Politique | A Bordeaux, Marine Le Pen, la candidate du FN prône un "bouclier patriotique"
23/01/2012 |
Dimanche 22 janvier, en meeting à Bordeaux, la candidate du FN, Marine le Pen, a dénoncé le "casting de caste" et proposé un "bouclier patriotique" à l'heure où l'on parle beaucoup du made in France. Elle a renvoyé dos-à-dos Nicolas Sarkozy, François Hollande. "Je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n'a jamais rien fait pour servir les intérêts de ces classes-là", a déclaré ce dernier lors de son grand meeting au Bourget à Paris ce week-end, sans jamais citer le FN ni sa candidate.
Dimanche, devant environ 1.500 personnes réunies au Palais des congrès de Bordeaux, Marine Le Pen a défendu l'idée d'un "bouclier patriotique" pour affronter la crise. Dans un premier temps, dans son discours, la candidate Front national à l'élection présidentielle a tenté de se différencier des autres candidats en expliquant que "scrutin après scrutin, rien ne change ou plutôt tout s'aggrave". Selon elle, la succession de gouvernements de droite et de gauche depuis une trentaine d'années n'est qu'un "métronome hypnotique, droite, gauche, droite, gauche", visant à "détourner les Français d'une véritable alternance". Ainsi, Marine Le Pen entend rassembler les "anti". "Pour contrer le vent mauvais de la crise, il faut à la France un bouclier patriotique pour affronter l'orage. C'est bien l'Etat nation qui protège, qui stimule", a-t-elle mis en avant. La dirigeante du FN prône la sortie de l'euro, la mise en place d'un Etat stratège et un certain protectionnisme. En cette période de crise sociale et économique, elle entend se présenter comme un rempart, une protection pour les classes populaires. "Nous voulons nous protéger, c'est un devoir vis-à-vis de nos 5 millions de chômeurs et nos 8 millions de pauvres, mais nous avons aussi le devoir de ne pas détruire ce qu'il reste d'humanité dans notre planète", a-t-elle clamé.
Objectif : les 500 parrainages
Marine Le Pen a agité les vieux démons : les délocalisations dans les pays en voie de développement avec un niveau social très faible qui ouvrent la voie, selon elle, à "l'immigration massive de demain". "Si on refuse de protéger nos frontières, nous ne pourrons pas être dans la course sauf à accepter une société à la chinoise", a-t-elle clamé. Au sujet du Président de la République, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen a déclaré que le quinquennat débouchait sur un "terrible sentiment que rien ne peut extraire ce pays de son anéantissement". "Ce n'est pas seulement la trahison d'un homme mais celle de la politique", a-t-elle dit, estimant avoir pour mission d'ouvrir les yeux des Français "qui les ont encore fermés". Mais, aujourd'hui, sa première priorité est de recueillir les 500 parrainages pour pouvoir se présenter aux présidentielles. A ce jour, elle n'en a que 300. A l'exception de 1981, où il n'a pu se présenter, Jean-Marie Le Pen a toujours fini par décrocher les fameux parrainages.
Nicolas César
Crédit photo : FN











