Ce n'est pas une surprise. Le président sortant, le socialiste, Alain Rousset est largement en tête de ce premier tour avec 36,6% des voix, loin devant le ministre, Xavier Darcos (21,9%). L'Aquitaine est la seule région française, où le MoDem (qui se situe à 4% au niveau national) ne s'effondre pas et peut se maintenir au second tour (10,9%). A l'inverse, Europe écologie est en deçà de ses "performances nationales" (12,5%), avec un "petit" 9,4%, juste derrière le FN (8,5%). Mais, au-delà de ces résultats, l'inquiétude est forte sur la santé de notre démocratie, au regard de l'abstention (49%).
"C'est une belle claque à l'égard du gouvernement et de l'UMP qui ont calomnié les régions au fil des mois", se réjouit Alain Rousset, qui se dit "fier et ému" de ce résultat, qui est, selon lui, le "fruit du travail accompli". En Aquitaine, la campagne avait bien évidemment une dimension nationale. Alors que le chômage ne cesse de grimper dans le pays, Xavier Darcos, qui est fortement devancé -de plus de 10 points- illustre le "rejet de la politique du gouvernement". En revanche, Jean Lassalle, le candidat MoDem, est probablement la seule satisfaction de son parti. En effet, avec 11,58%, il peut se maintenir au second tour et le fera, comme il l'avait indiqué au cours de sa campagne. Cela confirme aussi l'ancrage du MoDem dans la région, puisque ses deux seuls députés sont sur notre territoire.
Vers une triangulaire
Par contre, pour Europe écologie, c'est une contre performance. Le parti écologiste qui a fait essentiellement campagne sur l'opposition à la LGV n'a pas mobilisé comme il l'espérait. Une campagne "ratée", où les électeurs ont eu des difficultés à distinguer leurs propositions, leurs priorités, derrière la ligne "anti-LGV". Il y a fort à parier aussi que les citoyens de gauche ont mal compris les critiques et les attaques répétées à l'encontre d'Alain Rousset, avec qui les Verts ont gouverné la Région, lors de la dernière mandature. Résultat, Europe écologie, emmenée par Monique de Marco, se situe tout juste devant le Front national de Jacques Colombier. Un peu partout en France, le FN réalise une percée significative. La montée du chômage, la fermeture des usines, les délocalisations à l'étranger sont autant d'explications de ce vote "contestataire". Mais, pas seulement. "Le débat sur l'identité nationale a remis en selle le Front National. La responsabilité de ce résultat est entièrement imputable à la droite et à ses dérives toujours aussi dangereuses sur les thèmes de l'insécurité !", estime Philippe Madrelle, le président PS du Conseil général de Gironde. Le Front de gauche, quant à lui, incarné par l'avocat Gérard Boulanger, réalise un score proche des européennes 6,8%. Preuve que "la gauche de la gauche" a encore des progrès à faire pour convaincre l'électorat populaire. Un électorat populaire, dont on peut penser qu'il s'est peu déplacé ce dimanche.
Alain Rousset veut rassembler à gauche
Mais, aujourd'hui, l'heure est déjà aux tractations à gauche. "Il faut maintenant que nous rassemblions pour franchir l'étape du second tour". Compte tenu de son score et de son impossibilité de se maintenir au deuxième tour, Europe écologie, n'est pas en position de force pour négocier et va devoir rester modeste dans ses revendications. Il en sera de même pour Gérard Boulanger et ses colistiers. Des réserves de voix, qui assurent à Alain Rousset d'être facilement réélu dimanche prochain. La seule inconnue réside dans le taux de participation. Xavier Darcos et Jean Lassalle gardent, eux, encore espoir de mobiliser et séduire les absentéistes. "Avec 52% d'électeurs qui n'ont pas voté, je peux vous assurer que la messe n'est pas dite", annonce Jean Lassalle. Une mission qui s'annonce difficile au regard du taux d'abstention historique pour ces élections régionales.
Nicolas César
Photo : Andrea Schmitz
Des réactions
Au QG de l'UMP, à Bordeaux, à l'heure des résultats c'est la déception que l'on peut lire sur le visage des adhérents. La déception et une certaine forme de colère aussi. Pour Dominique Ducassou, conseiller régional sortant, « ces élections sont décevantes par leur faible taux de participation ». Selon lui, cet abstentionnisme, loin d'être une sanction, est le fait de exécutif sortant : « il n'a pas su mobiliser et convaincre les électeurs et ici, les aquitains, sur les enjeux que représente la Région. Elle a pourtant a un rôle très important au sein de l'Europe, pour les grand projets. On a bien vu pendant la campagne, que les aquitains ne sont pas au courant des intérêts de la région, ni même du nom du Président actuel... Il y a eu un véritable désintérêt, une incompréhension sur ces élections ». Sur les scores, on se console parce qu'après tout « Alain Rousset ne fait pas mieux qu'en 2004 là où Darcos est meilleur ».
Du côté du Modem, c'est avec enthousiasme et joie, qu'on regarde vers l'avenir. Fabien Robert, Maire adjoint de Bordeaux, et membre du bureau des jeunes démocrates de Gironde est « évidemment heureux » des résultats du Modem en Aquitaine. « On vient de montrer qu'ici, une troisième voie existe. L'Aquitaine est une terre fertile, où un projet social démocrate existe. Tous les espoirs sont possibles. Un deuxième tour, c'est une nouvelle course, plus courte, plus intense mais tout repart à zéro. D'autant que Jean Lassalle est le seul candidat qui a gagné la seule triangulaire en 2007... » Beaucoup d'espoir donc en cette soirée du 14 mars. Mais pour autant « la coupe de champagne attendra les résultats du second tour ».
Pour Monique de Marco, Europe Ecologie, « 9,54% est un score très honorable ». Elle reconnaît tout de même que l'absence de sa liste au second tour est « une petite déception » qu'elle explique principalement par « un vote utile qui a profité au PS et une abstention très forte » auquel a pris part son électorat. Sur la LGV, un de ces principaux axes de campagne, elle tire les leçons de cet échec : « les Aquitains sont plutôt favorables à la LGV ».
Par communiqué, Ludovic Freygefond, Premier secrétaire fédéral du PS de la Gironde, "se félicite du très bon score d'Alain Rousset au premier tour des élections régionales, en particulier en Gironde avec près de 40%. « Avec 37,2% dès le premier tour, le message des Aquitains est sans appel. Nous allons maintenant proposer à nos partenaires de gauches de se rassembler autour de notre projet pour l'Aquitaine. » Ludovic Freygefond y voit à la fois une reconnaissance du travail accompli et du projet ambitieux d'Alain Rousset, de même qu'un message d'alerte clair envoyé au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il s'est par ailleurs inquiété du taux de participation, y voyant le résultat de la campagne de détournement des enjeux régionaux menée par l'UMP et des polémiques qui sont venues biaiser le débat. « Ce 14 mars, c'est une victoire de la sincérité politique, une victoire pour l'avenir de l'Aquitaine qu'Alain Rousset est le seul à même de construire. » "
Vincent Feltesse veut un "new deal" de la mobilité dans l'agglomération bordelaise
19/01/12
Cécile Duflot veut "blinder" Eva Joly et promet une campagne moins "naïve"
19/01/12
Un Front pyrénéen se constitue pour obtenir une desserte LGV
19/01/12
Pour aide les communes à faire face à la crise, Philippe Madrelle crée un coefficient de solidarité
16/01/12
En Dordogne, Bernard Cazeau et le préfet présentent ensemble leurs voeux
15/01/12
Premier round du combat Maitia / Lassalle dans la 4ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques
15/01/12
Législatives : la candidature de Noël Mamère invalidée par EELV
13/01/12
L'élue bordelaise Alexandra Siarri contributrice d'un projet numérique collectif lancé par Benoist Apparu pour alimenter le projet présidentiel
13/01/12
Voeux Alain Rousset : objectif élections présidentielles et réindustrialisation de la France
12/01/12
Le Béarn se divise sur l'hypothèse d'une desserte LGV Béarn-Bigorre
12/01/12
Le préfet de Gironde demande une décision en 2012 pour une ligne directe Mérignac aéroport-Bordeaux
11/01/12
Henri Emmanuelli, Président du Conseil général pense « aux Landes » pour 2012 et dénonce "les oublis" de Sarkozy
10/01/12
En 2012, plein feu sur la fibre optique pour le Lot-et-Garonne
10/01/12
A Bordeaux, Alain Juppé conjure la crise en investissant plus
09/01/12
Martine Lignières-Cassou : « Une nouvelle voie Pau-Oloron n'est pas une priorité », à l'inverse de la LGV
09/01/12
Luc Pabeuf, président du CESER d'Aquitaine: des voeux en manière de quadruple A
07/01/12
François Hollande promet une grande réforme fiscale et plus de justice
06/01/12
Michel Sainte-Marie, Maire de Mérignac place 2012 sous le signe de la prospective
05/01/12
En campagne en Lot-et-Garonne, Hervé Morin veut être le candidat d'une politique rurale
05/01/12
Marc Burg, nouveau préfet de Lot-et-Garonne : « Il ne faut laisser personne au bord de la route »
05/01/12
NKM veut rassurer les collectivités locales sur le sort de la LGV au sud de Bordeaux mais est interpellée sur la notion de "coup parti"
02/01/12
La députée socialiste Michèle Delaunay répond à une polémique sur sa proposition de loi pour faciliter le changement de sexe
30/12/11
Jean Dionis du Séjour : « 2011 : un bon cru pour Agen ! »
29/12/11
Une nouvelle carte de l'intercommunalité en Gironde
29/12/11
La députée socialiste de Gironde Michèle Delaunay propose une loi pour simplifier le changement de sexe
28/12/11
| Mentions légales |