements sociaux

Le nouveau maire de Bordeaux avait annoncé dès son élection faire de la reconquête de l’habitat et du logement une priorité de son mandat, entre autres politiques environnementales. La Ville, aux côtés des bailleurs sociaux bordelais Mésolia et InCité, a inauguré officiellement ce mercredi matin la Résidence Bourquière, située dans la rue éponyme, à l’angle de la Place Fernand Lafargue et de la Rue Saint James. L’immeuble, composé de neuf logements sociaux et un commerce, date du 18e siècle.

Permettre aux ménages bordelais de rester dans leur ville. Voici l’objectif fixé par la Ville de Bordeaux au bailleur social Mésolia et InCité, l'organisme en charge de la revitalisation du centre ville bordelais. Les deux entreprises ont inauguré ce mercredi un immeuble ancien composé de neuf logements sociaux dans la rue Bourquière. « C’est la première opération de ce type dans l’hypercentre bordelais, nous en sommes fiers », affirme Benoît Gandin, directeur général d’InCité. La restauration de cet immeuble du 18e siècle est à l’ordre du jour depuis 2003. « Travailler en hypercentre est compliqué, surtout dans une rue comme celle-ci avec beaucoup de passage, reprend Benoît Gandin. En plus, l’immobilisme de l’ancien propriétaire nous a amené à la procédure d’expropriation. En temps normal, un chantier de réhabilitation comme celui-ci dure trois à quatre ans ».

Après avoir acquis l’immeuble, InCité l’a revendu à Mésolia en 2016 afin de pouvoir mener les premiers travaux – qui représentent un investissement de 1,8 million d’euros – et de l’ouvrir à la location. « Au départ, l’immeuble comptait huit logements et un commerce. Aujourd’hui, on a neuf logements : trois logements PLAI (financés par le Prêt Locatif Aidé d’Intégration) pour des personnes en grandes précarité, six logements sociaux classiques », éclaire Emmanuel Picard, directeur général de Mésolia. Dans l’ensemble, les porteurs du projet de restauration ont tenu à conserver l’aspect historique de l’immeuble, mais ont mis l’accent sur l’isolation et le chauffage, permettant ainsi de réduire le montant de charges éventuelles en plus du loyer (300€ pour un deux pièces, 500 pour un T4).

 

« Partir à la reconquête des centre-villes »

« Nous ne coupons pas la gentrification avec ce genre de démarche, mais cela nous permet de maintenir des habitants en ville », affirme Benoît Gandin. Le Président d’InCité annonce que plusieurs autres projets similaires à celui de la rue Bourquière sont à l’étude, dont deux Place Fernand Lafargue. « L’objectif pour nous est de partir à la reconquête des centres villes, souvent désertés parce que trop chers », ajoute Emmanuel Picard. La municipalité bordelaise tente, elle aussi, de revitaliser son hypercentre au travers notamment de l’encadrement des loyers ou l’expérimentation du permis de louer. « Nous allons développer et accélérer ces mesures dans le même temps que la mixité sociale dans nos quartiers, pour lutter notamment contre la pauvreté et faire revenir les ménages », précise Nadia Saadi, adjointe au Maire de Bordeaux en charge de l’accompagnement des mutations économiques.

Mésolia et InCité entendent profiter de la proximité entre Bordeaux et plusieurs villes voisines pour développer le logement social. Les deux hommes visent notamment le Libournais, qui a signé récemment une convention de partenariat avec Bordeaux Métropole, ou encore Castillon la Bataille, où Mésolia dispose déjà de deux immeubles dans le centre historique. Les bailleurs sociaux veulent également tester, au niveau métropolitain, le bail réel solidaire, au travers d’un office foncier solidaire. « Le principe est de dissocier le foncier du bâti pour acquérir une maison à un prix nettement inférieur à ceux du marché. C’est une démarche qui permettrait de faire revenir les familles dans des zones tendues au niveau immobilier », détaille Emmanuel Picard. Le directeur général de Mésolia annonce par ailleurs voir acté, à la mi-octobre, la création de CooSol un office foncier solidaire aux côtés de la Métropole et Aquitanis, son office public du logement.

Yoan Denéchau

Photo: Pascal Rousse

Publié le 21/10/2020

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