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Société

Les associations étudiantes de Bordeaux Montaigne s’engagent contre la précarité

Petra Bernus, élue de l'association Onzième Thèse à l'Université Bordeaux Montaigne

Une dizaine d'associations étudiantes de l'Université Bordeaux Montaigne (UBM) ont réalisé une enquête au cours du mois de janvier sur plus de 4 700 étudiants. L’étude s’intéresse aux conditions de vie et d’études des étudiants des campus de Pessac, Bordeaux et Agen depuis la fermeture des universités, en octobre dernier. Le collectif d'associations à l'initiative de l'étude rassemble entre autres Onzième Thèse, l'UNEF Bordeaux, Solidaires étudiant.e.s Bordeaux, Étudiant.e.s mobilisé.e.s et Ré-union Montaigne.

L’étude a été présentée le jour de l’annonce des résultats du premier semestre, à l’Université Bordeaux Montaigne (UBM). « Ce sont les étudiants qui ont pris la main sur cette étude, nous – la présidence et le corps enseignant – les y avons aidés, sur la diffusion notamment en transmettant le formulaire à nos 18 000 étudiants », affirme Lionel Larré, président de l’UBM. Ainsi, 4730 jeunes des trois campus de l’université (Pessac, Place Renaudel à Bordeaux et Agen) ont répondu à cette enquête sur les conditions de vie des étudiants.

« Nous sommes partis du principe que la crise sanitaire et économique a dégradé les conditions de vie des étudiants, tout en créant des tensions sur le marché du travail », avance Petra Bernus, élue de l’association étudiante Onzième Thèse à la commission de la formation et de la vie universitaire de Bordeaux Montaigne.

La jeune femme s’attelle ensuite à la restitution des résultats de l’étude. On y apprend notamment que plus d’un quart des répondants a passé le second confinement seul.e.s dans son logement (27%) ou dans la rue (1%). L’enquête révèle également que près de 10% des sondés ne pouvaient se nourrir correctement et 12% n’arrivaient pas à payer leurs loyers. « Dans l’ensemble, la crise marque la fin de l’illusion de la réussite par le travail. Ceux qui s’en sortent le mieux sont issus des milieux les plus favorisés, quand les plus précaires galèrent à remplir leurs frigos », reprend Petra Bernus.

Une situation psychologique bancale

Outre les problèmes liés à des difficultés financières ou matérielles pour le suivi des cours, l’enquête des étudiants de Bordeaux Montaigne concernait également la santé psychique des étudiants. Sur ce même volet, l'enquête rend compte d'une situation inquiétante. Sur la totalité des sondés, seuls 18% se disent motivés à poursuivre leurs cursus. A contrario, 59% des répondants disent « tenir le cap difficilement », 15% sont à la limite du décrochage et 7% se disent « proches du burn out ». « Notre enquête n’est pas la seule à démontrer que la santé mentale des jeunes est au plus bas », reprend Petra Bernus. L’étudiante s’appuie sur une étude, publiée par Santé Publique France le 2 février, qui affirme que 30% des 18-25 ans sont en dépression.

Afin de soulager les étudiants, l’État a annoncé la mise en place d’un « chèque psy », pour permettre aux étudiants en situation de mal-être de consulter un psychologue ou un psychiatre dans leurs établissements. Cette mesure ne suffit pas, pour Jahan Lutz, étudiant en philosophie à Bordeaux Montaigne. « L’accompagnement psychologique est quasi-inexistant à la fac. Ce ne sont pas quelques effets d’annonces et trois consultations offertes qui vont nous soulager », affirme-t-il. Ces carences, le président de l’Université Bordeaux Montaigne ne les cache pas. « L’accompagnement psychologique est insuffisant, faute de moyens humains et financiers, regrette Lionel Larré. Nous n’en sommes pas comme à Lyon, avec 3 psychologues pour 30 000 étudiants, mais pas loin ».

« L’enquête est une première étape »

Les étudiants de Bordeaux Montaigne ayant mené l’enquête sur les conditions de vie de leurs camarades l’assurent, « cette étude n’est qu’une première étape ». Les sondés ont d’ailleurs eu la possibilité de faire des propositions pour résoudre, ou amenuiser les effets de la crise sanitaire sur leurs études. Parmi ces idées, plusieurs font consensus au sein des étudiants : l’annulation des stages pour les troisième années, l’abaissement du seuil de validation du semestre à 8 sur 20 au lieu de 10, voire la validation automatique du premier semestre. Cette dernière mesure, abordée au Conseil d’Administration de l’Université Bordeaux Montaigne a été écartée par la direction.

Outre l’enquête, Petra Bernus et ses camarades ont d’autres initiatives en tête, parmi elles, les comités de lutte contre la précarité. « Cela va se matérialiser sous forme de rencontres et d’actions solidaires », affirme Jahan Lutz. Parmi ces initiatives, les étudiants organisent un repas solidaire à l’Université Bordeaux Montaigne le 9 mars prochain, dans le cadre d’une « journée contre la précarité étudiante ».

Yoan Denéchau

Photo: YD

Publié le 17/02/2021

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