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Environnement

Alain Rousset prend la tête du « Parlement de l'eau » Adour-Garonne

Lac du Causse dans le département de la Corrèze

C'est non sans une certaine fierté, qu'Alain Rousset s'est exprimé à l'issue de la séance d'installation et de renouvellement du Comité du Basin Adour-Garonne, organisée ce lundi à Toulouse, au côté de son prédécesseur, Martin Malvy, du Préfet coordinateur de Bassin, Etienne Guyot, et de Guillaume Choisy, le directeur général de l'Agence de l'eau, véritable bras armé des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux élaborés par le comité en question. Un comité de bassin commun aux régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, aussi couramment désigné comme le « Parlement de l'eau ». Et ce n'est pas peu dire tant sur sa vocation, la protection de la ressource en eau, en qualité et en quantité, que sur représentativité.

« Autant comité d'action que comité d'anticipation », selon les mots de son nouveau Président, le comité de Bassin Adour-Garonne se distingue par sa composition très pluraliste des acteurs de l'eau. Y siègent à la fois, « les usagers, les acteurs du monde de la défense de l'environnement, ceux du monde économique, les acteurs agricoles et industriels puis les élus du territoires », liste Alain Rousset, heureux de cette nouvelle responsabilité.
Parmi les défis qui l'attendent, il cite, d'abord, la sobriété « il faut arrêter l 'artificialisation des sols, voire lancer une reconquête de la dé-imperméabilisation des sols », mais aussi la qualité de l'eau, question sur laquelle il sera « très attentif », ou encore « le reuse, avec des perspectives stimulantes autour des techniques de filtration, ou d'utilisation de l'ultra violet pour réutiliser les eaux usées ». Autres sujets à son programme, et avec lui du Comité dans son ensemble, la protection de la biodiversité, les zones humides, et la qualité de la faunes de nos rivières.

Sur la méthode, le nouveau président du « Parlement de l'eau », veut s'inspirer de la méthode... du président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine : « Il faut garder l'idée d'avancer sur ces questions avec un comité scientifique pour convaincre et renseigner sur le réchauffement climatique » et ses conséquences. Un appui sur le discours scientifique, comme une solution aussi selon lui, pour sortir de « l'animosité perpétuelle » entre les différents usages de l'eau.
Mais une fois dit cela, et poser les grandes ambitions, «  sanctuariser l'eau, trouver des solutions alternatives sur certains usage, ou encore conditionner la transition écologique par le biais de l'usage de l'eau », il faut aussi, autre devoir du mandat qui démarre, « accompagner les acteurs de l'eau » dans ces directions, souligne Alain Rousset.

Alain Rousset et Martin Malvy, président et président honoraire de l'Agence de l'Adour Adour Garonne

"Modifier le système des financements de l'eau"
Un mandat qui pour autant ne débute pas sur une table rase. « Deux SAGE ont été mis en place, un plan d'adaptation aux changements climatiques a été créé, de même qu'une entente sur l'eau ou une plate-forme des bonnes pratiques des usages de l'eau.... Le travail est immense, reconnaît le président sortant Martin Malvy, mais des jalons ont été posés ». S'il faudra se tourner vers l'innovation reconnaît-il volontiers à son successeur, « il ne faudra pas non plus oublier les vieilles pratiques, quitte à les remettre un peu au goût du jour », admet-il, avant d'inviter aussi à « aller voir ce qui se fait à l'extérieur » notamment sur la réutilisation des eaux usées et de citer le Japon, la Californie, la Grèce, ou encore la Suisse...

Autre dossier, et pas des moindre, qu'il lègue à Alain Rousset : « il faut parvenir à modifier le système des financements de l'eau ». Un dossier de défense du budget de l'Agence de l'Eau au long court, qui se joue à l'échelon national. « Le travail est de plus en plus lourd et varié », et évidement il ne se fait pas sans coûts. Simplement à titre d'exemple, « l'agence dépense chaque année 27 M€ pour suivre et financer les analyses sur la qualité de l'eau du bassin Adour-Garonne... », prévient-il. Bref, il faudra veiller à ce que l'Agence ait les moyens de ses indispensables ambitions.

Hormis son président c'est un comité largement renouvelé, à plus de 60%, qui a été installé ce 26 janvier pour les six prochaines année. En prime, une féminisation : le comité, qui partait de loin avec seulement 18 femmes dans ses rangs, en compte désormais 42, sur un total de 135 membres.

Solène Méric

Photo: Aqui.fr

Publié le 27/01/2021

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