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Politique

Comment la Charente-Maritime compte lutter contre la désertification médicale

Illustration médecine

Le Département de Charente-Maritime va se doter d’ici quelques jours d’un grand plan santé, en vue de freiner la désertification médicale rampante. En charge du dossier, la conseillère départementale et sénatrice LR Corinne Imbert en a présenté les grandes lignes en ouverture de session ce lundi. Ce document de 16 fiches actions viendra en complément des deux dispositifs existants, à savoir une bourse aux étudiants en échanges de leur installation en zones tendues ; une aide aux collectivités pour héberger des remplaçants à leur médecin généraliste.

Pour Corinne Imbert, nécessité fait loi. Certes, « quand on regarde le nombre de médecins et leur répartition en Nouvelle-Aquitaine, nous ne sommes pas les plus mal lotis. Mais quand on regarde dans le détail par bassin de vie, il y a des zones qui sont de véritables déserts médicaux », explique la sénatrice. De plus, la démographie a augmenté en dix ans, alors que le nombre de médecins a décru. Malgré les renouvellements, la Charente-Maritime a perdu 32 praticiens entre 2009 et 2010 – les plus fortes baisses se situant dans les bassins de Rochefort et de Royan.  Autre paramètre d’importance: les plus de 60 ans représentent la majorité de la population locale, y compris parmi les praticiens (27%). Il va donc falloir les remplacer lors de leur départ à la retraite. Les zones déjà en tension risquent de se retrouver encore plus en difficulté, et d’autres risquent d’émerger.

Saint-Jean d'Angély et le sud Charente-Maritime prioritaires

Pour l’instant, les zones de désertification bénéficiaires du plan ont été définies sur ces trois critères, définis conjointement avec l’Agence régionale de Santé : une population majoritaire de + de 60 ans ; des médecins généralistes de + de 60 ans ; une faible densité de praticiens par rapport à la population ; un accès aux transports difficile.  Parmi ces zones « très tendues » figurent sans surprise le bassin de Saint-Jean-d’Angély, Aulnay, Matha, Montguyon, ainsi que les communes rattachées aux territoires vie santé de La Roche-Chalais (Saint-Martin-de-Coux, Boscamnant, Saint-Aigulin et la Barde).

En plus d’un suivi régulier de l’évolution de la situation (cartographie de l’offre de soins ; communication sur les dispositifs), le plan prévoit de renforcer ses deux dispositifs existants. En plus d’inciter les étudiants à venir s’installer à l’issue de leurs études, il offre une possibilité de logements à une majorité de stagiaires pour les inciter à effectuer leurs stages en Charente-Maritime. Il  incite également les étudiants en médecine de 3ème cycle à effectuer leurs stages dans des zones de désertification médicale très fragiles, et permet de poursuite le stage de professionnalisation de 6 mois sur une nouvelle période de 6 mois. Des aides aux logements pour les internes et  à l'installation sont également prévues. Un partenariat avec les universités étrangères, pour faire venir de nouveaux jeunes médecins, est également à l’étude.

De leur côté, les praticiens en libéral seront également encouragés à prendre des stagiaires, moyennant un dédommagement financier pour les 2 jours de formation nécessaire pour devenir maître de stage. Le Département compte également renforcer l'offre de santé en offrant aux infirmiers la possibilité de se former puis de pratiquer avec la « formation de pratique avancée », qui existe depuis 2018. En parallèle, elle compte également contribuer au développement de la télémédecine, car la Charente-Maritime présente l’avantage d’être relativement bien équipée en fibre optique, et son extension est en cours sur l’ensemble du territoire.

Concernant les collectivités, le Département prévoit de renforcer son soutien. En plus de soutenir des projets de Maisons de santé portés par certaines ces dernières années, le conseil départemental va désormais aider aux rachats de cabinets médicaux par la communes  de moins de 4000 habitants. Il prévoit également de participer au fonctionnement des Centres de Santé de médecine générale, ainsi qu’au fonctionnement du Guichet Unique.

A lire également : l'état des lieux de la santé d'après l'ARS en Charente-Maritime

Anne-Lise Durif

Photo: Pixnio

Publié le 27/10/2020

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