Retour à la page d'accueil
Aqui.fr
Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà
Plan de soutien
Aidez Aqui! à relever le défi de la grande région
Agriculture

Transmission agricole : Safer, collectivités et chambre d'agriculture 64 alliées au plus proche du terrain

Illustration installation - transmission en maraîchage

Dans les Pyrénées-Atlantiques, comme ailleurs, près de 2 agriculteurs sur 3 n'ont pas de solution de reprise assurée en vue de leur départ en retraite. En cause, certes, un nombre d'installations inférieur à celui des départs mais aussi pour les cédants, un manque d'anticipation quant à la transmission de leurs exploitations. Un sujet de la transmission que les Chambres d'agriculture ont pris à bras le corps depuis plusieurs années déjà, et sur lequel elles persévèrent. Exemple dans le Béarn où un partenariat entre l'agglomération Pau Béarn Pyrénées (CAPBP), la commune d'Assat, et la Safer 64, la Chambre d'agriculture 64 vient d'être signé et organise ces prochains jours une action d'information « coup de poing » à destination des agriculteurs de 55 ans et plus. Car une transmission réussie, c'est le maintien d'une agriculture vivante sur le territoire, ce que les politiques ont aussi bien compris.

Selon les diagnostics réalisés par les partenaires, 60% des agriculteurs des territoires de l'agglo de Pau et de la commune d'Assat ont 50 ans ou plus. Parmi eux, ils sont nombreux à ne pas avoir de solutions de reprise pour leur départ à la retraite. Sur le seul territoire de la territoire de la CAPBP, si on applique le chiffre d'une reprise assurée sur trois, ce sont un peu moins de 200 exploitations qui pourraient ainsi disparaître sur un total de 420 fermes à l'heure actuelle... Les proportions sont les mêmes pour la petite commune voisine d'Assat. Un enjeu de la vitalité de l'agriculture ici périurbaine, bien compris par les deux collectivités, engagées via une convention auprès de la SAFER et de la Chambre d'agriculture. Son objet : confirmer leur volonté de mobiliser l'ensemble de leurs outils en faveur du maintien et du développement d'une agriculture durable sur leur territoire.

Moins de zones constructibles: un sujet de réflexion pour les cédants...
Parmi ces outils, Patrick Buron, vice-président de l'agglo, en charge du dossier développement économique agricole cite par exemple « le travail effectué sur le PLUI de l'agglomération qui a permis de diminuer la superficie constructible de 50% ». Un acte fort selon Pierre Moureu vice-président de la Chambre d'agriculture. « Si les politiques expriment clairement ce message de la réduction des zones constructibles auprès des agriculteurs approchant de la retraite, il y aurait sans doute moins de rétention des terres. Les agriculteurs réfléchiront différemment à l'avenir de leurs terres... »
Autre outil cité par le vice-président de l'Agglo : la Ceinture verte Pays de Béarn, société coopérative qui vise à faciliter l'installation de maraîchers sur le territoire tant par la mise à disposition de terre et d'équipement que par un appui technique, en partenariat avec les acteurs du monde agricole. Avec un objectif de 100 installations de 2 ha chacune d'ici 10 ans, le projet veut ainsi aussi contribuer à un certain nombre de transmission de terres agricoles, par le biais de la coopératives.
Du côté d'Assat qui participe au dispositif Ceinture Verte, son maire Jean-Christophe Rhaut, met à son tour en avant un PLU en cours de révision, « qui traduira la volonté de la Commune de pérenniser l'agriculture périurbaine et de travailler sur les débouchés à offrir à ces agriculteurs ». La ville de 2 000 habitants a ainsi recréé un marché, qui plus est 100% bio, dans son centre-ville et vient de recruter un chef cuisiner pour la cantine de l'école et ses 180 convives quotidiens. Avec pour mission pour ce dernier de se fournir en produits locaux à 30 kilomètres à la ronde...

"La transmission exige du temps et de l'anticipation"
Un engagement politique des collectivités locales que salue Pierre Moureu pour la Chambre d'agriculture. Pour autant, « la transmission pour les agriculteurs, c'est quelque chose qui touche à l'intimité. Passer le flambeau, quand ça n'est pas à ses propres enfants, ça peut parfois être difficile », ajoute-t-il. D'où le choix, en complément des actions conduites par les collectivités, de conduire une action d'information et de sensibilisation, sur le terrain directement auprès de agriculteurs de plus de 55 ans. « Car la transmission exige du temps et de l'anticipation », complète Mirentxu Hirigaray, conseillère transmission à la Chambre d'agriculture. « De fin octobre à décembre, nous menons, une opération "coup de poing" dont l'objectif est de dédramatiser la situation en présentant tous les outils à disposition des agriculteurs pour envisager la transmission de leur exploitations quand le moment sera venu ».
Quatre temps forts de rencontres, d'échanges et de discussions sont ainsi prévus pour anticiper au mieux les difficultés qui peuvent surgir lorsqu'il s'agit de céder sont exploitation.
L'une des difficultés qui se pose souvent est de trouver une compatibilité entre le cédant et le porteur de projet. « Il nous faut expliquer au cédant qu'il doit proposer une offre qui soit adaptable aux porteurs de projet, mais aussi qu'il existe vraiment plusieurs manières de transmettre son foncier. D'une manière générale, plus le candidat sera ouvert aux propositions du porteur de projet, plus la transmission pourra se faire facilement. », explique la conseillère transmission.

"Permettre aux cédants d'avoir un plan d'action"
Une prise de conscience en quelque sorte, « qui se travaille et qui prend du temps » et dont il faut ensuite transformer aussi en un véritable projet. « D'où la nécessité d'avoir une approche avec des agriculteurs dès 55 ans, voire un peu avant.... D'autant que la transmission peut aussi être rendue difficile parce qu'en vieillissant les agriculteurs, décident souvent de "lever le pied", avec le risque de ne plus avoir une exploitation aux normes. Ce qui la rend encore plus difficile à transmettre en terme de poids financiers pour un éventuel repreneur cherchant à s'installer », pointe à son tour le conseiller SAFER.
« Notre objectif est de permettre aux futurs cédants d'avoir un plan d'action, et de mettre en place un accompagnement à leur côté sur le long terme pour faciliter les choses au moment de la retraite... », reprend Mirentxu Hirigaray. En effet, au programme de ces temps forts, trois d'entre eux prennent le format de réunions d'information collectives sur divers thèmes au plus près des péoccupations des cédants. Le quatrième temps vise en réalité à la prise de rendez-vous individuels et gratuits avec les conseillères de la Chambre d'agriculture. L'occasion d'échanger sur la situation et les questions personnelles de l'agriculteur. « Des rendez-vous dont l'anonymat est garanti », appuie Mirentxu Hirigaray.

 

L'info en plus : le calendrier des réunions:
1- Une société pour transmettre le foncier : bonne ou mauvaise idée ?
Mercredi 28 octobre à 20h à la salle des fête de Lescar, en présence d'un juriste agricole - Reporté en raison des dispositifs de lutte contre la propagation de l'épidémie du COVID 19

2- Quelles solutions pour transmettre mon foncier ? Vente, bail, convention de mise à disposition...
Lundi 2 novembre à 10h au foyer municipal de Rontignon, en présence d'un juriste agricole, d'un conseiller SAFER et de la directrice de la ceinture verte Pays de Béarn
3- Tout savoir sur mes droits à la retraite
Mercredi 4 novembre à 10h à la salle communale à Assat : intervention d'un conseiller MSA
4- Rencontres individuelles gratuites sur rdv au 07 71 11 85 37 ou m.loyatho@pa.chambagri.fr

Solène Méric

Photo: Aqui.fr

Publié le 23/10/2020

Retour page d'accueil