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Société

A Limoges, le barrage de Beaune 2 est vidangé et curé

Le barrage de la Mazelle à Beaune est en cours de curage, une première depuis sa construction en 1959.

Le chantier du barrage de Beaune 2 situé au nord de Limoges est en cours depuis la mi-mai et la vidange va permettre de réaliser une inspection technique des installations, des travaux de maintenance ainsi que le curage d’une partie des sédiments. Un chantier qui a reçu la visite, hier, de Guillaume Guérin président de Limoges Métropole.

Avec 1,8 million de m³, le barrage de Beaune 2 implanté sur La Mazelle depuis 1959 haut de 22 mètres couvre jusqu’à 30 % des besoins en eau potable des habitants de Limoges Métropole. Après sa vidange complète en 1999 et une inspection par des plongeurs dix ans après, le barrage est à nouveau vidangé afin d’effectuer une nouvelle inspection technique, de remplacer la vanne de fond par une plus performante motorisée et de sécuriser l’éperon rocheux situé sur la berge à proximité des eaux de vidange. Depuis la mi-mai, le niveau a été abaissé progressivement pour atteindre actuellement 10 % de son volume normal. Un bassin de décantation de 2 000 m³ a également été construit en aval, à hauteur du barrage de Beaune 1, réhabilité l’an dernier, dans le but retenir des eaux contenant des matières en suspension lors d’une vidange administrative ou en cas d’orage violent. En outre, une partie des sédiments a été retirée et deux emplacements ont été aménagés en surplomb de la berge pour leur stockage. C’est la première fois depuis la construction de ce barrage qu’un curage est réalisé. L’objectif est de préserver la qualité de la ressource grâce à un curage localisé des sédiments accumulés depuis l’édification du barrage qui participent à son comblement et pourraient nuire à la qualité de l‘eau.

Un quart de la retenue traité

Les sédiments riches en matières organiques, notamment en phosphore, sont responsables en période de fortes chaleurs du développement de micro-algues ou de cyanobactéries. Quelques 40 000 m³ de sédiments ont ainsi été retirés sur une surface de 7 hectares, soit l’équivalent d’un quart de la surface totale du plan d’eau. « Le but, avec cette opération, est de préserver la qualité de l’eau en retirant ces sédiments explique Marie Crouzoulon, directrice du cycle de l’eau à Limoges Métropole, nous avons maintenu une partie de l’eau nécessaire à la vie piscicole, quelques 550 kilos de poissons à savoir des sandres, carpes et brochets ont été pêchés en grande quantité mais comme ils n’appartiennent pas à Limoges Métropole, ils sont gérés par l’Office français de la biodiversité qui choisit leur avenir. » A l’exception des espèces indésirables qui ont été éliminées, les carnassiers ont été relâchés sur des cours d’eau classés « eaux libres » en partenariat par la Fédération départementale de la pêche. Les travaux devraient s’achever courant novembre, la retenue sera ensuite fermée et la remise en eau assurée par les pluies attendues cet hiver. L’opération aura nécessité un investissement de 533 000 euros, entièrement financé par la Communauté urbaine. Après le curage et la rénovation du barrage de Beaune 1 ces deux dernières années et la vidange de la retenue principale du Mazeaud située à Saint-Léger-la-Montagne, un dernier chantier est programmé sur la retenue de La Crouzille à Saint-Sylvestre qui alimente en grande partie la population de l’agglomération avec le redimensionnement de l’évacuateur de crue.

Ces travaux concourent à préserver la ressource dont pourraient bénéficier d’autres habitants de l’agglomération non encore desservis. « Une réflexion en ce sens est en cours assure Guillaume Guérin, nous allons déjà au-delà du périmètre en alimentant Saint-Jouvent par exemple, cette eau est l’une des plus pures et des moins chères de France. »  D’autre part, le président de Limoges Métropole voit plus loin et compte fédérer les acteurs de la filière eau pour doper ce secteur porteur et lui donner une plus large visibilité. « Nous avons à Limoges tout un écosystème qui s’est développé autour de l’eau avec des entreprises et des start-up reconnues dans leur domaine ainsi que la présence de l’Office international de l’eau dont les dirigeants sont très demandeurs d’une structuration complète de la filière détaille-t-il, il faut donc pérenniser cette filière comme cela a été fait pour la céramique afin de créer de l’emploi. »

Corinne Mérigaud

Photo: Corinne Mérigaud

Publié le 23/10/2020

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