Politique | Fin de la Corrida dans les arènes de Saint-Sébastien-Donostia
27/08/2012 | Le maire de Saint-Sébastien, aussi anti-taurin qu'anti-espagnol, ne veut plus louer les arènes d'Illumbe à une entreprise taurine
Le maire indépendantiste de Saint-Sébastien, Juan Karlos Izagirre, a annoncé qu'il ne renouvellerait pas le contrat de concession des arènes d'Illumbe, qui prend fin cette saison, avec la famille Chopera qui organisait sept corridas par an depuis 1997. Suivant l'exemple de la Catalogne le parlement du Pays-basque pourrait il abolir une tradition basque car elle est trop proche de l'Espagne et de Madrid ? Pour l'instant c'est au sein d'un conseil municipal, dominé par huit conseillers du parti séparatiste Bildu face à une opposition désunie, que se joue l'avenir de la corrida à Saint-Sébastien.
Le maire séparatiste de Saint-Sébastien, Juan Karlos Izagirre, a déclaré lundi 20 Août, à l'issue de la Semana grande qui a attiré 40 000 visiteurs, qu'il ne louerait plus les arènes municipales à une entreprise taurine en 2013. Par contre, un contrat a été signé avec le Gipuzkoa Basket Club. Activité sportive jugée incompatible avec les activités taurines. Le contrat de concession d'Illumbe avait été attribué en 1997, après 23 ans sans arène ni corrida à Saint-Sébastien, à l'entreprise taurine de la fameuse famille Chopera.
La famille Chopera payait une redevance de 10000 euros pour organiser sept corridas durant l'été. Un tarif préférentiel comparé aux 6800 euros et 6% du prix des billets demandés aux autres organisateurs de spectacles. Un manque à gagner pour le chef de file du Parti populaire, Ramón Gómez qui assure qu'aucune subvention n'était versée. « Sans corridas le coût d’entretien des arènes d’Illumbe sera le même pour la municipalité ! », ironise-t-il. Un coût annuel de 400000 euros.
Une dynamique anti-espagnoleAu conseil municipal de Saint-Sebastien les abertzales du Bildu, 8 sièges au conseil municipal, travaillent avec une opposition garnie : 7 conseillers du Parti socialiste, 6 du Parti nationaliste basque et 6 du Parti populaire. La décision du maire a provoqué une levée de boucliers. Les trois partis d'opposition ont exprimé leur attachement à la corrida qui ne coûte rien à la municipalité et génère des retombées économiques pour la ville estimées par la famille Chopera à 5 millions d’euros. Le Parti nationaliste basque demande une étude sérieuse sur le coût des corridas et les retombées économiques des sept corridas. L’élu socialiste Ernesto Gasco considère que « Bildu supprime les corridas à Saint-Sébastien car il s’agit d’une fête espagnole».
Pourtant, le maire de Saint-Sébastien avançait comme motivation première qu'il« partageait à 100 % le discours antitaurin, selon lequel la souffrance d'un animal ne peut faire l'objet d'un spectacle public ». Mais on peut légitiment douter de cet argument animaliste de la part d'un homme issu de Bildu, formation ouvertement séparatiste. Cette coalition électorale de circonstance née au moment où ETA, décimé par la police, rendait les armes, semble moins animée par l'idéologie anti-taurine que par une dynamique anti-espagnole.
Bildu, qui veut l'indépendance du Pays-basque, a pris le pouvoir dans la province de Gipuzkoa et dans la capitale de la province à la surprise générale et lors de sa première apparition aux élections de mai 2011. Dans la centaine de municipalités qu'elle contrôle, la formation Bildu, qui veut éradiquer la tradition espagnole, tente de mettre fin aux corridas par le biais de référendum. Sans résultat pour l'instant.

Olivier Darrioumerle
Crédit Photo : spettacolopuro













