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Société

Avec un risque comparable à la Gironde, la Dordogne en prévention incendie

Le préfet dialogue avec les responsables du SDIS dans le centre opérationnel

Après un mois de juillet particulièrement sec et un printemps où la pluie a manqué, la Dordogne, qui se trouve au troisième rang des départements les plus boisés de France, fait face à un risque d’incendie important, bien que redescendu à un niveau modéré. La pluie n’étant pas attendue durant les quinze prochains jours, la « vigilance » reste de mise rappellent le préfet et le Sdis 24.

Au cours des deux dernières semaines, les pompiers de Dordogne sont intervenus pour 67 départs de feux. A chaque fois, en milieu naturel dans des forêts ou dans des champs. Cela fait un peu plus de cinq par jour sur la période du 11 au 24 juillet dernier.  Le plus grand de ces incendies a détruit sept hectares de broussailles à Saint-Jean-de-Cole.

Le département de la Dordogne est le troisième le plus boisé de l'Hexagone :  il y a 400.000 hectares de forêt et 99% de ces forêts appartiennent à des propriétaires privés. Certains ne les entretiennent pas et ces forêts sont plus à risque. "Nous sommes en Dordogne dans une problématique assez proche de celle du département de la Gironde. Heureusement,  nous n'avons pas enregistré de grand feu pour le moment. Mais entre le 11 et le 24 juillet, sur les 67 interventions départ de feu, 23 ont concerné des espaces boisés. Tous les jours, en ce moment, il y a un départ de feu", explique le préfet, Jean-Sébastien Lamontagne.

Les incendies les plus importants se sont déclarés lorsque la Dordogne était placée en risque sévère, durant les périodes de fortes chaleurs, après le week-end du 14 juillet. La seule journée du 18 juillet a été marquée par 17 départs de feux. "La Dordogne a toujours été classée, entre le troisième et le septième département sur le nombre de départs de feux", rappelle le lieutenant-colonel Christophe Magnanou, chef du groupement des services opérationnels au Sdis 24.

Neuf incendies sur dix seraient évitables

Le préfet a rappelé que « 90 % des feux en milieu naturel » étaient d’origine humaine, liés à « une imprudence, de la négligence, voire de la malveillance ». Pour les Sapeurs pompiers et la gendarmerie, neuf incendies sur dix seraient donc « évitables », avec un comportement adapté.

Sur les 23 feux de forêt qui ont eu lieu depuis le 12 juillet, un a été causé par un feu de camp qui n'a pas été maîtrisé. Sur les 67 départs de feux de ces quinze derniers jours, trois sont suspects. Les gendarmes ont ouvert trois enquêtes pour déterminer avec exactitude l'origine de ces incendies. Un incendie même involontaire peut vous amener devant les tribunaux. Selon le lieutenant-colonel de la gendarmerie, Jean-Luc Péreau, un incendie volontaire peut-être puni de dix ans de prison et jusqu'à 150.000 euros d'amende, tandis qu'un incendie involontaire fait encourir une peine de prison d'un an et 15.000 euros d'amende.

Les équipes du Service départemental d’incendie et de secours évaluent chaque matin, avec les prévisions météorologiques, le degré de risque de feux de forêt en tenant compte d’indicateurs comme le vent, le taux d ’humidité et l'indice sécheresse. « Nous adaptons alors notre réponse opérationnelle. Cela se traduit par des gardes en caserne, on peut déployer des véhicules sur des zones précises présentant un risque sévère », a détaillé Christophe Magnanou. Le cas échéant, Horus, l’avion de reconnaissance, avec à bord un sapeur pompier, décolle pour surveiller l’ensemble du Périgord. La Dordogne compte 1 500 pompiers dont 236 professionnels et 60 engins dédiés aux feux de forêt.

Les bons gestes à adopter

Les Sapeurs Pompiers et la gendarmerie rappelent les règles de bonne conduite pour éviter les incendies de forêt : ne pas fumer, ne pas jeter un mégot par la vitre de son véhicule, ne pas organiser de barbecue ou de feu de camp en forêt ou en lisière d'un espace boisé, ne pas tirer de feux d'artifices, par ailleurs soumis à une obligation de déclaration en préfecture. En cas de départ de feu, l'alerte précoce est très importante : en cas de fumée suspecte, il faut appeler le 18 ou le 112 et indiquer une localisation précise (lieu dit, point GPS). La principale difficulté demeure l'accès aux massifs forestiers.

Les propriétaires de la forêt périgourdine sont invités à débroussailler, à entretenir leurs parcelles. Autre élément de lutte, les pistes DFCI  (défense de lutte contre les incendies). Elles sont présentes sur la plupart des grands massifs forestiers de la Dordogne. Le maillage est jugé correct par les Sapeurs pompiers. Mais les collectivités ont la possibilité d'en créer de nouvelles : des aides existent pour les communes.

Claude-Hélène Yvard

Photo: Claude-Hélène Yvard

Publié le 29/07/2022

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