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Politique

La grande histoire d'Adour entre Jean Grenet et Bayonne

Jean Grenet - Remise de la Légion d'honneur

"Il avait Bayonne chevillée au corps" a dit de lui son successeur Jean-René Etchegaray en apprenant ce matin la mort de Jean Grenet. Qui illustre la totale histoire d'amour d'un maire pour sa ville. Député, conseiller régional et départemental, Jean, comme les Bayonnais l'appelaient, c'était aussi une histoire d'Adour, son paradis bleu. L'entreprise Grenet Père et fils aura tracé un sillon inoubliable dans la prestigieuse sous préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Pour une fois, Bayonne ne fait pas la fête, mais pleure un amour perdu.

 La nouvelle était redoutée depuis quelque temps, Jean Grenet, 81 ans,  maire de Bayonne de 1995 à 2014 est décédé en ce mardi matin à son domicile. Un bail de dix-neuf ans -trois mandats- entrepris quand son père, Henri, a effectué sa despedida. Utiliser ce jour le terme "ancien maire de Bayonne" serait presque insultant à l'égard de ce chirurgien -comme son père- qui a tracé si profondément le sillon de l'Histoire de sa ville. En ciel et blanc, quand il s'agissait d'aller au "pattiack" derrière l'Aviron, en rouge et blanc quand Bayoune ou Baiona, -c'est selon sur les bords de l'Adour-  partageait l'ivresse de la fête. Sans oublier avocat bouillant de la corrida, - il fut président de l'Union des villes taurines- car l'homme aimait se retrouver seul face à tous les défis. Et ils n'ont pas manqué. 
 
Première apparition dans les responsabilités politiques. Au sein du Conseil général -devenu départemental- des Pyrénées-Atlantiques en 1992, quand il prend la suite de son père, sous une étiquette UDF avant d'adhérer au Parti radical valoisien. Il fut conseiller régional d'Aquitaine, de 1998 à 2004; député RPR de 1995 à 2012, il a suppléé Alain Lamassoure quand celui-ci était au gouvernement.  Enfin il a présidé pendant sept ans la Communauté d’agglomération Côte basque Adour.
 
"Tout a une fin, je pars très serein" dira-t-il dans son discours d'adieu
 
  Rénovation du centre ville, retour des halles en son coeur, développement du secteur hospitalier, campus de la Nive en 2008, transformation de la ZUP des Hauts de Sainte Croix en 2008, installation d'Ikea en 2013. Parfois avec des vents contraires.  Avec sa devise: "ne pas faire de l’adversaire un ennemi!"
 
La dernière intervention de Jean Grenet en la Nouvelle agglomération, ex District BAB pour lesquels père et fils ont tant œuvré, s'est produite quand il a passé le relais à Jean-René Etchegaray.  Nombre d'observateurs non formatés, auront toujours apprécié le franc parler de Jean qui ne mettait pas de gants, à des années lumière de la langue de bois, "polissée", apprise avec zèle et application par certains de ses amis ou adversaires politiques.
Un investissement qui lui vaudra d'être décoré de la Légion d'honneur par le préfet Pierre André Durand (notre photo). En présence de son épouse Annabelle et son petit fils Antoine.
En revanche, la lignée politique de la famille s'arrêtera. Ses enfants choisiront d'autres terrains. Comme François qui optera pour les Girondins de Bordeaux.....
 
"Tout a une fin, je pars très serein. Très sincèrement, je vous demande les uns et les autres de penser à Bayonne, aux Bayonnaises et aux Bayonnais et uniquement à ça!" seront ses derniers mots publics.
 
Peut-être un jour, quelqu'un aura l'idée lumineuse de baptiser le Centre hospitalier de Bayonne et de la Côte basque sans arrogance mais avec reconnaissance,  "Grenet".
En attendant, en cette journée printanière Bayonne n'a pas le coeur à la Fête, mais pleure assurément un amour perdu. Surtout quand il aura atteint un tel degré de réciprocité.
Jean Grenet Maire radical de Bayonne ne briguera pas un 4ème mandat
 
 Du Nord au Sud, un hommage unanime
 
Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.- « C’est avec grande tristesse que j’ai appris la disparition de Jean Grenet. Il s’est éteint là où il avait vu le jour, à Bayonne, dans cette ville qui lui doit tant – et qui a fini par lui ressembler. Du centre-ville piéton à la diffusion de la culture, Jean Grenet a été un maire visionnaire et attentif, dans les pas de son père. Bien qu’issus de partis politiques différents, nous n’avons jamais cessé de discuter et nous écouter. Grand amoureux de son territoire, membre éminent de notre assemblée régionale (de 1998 à 2004), j’ai toujours trouvé en lui à la fois un partenaire de premier plan et un ambassadeur passionné et passionnant de notre art de vivre. Lors de son mandat de conseiller régional, j’ai pu apprécier son sens de l’intérêt public qui le plaçait au-dessus de toute appartenance politique, nous permettant de converger sur des nombreux dossiers. Cet ardent supporter de l’Aviron Bayonnais faisait sien l’adage de l’ovalie : ne pas faire de l’adversaire un ennemi, en cela, nous nous sommes parfaitement trouvés. En ce jour triste, je garde donc ce souvenir humain, républicain et régional. Il était l’homme d’une ville, d’une région et d’un temps qui me sont chers. Mais il était d’abord un ami. J’adresse mes pensées les plus émues, et celles de l’ensemble du Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine, à la famille et aux proches de Jean Grenet ».
 
Alain Lamassoure, ancien député, ministre des affaires européenne, ancien maire d'Anglet et député européen.- "Avec Jean Grenet, je perds un frère en politique et un ami très rare. Sa forte personnalité, son franc-parler inimitable, son enracinement local unique, sa passion de l’avenir, l’attachement atavique à l’intérêt général que lui avait transmis Henri Grenet l’ont identifié à sa ville et à une belle page de l’histoire du Pays basque."
Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental des Pyrénées Atlantiques.-« C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la disparition de Jean Grenet. J’ai véritablement apprécié l’homme et les relations que nous avons su tisser tout au long des ans.Il était formidablement attaché à Bayonne qu’il a su gérer avec lucidité et courage comme l’ensemble des combats menés tout au long de sa vie. Jean Grenet était un bâtisseur à qui l’on doit la physionomie et le visage du Bayonne que nous connaissons aujourd’hui. Il a réussi à donner à Bayonne le caractère qu’il souhaitait. Il en a fait un carrefour géographique, culturel et sportif ; un lieu de rassemblement recherché. Amoureux de sa ville, il laisse un important héritage aux bayonnaises et bayonnais. Aujourd’hui, je tiens à adresser, en mon nom et au nom du Conseil départemental, mes plus sincères condoléances à son épouse, sa famille et ses proches. »
 
 Sandrine Derville (vice présidente du Conseil régional et conseillère municipale d'opposition à Anglet).- Tristesse et émotion. Au-delà des divergences politiques, j’ai un immense respect pour Jean Grenet qui aura été un très grand maire de Bayonne, qu’il aimait passionnément et qu’il a marqué de son empreinte. 
 
Jean-René Etchegaray (maire de Byonne et président de la Communauté Pays basque).-
Le Docteur Jean Grenet vient de nous quitter. Vive émotion et immense tristesse. Une grande perte pour notre ville et les Bayonnais. Il avait Bayonne chevillée au corps. Fier d’avoir été à ses côtés dans la recherche du bien commun.
 
Sylvie Durruty, conseillère régionale, vice présidente de la Communauté d'agglomération et première adjointe au maire de Bayonne a été l'élève politique et la femme de confiance de Jean Grenet pour le développement hospitalier de la ville. Ce qui l'avait conduit à devenir présidente du Conseil de surveillance du Centre hospitalier de Bayonne. Son témoignage illustre le personnage qu'était Jean Grenet.
"Votre départ est pour Bayonne et pour beaucoup de bayonnaises et de Bayonnais une très triste nouvelle . Pour moi, même si nous nous y attendions, c’est un véritable déchirement .
Vous respiriez notre ville comme aucun d’entre nous n’est capable de le faire aujourd’hui : connaissant, maîtrisant les dossiers dans leur menu détail, aimant Bayonne et les bayonnais sans limite .
Comment oublier vos mots d’encouragement, vos reproches parfois, vos conseils avisés et aussi vos « coups de gueule » ...
Vos SMS aussi sur ce que vous considériez ne pas être les meilleurs choix... toujours sans détour, souvent juste dans votre analyse. Mais, aussi toujours avec bienveillance, gentillesse et amitié... "
 
Claude Olive (maire d'Anglet).- Je viens d’apprendre avec beaucoup de tristesse le décès de Jean Grenet survenu à l’âge de 81 ans. Maire de Bayonne de 1995 à 2014, ancien Président de l’agglomération et ancien Député de la 5ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques, Jean Grenet aura marqué de son empreinte Bayonne et le Pays basque.
Je perds aujourd’hui un ami dont les précieux conseils auront guidé mon parcours politique. J’adresse toutes mes condoléances à sa femme Annabelle, à ses enfants et à tous les Bayonnais qui doivent se sentir un peu orphelins.

Maïder Arosteguy (maire de Biarritz).-
 "Il fut ce qu'on peut appeler un grand monsieur. Proche, des gens, sa ville Bayonne chevillée à l'âme. Il avait discrètement mais efficacement accompagné mes premiers pas en politique, jamais avare de conseils et d'attention. Je suis bouleversée par sa disparition et j'adresse à son épouse Annabelle, à sa famille, ses amis, , à tous les bayonnais, mes plus sincères condoléances. Repose en paix très cher Jean.
 
Max Brisson (sénateur des Pyrénées atlantiques).- « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris ce matin de la bouche du maire de Bayonne le décès de mon ami, Jean Grenet. Je retiens nos combats pour le Pays Basque. Nous les avons menés ensemble à la Région. Je retiendrai cet ardent défenseur de sa ville. Je soulignerai son combat pour l’université à Bayonne sur les bords de la Nive. Aujourd’hui, nos joutes rugbystiques vont me manquer. Son sang était Bleu. Le mien est Rouge. Notre amitié et notre engagement pour le Pays Basque et son développement étaient sincères. »

Félix Dufour

Photo: DR

Publié le 23/02/2021

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