Politique - Aqui.fr - L'autre façon de partager l'information en Aquitaine
 
       
La Lettre électronique d'aqui.fr
Abonnez-vous gratuitement à la lettre électronique d'aqui.fr pour recevoir chaque semaine, l'essentiel de l'actualité d'Aquitaine.

Gros plan sur Hauts de Garonne
Comment refaire la ville ?

Sur O2RADIO, débat d'actualité : le nouveau pont de Bordeaux comme trait d'union avec le GPV

proprietes-rurales.com
Michel Queyraud Coach - queyraud-coach.com

Interview : Alain Juppé : ma stratégie de développement pour Bordeaux

Alain Juppé, interviewé par Joël Aubert Et l'économie dans tout cela ? Quels sont les projets des deux têtes d'affiche de l'élection municipale bordelaise? A quoi pensent-ils? Qu'ont-ils dans leur carton? En un mot quelle est leur stratégie de développement pour créer des activités, de l'emploi à un moment où le sort de Ford inquiète au plus haut point et où une entreprise bordelaise comme Marie Brizard regarde vers d'autres cieux. Aqui! a posé toutes ces questions et quelques autres à Alain Juppé puis à Alain Rousset. Le maire de Bordeaux dont nous publions, ici, l'interview affiche sa détermination sur un terrain où son concurrent aime à cultiver sa différence.

@qui! : On entend dire et on dit, volontiers, qu’ Alain Juppé s’est occupé de Bordeaux, l’a réveillée mais qu' il ne s’est pas autant occupé qu’il aurait fallu de Bordeaux en Aquitaine, de l’Aquitaine même..

Alain Juppé : Un petit point d’histoire d’abord. Quand certains disent que je ne me suis pas assez occupé de la région je vous donne quelques contre-exemples.
Premier contre exemple : quel est le premier ministre qui a décidé de l’implantation définitive du Laser Mégajoule au Barp ? C’est, en décembre 1995, Alain Juppé. Deuxième contre-exemple: j’avais fait inscrire, toujours quand j’étais à Matignon, la réalisation de Bordeaux-Pau au schéma autoroutier national; c’était fait mi-97. Arrivent M. Jospin et son ministre des transports, M. Gayssot : on arrête Bordeaux-Pau parce qu’il ne faut plus faire d’autoroute ; résultat : on perd cinq ans. Aujourd’hui, ça y est, la concession est attribuée et on devrait démarrer les travaux dans les semaines qui viennent. Ils ont déjà démarré autour d’Aire sur l’Adour.
Troisième contre-exemple: la LGV Paris-Bordeaux-Espagne: quel est le CIADT, le Comité d’aménagement du territoire, qui a véritablement béni le projet et l’a lancé ? C’est un Comité qui s’est tenu à Poitiers sous la présidence de Jean-Pierre Raffarin: j’étais présent et le premier ministre a bien insisté sur le rôle que j’avais joué. Tout cela pour dire qu’il n’est pas exact que je n’ai pas pesé, de tout mon poids, pour accélérer les choses. Je vous rappelle que j’avais fait scandale en disant, en 1995, quand j’ai été élu : l’Aquitaine a trente ans de retard en matière d’infrastructures.

LGV Bordeaux-Angoulême: mon appel au gouvernement

@! : Sur La LGV vous pensez que l’on tiendra le calendrier ?
A.J.
: Je suis inquiet et je viens de lancer un appel au gouvernement. On a choisi les trois entreprises qui vont être consultées pour Angoulême Bordeaux :Bouygues, Eiffage, Vinci. Il faut lancer la consultation ; or ça traîne. Et j’ai des raisons de penser qu’il y a un arbitrage, à Matignon, un peu difficile. D’abord, parce qu’il y a un conflit entre RFF et SNCF sur le montant des péages. La SNCF ne veut pas payer le péage élevé pour garder des marges considérables. La SNCF a 27% de marges sur le trafic TGV et RFF veut avoir un péage élevé pour baisser la part des collectivités publiques dans le financement de l’opération. Et, il y a un deuxième blocage, c’est le désaccord entre les collectivités territoriales de Poitou-Charentes.

@! : La présidente, notamment ne veut pas concourir au financement…
A.J. : Pour être tout à fait objectif il y a aussi des présidents de conseils généraux de mes amis, en Charente-Maritime par exemple, qui ne veulent pas non plus. Et c’est pour cela que j’ai lancé cet appel vigoureux au gouvernement, en l’occurrence à Dominique Bussereau, le secrétaire d’Etat aux transports.

La rocade à 3 voies : trouver 200 millions

@! : A l’heure où le trafic poids lourds ne cesse de croître, tandis que le grand contournement est abandonné, comment se fait-il, qu’à ce jour, on n’ait toujours pas réussi à réaliser une deux fois trois voies dans la traversée des Landes ?
A.J. :
La deux fois trois voies dans les Landes, ce n’est pas un problème Juppé ; c’est un problème Emmanuelli. Pour ma part, il y a un dossier sur lequel je me suis beaucoup investi; c’est celui de la rocade à deux fois trois voies. Et comme je l’ai rappelé, ces jours-ci, en présence de Michel Sainte-Marie, le maire de Mérignac qui opinait, c’est moi qui ai obtenu de Dominique de Villepin, il y a un un peu plus d’un an, 32 millions d’euros pour commencer à amorcer les travaux. Et s’ils vont débuter, sur la bande d’arrêt d’urgence à Mérignac, contribuant à fluidifier l’accès aux échangeurs cela résulte de cette décision. Il faut passer à la phase ultérieure et trouver 200 millions d’’euros pour réaliser la mise à deux fois trois voies, entre la sortie vers Bayonne et le Pont d’Aquitaine.

Le grand contournement: pourquoi il faut choisir le ferroviaire

@! : Autre dossier d’importance après le renoncement à la réalisation d’un grand contournement autoroutier de Bordeaux, le développement du trafic ferroviaire de fret.
A.J. :
A ma surprise, le monde du vin et de l’entreprise me disent maintenant : il faut le grand contournement. Je leurs dis : bravo ! Donnez moi le tracé. Sur ce dossier, j’ai évolué. Incontestablement. D’abord, pour des raisons urbanistiques: il y avait quand même un grand risque, au fur et à mesure que le projet a évolué, que ça ne ça ne devienne une super rocade de Bordeaux avec tous les risques d’étalement urbain. Ensuite, il y a la dimension écologique : il faut absolument arriver à inverser la tendance et réussir un transfert modal de la route sur le rail. Pour ça, il faut s’en donner les moyens. Le premier d’entre eux, c’est la taxe poids lourds. Mme KociusKo-Morizet, lorsqu’elle est venue, ici, il y a quelques jours a dit que le gouvernement allait le faire. Et, à ma grande surprise, dans une réunion une représentante d’une entreprise de logistique m’a dit: on est prêts sous certaines conditions, par exemple traiter différemment le trafic interrégional et le trafic international.
Les Allemands viennent de le faire, et tout le trafic de l’Allemagne passe par l’Alsace. Il faut absolument faire une taxe poids lourds et, en même temps, prendre des mesures pour que la SNCF assume sa responsabilité en matière de fret ferroviaire. Et si elle ne le fait pas, peut-être que la concurrence nous y aidera; peut être que les chemins de fer allemands ou anglais vont s’y mettre. il faut faire une autoroute ferroviaire sur la côte atlantique, ça fait partie du Grenelle de l’Environnement. J’ajoute : pensons à un grand contournement ferroviaire, ce qui est une idée que RFF a lancée pour désengorger la gare Saint-Jean du trafic fret qui n’a rien à y faire.

Mon grand projet Euratlantique

@! : Et la traversée centrale des Pyrénées dont on parle toujours et pour laquelle Bruxelles finance des études ?
A.J. : J
e suis un peu sceptique. Je pense que la priorité c’est la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, Hendaye et l’Y basque Les gens des Pyrénées-Atlantiques se sont mis d’accord ; il faut absolument pousser ce projet. Les Espagnols avancent. A échéance de 15-20 ans Bordeaux sera au centre d’une toile de TGV extraordinaire : à 2 heures de Paris, 1 heure de Toulouse, 1heure et demie de Bilbao et 3h1/2 de Madrid : le Bordeaux enclavé, adossé aux Pyrénées, cul de sac, c’est fini. D’où mon grand projet, que j’appelle maintenant « Euratlantique ». C’est à dire le grand centre d’affaires européen, autour de la gare.

@! : Comment le définissez-vous, aujourd’hui ?
A.J. :
Nous avons beaucoup avancé depuis deux ans. J’ai demandé, à plusieurs reprises, que le comité de pilotage se réunisse. Pour lancer le mouvement, la ville a sollicité une étude en s’adressant au bureau TGT. Nous avons fait un accord avec la Communauté Urbaine de Bordeaux ; elle a participé au financement. Donc, on a eu un premier débroussaillage. Ensuite, la CUB s’est un peu réveillée et a lancé ses propres études. L’agence d’urbanisme, « A-urba » a fait les siennes. La CUB s’est adressée à Ernst and Young pour valider la faisabilité économique du projet. Nous avons eu le rendu il y a un mois. La réponse est oui. Ernst and Young a consulté les investisseurs potentiels, les opérateurs. Ils répondent : « oui, il y a place à Bordeaux pour un centre d ’affaires de tertiaire supérieur de 200 à 250.000 m2 avec un potentiel de 10 à 15.000 emplois. Voilà : maintenant il faut mettre toutes ses études en cohérence, y compris avec la ville de Bègles. Il y a, également, l’agrandissement possible de la gare. Ce projet est donc considérable et compliqué, mais pas plus compliqué que « La Pardieu » à Lyon ou « Euralille » ou « Euroméditerrannée ». Et moi, ce qui me soucie, maintenant, c’est le mode opératoire.

Se mettre d'accord dès les élections passées

@! : C’est à dire comment faire avancer ce projet ?
A.J. : Ìl faut qu‘on monte une structure qui lui soit dédiée. J’avais suggéré, et je suis prêt à en discuter, que l’on en fasse une « OIN », une Opération d’Intérêt National. C’est ce qui a été fait à Marseille avec EuroMediterranée. C’est un établissement public dans lequel l’Etat reprend, certes, un peu la main puisque c’est lui qui délivre, par exemple, les permis de construire. Vincent Feltesse, le président de la CUB, à qui j’en ai parlé, n’y est pas fondamentalement hostile. L’autre solution, c’est une société d’économie mixte d’aménagement, comme Lyon l’a fait pour aménager ses grands terrains qui s’appellent Confluences.
Il faut, dès les élections passées, qu’on se mettre d’accord sur le mode opératoire. Dans l’immédiat, j’ai convaincu Feltesse qui d’ailleurs m’avait fait récemment une proposition en ce sens. Il faut nommer un patron, un pilote. Un chef de projet qui soit une grosse pointure; type ingénieur des Ponts ou un Préfet qui ait l’habitude des ses opérations d’aménagement. Nous allons saisir, Feltesse et moi, Jean-Louis Borloo pour que l’on désigne quelqu’un qui ait une expérience opérationnelle; il sera le chef de projet. Parce que si nous voulons traiter ce dossier en régie, avec les services de la CUB, on n’y arrivera pas . Ce n’est pas qu’ils ne sont pas bons; ils sont absolument surchargés. Ils n y arriveront pas.
@! : Vous voulez donc incarner le projet.
A. J. : Absolument ; il nous faut un Monsieur ou une Madame « Euratlantique ».

On ne parle jamais des emplois de centres d'appels

@! : Quand, par ailleurs, vous considérez la situation de Ford à Blanquefort, une grande entreprise internationale, mais aussi celle d’une PME historique de Bordeaux comme Marie Brizard,qui délocalise son siège social, est ce que vous diriez que c’est la fin de l’industrie dans l’agglomération ?
A.J. : Non je ne dirais pas cela, mais il s’est passé quelque chose depuis les années 70, le temps de Chaban. Cela s’appelle la mondialisation et ça change tout. A part Toyota à Valenciennes, il y a quelques années, qui fut un coup sans répétition, les grandes implantations de l’industrie traditionnelle ne sont plus le levier de développement. Ce n’est pas la peine de fantasmer sur une autre implantation du type Ford, mais je ne dis pas pour autant qu’il faut fermer l’usine actuelle. Il faut trouver autre chose; et c’est, évidemment, l’innovation, la recherche, les technologies innovantes, l’économie créative. Telle est la vocation de Bordeaux intra-muros et de l’agglomération bordelaise. C’est cette carte qu’il faut jouer. Ce ne sont pas toujours des emplois de haut niveau ; je pense en particulier aux centres d’appels. Mais ils sont bien là.
On se lamente, non sans raison, parce qu’il y a 2 à 3000 emplois qui risquent de disparaître mais on ne parle jamais des 3000 à 4000 emplois de centre d’appels qui se sont installés à Bordeaux depuis 10 ans. Nous avons, par exemple, Laser Contact sur les quais que je viens de visiter; il y a 300 emplois sur 1800m2 et ils sont prêts à augmenter leur effectif de 50% sur le site et à créer 150 emplois supplémentaires. C’est plutôt dans ces eaux-là qu’il faut travailler et améliorer l’accessibilité de la ville en complément de l’aéroport du port des infrastructures qui y arrivent.

Accueil aux entreprises: boostons le BRA

@! : Justement, les entreprises comment faciliter leur venue ?
A.J. :
D’abord il faut une structure d’accueil et nous l’avons pour accueillir les PME. Nous disposons du Bureau de Recherche et d’Accueil, le BRA. J’ai été un peu sévère avec cet organisme et son directeur, M.Ghilardi de Benedetti, je lui ai dit naguère. Je le suis moins, aujourd’hui, car les entreprises qui arrivent à bordeaux me disent : c’est formidable on a un vrai guichet unique. Donc il faut « booster » le BRA; j’étais très inquiet quand j’ai vu que la Chambre de Commerce et d’industrie de Bordeaux commençait à vouloir s’en désengager. Heureusement, elle a fait marche arrière. Ensuite il faut des sites d’accueil; aujourd’hui nous en manquons. Pour les activités innovantes, les activités de tertiaire supérieur.

@! : Alain Rousset faisait remarquer, il y a peu, que des sites étaient occupés par de l’immobilier dont la nécessité ne semblait pas évidente...

A.J. : Où ? C’est sidérant ; j’ai réuni les professionnels de l’immobilier d’entreprise il y a un mois. Une vingtaine ; ils font remarquer qu’aujourd’hui quand on veut trouver 2.000 à 3000m2 de bureaux, il en manque. Kalisto a disparu mais il y a beaucoup de jeunes qui y travaillaient qui ont crée leur entreprise. J’ai visité, à la Cité Mondiale, une entreprise qui fait des jeux vidéo ; ils sont 50 ingénieurs de haut niveau. C’est ça les bureaux dont parle M. Rousset ? Et ces promoteurs de l’économie d’entreprise me disaient : « on n ‘a plus de bureaux. » Aujourd’hui, on perd des implantations qui partent à St Médard en Jalles ,à Nantes ou à Marseille parce qu’on n’est pas capable de les accueillir.


@! : Comment remédier alors à cette situation?
A.J. : J’ai des propositions à faire :
- Premièrement, lancer Euratlantique. Dans les 4 à 5 ans qui viennent on peut y faire une première tranche de 30 à 40.000m2.
- Deuxièmement, débloquer les opérations d’aménagement : toutes les opérations d’aménagement urbain n’ont hélas pas bougé d’un mètre depuis 2004, du fait de l’incapacité des dirigeants de la Communauté Urbaine à prendre des décisions. Il y en a 5 ou 6, majeures, où on va construire des milliers de logements. La Berge du Lac prête à démarrer: on me bloque çà depuis six mois, parce qu’il y a 5000 m2 de commerce trop, parce que ça coûte 500.000 euros de trop. Il faut débloquer cette opération. Il va y avoir un test: est-ce que la création de cette Zone d’Aménagement Concertée, cette ZAC, va passer au Conseil de Communauté Urbaine de février ? Ce sera un test de la volonté de la CUB de faire avancer les choses. La ZAC de Blanquefort, elle, est sortie : pourquoi pas celle du Lac ? Quant au bassins à flot j’ai accepté que l’on réduise la taille de la ZAC.
.La troisième opération à lancer c’est Bastide-Niel : 280.000m2 de surface négociée au couteau avec l’Etat. Il a fallu que j’aille jusque dans le bureau de Villepin pour lui dire : « nous ne paierons pas 200 euros le m2. Il faut que vous nous vendiez cela à un prix qui permette de faire du logement social. » J’ai gagné puisqu’on est descendu à 100 euros.

Je n’oublie pas, non plus, La Benauge et tout le quartier autour de la gare. J’ai évoqué le projet Euratlantique mais il y a aussi l‘îlot d’Armagnac. Tout ça, c’est pratiquement 10.000 logements. Et c’est la seule façon dont on pourra se mettre en conformité avec la loi SRU ; il faut au moins créer un tiers de logements sociaux, c’est à dire 3500. Il faut que ces quartiers soient, non seulement des quartiers de mixité sociale mais aussi des quartiers de mixité fonctionnelle; que l’on y trouve emplois et logements. Dans ces quartiers, il faut prévoir des mètres carrés d’activité ; le cas échéant celles-ci peuvent être, aussi, de caractère industriel comme c’est le cas avec les activités nautiques au Bassins à flots.

Ma "Garonne Valley"...

@! : Et les quais ? Et l’ancien quartier des Chartrons, du négoce ?
A.J. : Ce site c’est presque ma « Garonne Valley » : entre les Hangars des quais et la galerie des Chartrons. Là, on a presque 10.000 m2 qui peuvent servir d’accueil dans les prochains mois à des PMI innovantes, aux entreprises des TIC. Entre la rue du Faubourg des arts et les quais, dans les anciens chais Deluze, où je voulais faire le centre du vin que je n’ai pas pu faire, il y a 8.000m2 prêts à démarrer. Clés en main. On a dans le collimateur une résidence hotelière et un centre d’appels. Et c’est surtout, là, que je veux faire une pépinière d’entreprises. Les locaux sont extraordinaires, ils sont prêts ; ce sont des cellules bien desservies et qui donnent sur une galerie magnifique. La Chambre de commerce est prête à m’accompagner. Je vais donc lancer la réalisation d’une pépinière dédiée aux technologies de l’information, du développement durable.

@! : Est-ce à dire que ce quartier, après une orientation commerciale sur les quais notamment, doit connaître une mutation ?
A.J. : Vous savez, dans les hangars des quais on a commis quelques erreurs, au départ. Et notamment, j’avais fixé une règle, qui voulait que la majorité de ces locaux soient occupés par des commerces. On a vu que la première vague a échoué. Peut être que l’opérateur n’était pas bon. Mais on me dit, aussi, que dans les commerces, les premiers étages, ça ne marche pas. Et, donc il faut garder les commerces au rez de chaussée et faire, des étages de ces hangars, des locaux d’activité. C’est ce que nous allons essayer de faire avec l’extension, en particulier, de Laser Contact, qui devrait, là, s’étendre sur 1500 m2. Vous voyez qu’il y a beaucoup de locaux. Il faut aussi renforcer les sites existants. La zone franche a encore de la place.

On étend Bordeaux Nord au delà de ses limites habituelles. Il y a évidemment Bordeaux-Lac, avec des clubs d’entreprises, très vigoureux. Il y a 10 000 emplois dans ce secteur : le club d’entreprises de Bordeaux lac, de Bordeaux Nord et le club d’entreprises de la ZFU sont des entreprises partenaires, pour nous extrêmement efficaces.

Le commerce du centre se porte bien...

@! : Et le commerce de l’hyper centre et du centre ? Il a beaucoup souffert des grands travaux…
A.J.
: Je vais vous surprendre par une affirmation qui sera évidemment contestée. Il se porte bien.

@! : Pourtant nombre de commerces ont disparu
A.J. :
Evidemment. Et c’est vrai que le tramway aboutit à des modifications structurelles. Un gestionnaire de chez Mc Do, qui s’occupe de plusieurs succursales Mc do à Bordeaux, me dit du Mc Do du centre ville qu’il progresse à une vitesse fantastique depuis qu’il y a le tramway. Mais simultanément, Vuitton n’a pas disparu, ni même Hermès. Vuitton est venu s’installer sur le cours de l’Intendance. Donc, globalement le commerce de centre ville ne se porte pas si mal. On a une spécificité extraordinaire à Bordeaux, que personne ne connaît. C’est que par rapport à la population de la ville centre le pourcentage du chiffre d’affaires commercial est beaucoup plus important qu’à Toulouse ou à Nantes (36% contre 30% et 22%)
Deuxième élément qui montre que le centre ville ne va pas si mal : C’est le boom touristique. Je vais vous donner quelque chose moi qui me ravit. Il y a eu une enquête commandée par le département, enquête de conjoncture sur la saison d’été 2007 en Gironde et appréciation de la fréquentation sur l’ensemble du département. Vous avez pour Bordeaux et agglomération 100 % entre ceux qui sont satisfaits et très satisfaits. 100% des commerces de Bordeaux qui disent : « on a fait une bonne saison, une très bonne saison. » C’est du jamais vu. Ca compte et ça a des retombées sur le commerce de centre ville.

@! : Est-ce que, paradoxalement, l’existence du tramway n’est pas susceptible, à terme, de fragiliser le commerce du centre. On sait qu’il y a un développement commercial extrême sur l’agglomération et à la périphérie. Bordeaux a retrouvé des habitants, 15.000, mais la périphérie également.
A.J. : C’est vrai que ce commerce reste fragile mais c’est bien pour ça qu’il il ne faut pas que vous vous mépreniez sur ce que j’ai dit. Ce commerce, il faut, non pas le protéger, ce n’est pas le bon mot. Mais il faut l’encourager. Donc, moi je suis résolument hostile à la construction de nouveaux hyper centres de périphéries. C’est pour ça que je ne veux pas de 50 000 m2 de commerces à Floirac, comme je n’en veux pas, d’ailleurs, au Lac. C’est pour ça qu’il faut maintenir ce gel. J’espère que la commission Attali n’aboutira pas à démanteler la CDEC, la Commission départementale d’Equipement Commercial, et tout ce qui va avec. Et d’autre part, il faut soutenir les initiatives du commerce de centre ville. On a la chance d’avoir des associations dynamiques, la Ronde des quartiers, la Fédération Bordeaux Centre Ville. Nous sommes prêts à regarder tout ce qui est animation et attraction du centre ville. Et, là, on a vraiment une richesse tout à fait importante.

Propos recueillis par Joël Aubert avec le concours de Charlotte Lazimi.

Photos Aqui!: Grégoire Grange

 

Déjà parus sur Aqui.fr...

Vincent Feltesse, le président de la Communauté urbaine de Bordeaux, rappelle le Préfet à ses responsabilités 28/01/10
Pierre Camani intente une action en justice contre l'Etat au sujet de la protection d'enfance 27/01/10
La Ville de Bordeaux lance le projet d'un nouveau grand stade de football 26/01/10
« Toute la ville utopiste » ? Impossible... mais pas Blanquefortais ! 22/01/10
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, se dit optimiste pour l'avenir de la grotte de Lascaux 21/01/10
Home Sweet home. Avec Habitat et Humanisme, le logement très social rime avec épargne solidaire et réalisation de qualité 21/01/10
Recensement : qui sont les nouveaux aquitains? 20/01/10
Sur le bassin d'Arcachon, le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Bruno Lemaire vient "enterrer" le test souris 18/01/10
Xavier Darcos inaugure sa permanence bordelaise 16/01/10
Le préfet d'Aquitaine, Dominique Schmitt rappelle l'engagement de l'Etat en Aquitaine 16/01/10
Alain Rousset défend le fait régional " menacé " et propose de reconstruire les lycées d'Haïti 15/01/10
A Bordeaux le Modem Aquitaine « à coeur ouvert » sur l'organisation de sa campagne 15/01/10
Le "mur des expulsés" de Billère doit disparaître 12/01/10
Réforme des collectivités locales : Philippe Madrelle, le président du Conseil général de Gironde réclame à l'Etat les tranferts de compétences non compensés 11/01/10
Chronique, le miroir aux alouettes : Philippe Seguin passe les larmes à gauche 10/01/10
Elections régionales : Alain Rousset présente sa liste d'une "Aquitaine qui veut continuer à innover" 07/01/10
Voeux d'Alain Juppé : écologie, cité numérique, identité nationale et régionales au menu 07/01/10
Brésil : le Rafale de Dassault sur la touche, en raison de son prix ? 05/01/10
Ostréiculture : le test souris disparaît, mais il faudra veiller à la pollution du Bassin d'Arcachon 03/01/10
Elections régionales en Aquitaine : Front de gauche : Gérard Boulanger veut faire émerger un nouveau projet socialiste et républicain à gauche 31/12/09
Du matériel de forestiers espagnols vandalisés dans les Landes 30/12/09
Débat : Quelle envergure pour le Grand Paris ? 27/12/09
Elections régionales en Aquitaine : Jean Lassalle (Modem) se veut le "candidat du peuple" 24/12/09
Alain Juppé décide d'honorer la mémoire des SDF morts dans la rue 22/12/09
Des Bordelais préoccupés par "l'indifférence de la mairie" après la mort de Frédéric Chanal 21/12/09

| Version mobile | Contact | © Tous droits réservés - 2010 | Lettre électronique | Profil Facebook | Aqui! Presse |
L'information d'Aquitaine en direct sur Netvibes L'information d'Aquitaine en direct sur iGoogle L'information d'Aquitaine en direct sur Mon Yahoo! S'abonner au flux RSS 2.0 d'aqui.fr
Régionales: Alain Rousset : "un programme pour une Aquitaine qui innove et qui protège"
Alain Rousset Ce 8 février, Alain Rousset a présenté son programme électoral à la presse. Un programme en sept parties, sept « pactes », aux premiers rangs desquels : l'innovation, le social et l'emploi, et la jeunesse. Autres axes mis en avant, la croissance verte et le transport. Ainsi, l'Aquitaine sera « une collectivité qui innove, qui protège, qui rassure », pour les 6 ans à venir. Car désormais, il ne craint plus la réforme territoriale : « si les résultats sont là pour les régionales, l'année 2012 sera enthousiaste et positive avec de perspectives optimistes pour les collectivités locales ». 09/02/2010

Régionales : Jean Lassalle présente sa liste d'une « Aquitaine proche de ses territoires » pour le Modem
Jean Lassalle, tête de liste Modem pour les élections régionales, entouré de ses colistiers Ce 8 février, Jean Lassalle a présenté sa liste « Forces Aquitaine de Gironde » dans les locaux de la permanence de campagne du Modem, à Bordeaux. A noter sur cette liste, beaucoup de nouveaux visages et la volonté de « représenter l'ensemble des pays du Bordelais, jusque dans les toutes premières places. » En dépit de cette nouveauté, les personnalités démocrates de Gironde ne manquent pas à l'appel, à l'exception notable de Laurence Dessertine, Conseillère régionale sortante. 09/02/2010

"Le miroir aux alouettes" : une campagne des régionales ronronnante
Vincent Goulet, sociologue des médias Il est de bon ton de se plaindre qu'en politique, on préfère les « petites phrases » aux discussions de fond sur les programmes. Les élections régionales pourraient être le moment privilégié d'une autre façon de « parler politique » : enjeux de proximité, mode de scrutin proportionnel qui donne sa chance à toutes les listes, réelle parité entre hommes et femmes... Tous les ingrédients sont là pour enflammer les tribunes. Hélas ! les routines journalistiques réduisent la campagne au duel convenu entre deux « ténors » aux allures de notables. 08/02/2010

Régionales : François Fillon vient apporter son soutien à Xavier Darcos
Xavier Darcos Ce 4 février, Xavier Darcos, le ministre du Travail a lancé sa campagne lors d'un grand meeting à Mérignac. Pour cela, il a bénéficié du soutien du Premier ministre, François Fillon, qui est venu en personne lui prêter main forte. Preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que ces élections régionales ont bien une portée nationale. 05/02/2010

Analyse: le nouveau conseiller territorial, la consécration du système notabiliaire à la française
hémicycle vide Cela se passait le 22 janvier dernier à l'Assemblée Nationale: l'absence du secrétaire d'Etat aux collectivités locales, Alain Marleix, et de la quasi totalité des députés UMP, lors de l'examen du texte sur la création des conseillers territoriaux, était une énième répétition de la procédure du vote bloqué. Cette procédure a pour conséquence l'organisation d'un seul vote, le mardi, après les questions d'actualité, permettant ainsi l'absence des députés. Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, devait réagir contre l'usage de plus en plus courant du vote bloqué : « Il ne doit pas servir pour remédier à une mobilisation insuffisante de la majorité pour soutenir les projets de loi gouvernementaux », affirmait-il. La procédure du vote bloqué doit-elle servir à l'exercice des différents mandats des parlementaires ? 05/02/2010

Les élus landais contre la réforme territoriale, pour la démocratie locale
A Mont-de-Marsan (Landes) la réunion sur la réforme territoriale, animée par Henri Emmanuelli Le Conseil général des Landes organisait ce lundi 1er février au Château de Nahuques à Mont-de-Marsan, une réunion d'information sur la réforme des collectivités territoriales. Tels les quatre mousquetaires de la démocratie locale, Alain Vidalies, Robert Cabé, Jean-Louis Carrère et Henri Emmanuelli ont tenu lors de cette soirée à « rétablir la vérité sur la réforme et informer l'opinion sur ses conséquences réelles à venir ». Au programme: taxe professionnelle, compétence générale, conseiller territorial, « fausses excuses » et « vraie recentralisation ». 03/02/2010

PS : Régionales : les propositions de Jean-Pierre Raynaud pour une politique alimentaire agricole et rurale, durable pour l'Aquitaine
Jean-Pierre Raynaud Numéro 3 aux élections régionales en Dordogne sur la liste d'Alain Rousset, le président sortant, Jean-Pierre Raynaud, est le « Monsieur agriculture » du candidat socialiste. Président de la Fédération Régionale des Coopératives Agricoles d'Aquitaine (FRCAA) et président de la Chambre d'agriculture en Dordogne, il dispose de relais importants dans la profession. A l'heure, où l'on parle d'agriculture biologique, raisonnée, c'est l'un des enjeux majeurs des années à venir. D'autant, qu'ici en Aquitaine, l'agriculture est le premier secteur économique. Il y a près de 30 000 agriculteurs sur le territoire. C'est la deuxième région française en termes de production. 01/02/2010

Un Alain Rousset très offensif au meeting régional de Bordeaux
Alain Rousset Alain Rousset pouvait afficher une mine radieuse au moment de monter sur la scène de la grande salle, comble du parterre au balcon, du Palais des Congrès à Bordeaux, ce samedi 30 janvier. L'Aquitaine était bien au rendez vous du meeting qui marquait une sorte de coup d'envoi de sa campagne des régionales, encore que les jours précédents d'autres rendez vous et en particulier un meeting enflammé ait eu lieu à Oloron Sainte-Marie sur les terres du maire de la ville Bernard Uthurry. 31/01/2010

Jean Lassalle, le « candidat du peuple » à la rencontre des étudiants
Jean Lassalle Jean Lassalle, député des Pyrénées Atlantiques, la tête de liste Modem aux élections régionales en Aquitaine, est venu à la rencontre des étudiants de l'ISEG mercredi 27 janvier. Connu sur la scène médiatique pour avoir entonné en 2003 l'hymne des Pyrénées en béarnais dans l'hémicycle pendant les questions au gouvernement pour obtenir le maintien d'une gendarmerie près du tunnel du Somport, et pour avoir entamé une grève de la faim au Palais Bourbon, afin de faire pression sur le gouvernement et éviter la délocalisation de l'usine du groupe Toyal Europ dans la vallée d'Aspe, cet homme à forte personnalité a expliqué les raisons de son engagement et de ses « coups d'éclats médiatiques ». 31/01/2010

"Ni Putes Ni Soumises" : rencontre avec Alain Rousset ou quand le débat sur la burqa gagne l'Aquitaine
Alors que le rapport sur le voile intégral été rendu, Alain Rousset recevait au même instant la présidente de Ni Putes Ni Soumises ainsi que les représentants régionaux de l'association autour d'un petit déjeuner-débat sur l'égalité des sexes, le port de la burqa, mais aussi pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit déclarée grande cause nationale 2010. 29/01/2010

Rousset-Darcos devant les étudiants de l'IEP de Bordeaux : la familiarité n'interdit pas les désaccords
Xavier Darcos Le face à face Rousset-Darcos avait attiré la grande foule dans l'amphithéâtre Montesquieu de Sciences Po Bordeaux. Et, d'abord celle des étudiants qui avaient, selon la tradition des « Rencontres IEP-Sud Ouest », préparé leurs questions. Le genre interdisait, à priori ces propos de campagne, aussi faciles que définitifs, que l'on tient dans un meeting. Et c'est sans doute ce qui a défavorisé le candidat ministre qui a eu quelque mal à contredire, au fond, le président sortant du Conseil Régional d'Aquitaine. Et, même, à justifier pleinement une réforme territoriale en discussion au Sénat qui va chambouler le paysage institutionnel des collectivités locales. 29/01/2010

Régionales : Alain Rousset, tête de liste régionale PS, sur le terrain de l'agriculture urbaine du sud Médoc
Philippe Sournac montrant un de ses paniers, vendu en AMAP, à  Alain Rousset Après avoir rencontré les viticulteurs du Libournais en début de semaine et avant de rendre visite aux pécheurs fluviaux de l'Entre-de-Mer, c'est auprès des maraîchers d'Eysines et d'un éleveur de bovins bio à Bruges que le candidat Alain Rousset, et certains de ses colistiers, ont passé leur matinée de ce jeudi 28 janvier. Au programme : ceintures maraîchères, filières courtes, agriculture biologique et formation. L'occasion aussi, pour le candidat, de mesurer les points forts et les points faibles de l'actuelle politique régionale dans ces domaines. 28/01/2010

Régionales : Marie Bové, candidate Europe Ecologie pour la Gironde, en campagne dans le Val de Leyre
Marie Bové et Michel Daverat, sur la plateforme de stockage de bois, à Belin-Beliet (Gironde) Marie Bové, tête liste Europe Ecologie en Gironde pour les élections régionales a débuté sa campagne auprès des acteurs économiques du Val de Leyre, ce mardi 26 janvier. Au programme de cette sortie terrain, rencontres et visites avec les acteurs de la filière bois jouant la carte de l'innovation. Entourée d'un certain nombre de ses colistiers, Marie Bové a également participé dans la soirée à une réunion publique avec les habitants du Val de Leyre, les invitant à débattre sur l'avenir de leur territoire. 27/01/2010