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Environnement

Biodéchets : quels solutions et enjeux pour atteindre nos objectifs ?

Une partie du tri du biodéchets passe par des composteurs

Alors que l’État s’apprête à augmenter le montant de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), due par toute personne produisant des déchets, d’ici l’année 2021, il est possible de la compenser avec les déchets verts. Lumière sur une filière et ses enjeux tant politiques, qu’économiques et environnementaux avec Sandrine Wenisch, chargée de mission au pôle économie circulaire de l’Agence de la transition écologique (ADEME) Nouvelle-Aquitaine.

Au niveau national, les biodéchets remplissent un tiers de nos poubelles. La faute, entre autres, au gaspillage alimentaire, mais aussi à l’entretien des parcs et jardins. En Nouvelle-Aquitaine, 703 000 tonnes de biodéchets ont été collectés en 2019 (119 kilogrammes par habitant). 40 % de ces déchets verts ont été collectés en déchetterie. « Cela représente une augmentation de la part récupérée sur ces points de collecte de l’ordre de 20% », affirme Sandrine Wenisch, chargée de mission à l’Agence de la transition écologique (ADEME). Selon elle, nous avons tout intérêt à consolider la filière de tri, collecte et revalorisation des biodéchets. « La France, au travers de la loi anti-gaspillage alimentaire et la loi gaspillage et économie circulaire, s’est engagée à réduire de 15 % sa production de déchets ménagers d’ici 2030 et obliger le tri à la source à tous d’ici 2024 », ajoute la représentante de l’ADEME.

Une fois le cadre posé, Sandrine Wenisch entre dans le détail des solutions déjà existantes sur la gestion des biodéchets. En premier lieu, ce qu’elle qualifie de « gestion de proximité ». Il s’agit ici de limiter le gaspillage en réutilisant nos déchets verts sans les déplacer grâce notamment aux techniques de paillage, la tonte mulching (sans ramasser l’herbe) ou au compostage. « La ressource biodéchet est à exploiter au profit de notre territoire, reprend la chargée de mission de l’ADEME. Grâce à elle nous allons pouvoir innover, aux côtés des intercommunalités ou syndicats de collecte de déchets, et développer une véritable filière bioéconomique, à la fois créatrice d’emplois de proximité et de lien social ».

 

Développer une filière « bioéconomique » sur les territoires

Sandrine Wenisch commente une étude de l’Agence régionale d’évaluation environnement et climat (AREC) où on apprend notamment que la Nouvelle-Aquitaine compte près de 500 000 composteurs. « La gestion de proximité est très différente d’un département à l’autre, précise-t-elle. On commence par contre à voir émerger la collecte sélective des biodéchets ». En 2019, sur la Nouvelle-Aquitaine, 18 collectivités proposaient ce service d’après l’étude de l’AREC. « Cela touche à peu près 7% de la population régionale, bien loin de l’objectif de 100% d’ici 2024 », ajoute la représentante de l’ADEME.

Pour atteindre cet objectif de tri des biodéchets, l’experte donne plusieurs pistes, à décliner en fonction des spécificités de chaque territoire, qu’il soit urbain, péri-urbain ou rural. « Il va falloir optimiser les capacités des services publics en matière de tri des biodéchets et cela passe notamment par la massification de la gestion de proximité, le déploiement plus large de la collecte de biodéchets ou encore la formation de nouveaux personnels sur les biodéchets ». Sur ce dernier point Sandrine Wenisch évoque la naissance, en septembre, du Réseau Compost Citoyen, qui propose en lien avec l’ADEME des formations sur la prévention et la gestion de proximité des biodéchets.

Un appel à projets pour expérimenter

Pour tenter de développer au mieux la collecte et le tri de biodéchets en Nouvelle-Aquitaine, l’ADEME a lancé en fin d’année 2019 l’appel à projets TriBio en lien avec le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Parmi ces projets, celui du Semoctom, dans l’Entre-Deux-Mers (33) qui teste sur trois communes – Saint-Loubès, Saint Sulpice et Cameyrac et Beychac et Cailleau – le tri et la valorisation des déchets verts tout en réduisant le tonnage des ordures ménagères. A Saint-Loubès, le volume des ordures ménagères a baissé de 38% et 22% dans les deux autres communes depuis janvier. En ce qui concerne les biodéchets, la valorisation (broyage) représente 6 à 12% du tonnage global de déchets verts.

Yoan Denéchau

Photo: YD

Publié le 22/10/2020

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