Politique | Energies renouvelables et politique : la compétence aux Régions plébiscitée
13/09/2012 | Lors du forum Need à Bordeaux, de nombreux intervenants ont appuyé l’accroissement du rôle des régions en matière de politique énergétique
A la veille de la Convention environnementale, et au lendemain de la rencontre historique, puisque inédite, entre les Présidents des Régions et le Président de la République, le Forum de l’énergie et de l’économie verte (NEED), organisé à Bordeaux ce 13 septembre, est tombé « à pic ». En effet, si la question des filières et de leurs enjeux a largement été traitée, les conférences et ateliers de travail n’ont pas oublié d’évoquer aussi la question de la gouvernance énergétique. En effet, bon nombre de participants verraient d’un bon œil la décentralisation de cette compétence aux Régions.
Invité à débattre au côté de Jean-Marie Chevalier, Professeur d’économie à Paris Dauphine et Directeur du CGEMP (Centre de Géopolitique de l'Energie et des Matières Premières) sur le thème du « modèle énergétique pour l’Aquitaine », Alain Rousset, Président du Conseil Régional, a tenu à réaffirmer, en accord avec son interlocuteur que d’une manière globale, « le modèle autour des énergies alternatives, ne doit pas être un modèle national mais un modèle décentralisé, même si l’Etat doit garder la manœuvre », et notamment assurer une constance de ses choix. Il propose par exemple que sur les 9 milliards restant au niveau du grand emprunt, 1 ou 2 milliards d’euros soient affectés à l’industrialisation des projets relatifs au stockage des énergies renouvelables, par définition aléatoires. Pour Jean-Marie Chevalier le discours est le même, « la région est un lieu fantastique pour libérer les initiatives et la créativité et pour permettre les expérimentations comme la méthanisation par exemple ». Mais décentralisation ne signifie pas l’isolement des compétences régionales, bien au contraire, l’économiste en appelle à un rapprochement interrégional sur ces questions. Il suggère de mettre en place des comparaisons, un « benchmarking » entre les régions afin de confronter les résultats de leurs expérimentations énergétiques tant en termes d’efficacité environnementale que de coûts ou encore de conséquences sur l’emploi.
Gérer les intermittences "dans la boucle locale"

Une idée de gouvernance décentralisée d’ailleurs reprise par certains intervenants institutionnels et professionnels lors de la table ronde consacrée au développement des filières énergétiques en Aquitaine. Pour Olivier Degos Directeur général adjoint au Conseil régional, la région a bel et bien vocation à avoir un « rôle accru » sur le plan de l’énergie, tant sur la recherche et l’industrie, mais aussi à travers la recherche de financements, la formation ou encore l’acceptabilité sociale des nouvelles énergies. Pour d’autres la politique du mix énergétique ne peut être mise en place qu’au niveau local, puisqu’au-delà de la nécessaire gestion de l’intermittence de la production de ces énergies, il s’agira aussi de gérer l’intermittence de sa consommation notamment en termes d’énergie électrique. Or pour Richard Loyen, Directeur général d’ENERPLAN, « cela ne peut se faire que dans la boucle locale », notamment avec le développement des réseaux intelligents (smart greed) qui sont là encore un secteur et donc une économie à développer. Car en effet, et c’est bien la raison d’être du Forum Need dans sa globalité, au-delà de la notion de respect de l’environnement, c’est tout autant des perspectives de développements économiques et industriels qui se jouent en même temps que le futur mix énergétique à mettre en place.

Solène Meric
Crédit Photo : Aqui.fr












