24/10/17 : Charente-Maritime : les élus du Département ont voté une motion contre les dernières mesures envisagées par l'Etat concernant la baisse des APL, hier lors de la session d'automne.

18/10/17 : Malgré la protestation d’élus et des syndicats, la Direction générale des Finances publiques a entériné la fermeture de la trésorerie de Mussidan (24). D’autres pourraient connaître le même sort comme à Belvès, Saussignac, Thiviers et Brantôme.

17/10/17 : La Rochelle organise son Colloque Citoyenneté et Solidarités sur le thème "Innover aujourd’hui pour l’action sociale de demain" le 19 octobre à l'espace Giraudeau, avec l'intervention du CNAM de Paris. Gratuit sur réservation. www.ccas-larochelle.fr

15/10/17 : A TF1 Emmanuel Macron après le drame de Marseille a annoncé une nouvelle loi en matière de droit d'asile et d'immigration et la négociation en cours "d'accords bilatéraux avec les pays africains" pour rendre effectives les reconduites à la frontière.

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  • 21/10/17 | Edouard Philippe à Bordeaux

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    Edouard Philippe était en déplacement aujourd'hui à Marseille et Bordeaux où le Premier ministre a rendu visite à Alain Juppé. Entre autres politesses et admirations mutuelles ("la relève est assurée" a déclamé le maire de Bordeaux, "j'ai appris en vous regardant" lui a répondu le Premier ministre), Edouard Philippe s'est rendu à une réunion de travail à la métropole et devait faire un discours à la Convention Nationale des avocats en fin d'après-midi.

  • 19/10/17 | Le Pays basque a déjà gagné le Tour de France

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    Le Pays basque intérieur pourrait bien ériger une statue aux organisateurs d'un Tour de France qu'il n'avait pas vu depuis 2006 -à Cambo-les-Bains-. En effet, cette étape contre la montre du samedi 28 juillet entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette se dispute la veille de l'arrivée, certes. Comble du bonheur, elle a lieu en pleine période... des Fêtes de Bayonne! Une aubaine touristique pour les maires Jean-Marie Iputcha et Pierre Marie Nousbaum. Il est vivement recommandé de réserver ses nuitées dès aujourd'hui au Pays basque.

  • 18/10/17 | Déviation de Beynac : plus de 2600 avis recueillis pour l'enquête publique

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    Concernant l'enquête publique sur la déviation de Beynac, en Dordogne, qui s'est clôturée le 17 octobre, plus de 2600 avis ont été déposés dont 2410 en ligne. La commission va remettre sous huitaine une synthèse au Conseil départemental qui pourra formuler des réponses. Dans un délai d'un mois, la commission rendra ensuite son avis avec d'éventuelles observations à la préfète de la Dordogne. C'est à elle que reviendra la décision finale de valider ou non le projet.

  • 18/10/17 | Les Pyrénées-Atlantiques "chouchoutées" par le Tour de France

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    Les Pyrénées-Atlantiques décrochent la timbale pour l'édition 2018 du Tour de France. Parti de Trie-sur-Baïse (65), le peloton arrivera à Pau le jeudi 26 juillet. Il disputera le vendredi 27 une étape émaillée de nombreux cols entre Lourdes et la commune montagnarde de Laruns (Aspin, Tourmalet, Bordères, Soulor-Aubisque). Un contre la montre entièrement basque sera enfin disputé le samedi 28 entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette. Equipes et accompagnateurs étant en prime logées pendant quatre jours à Pau. Que demander de mieux ?

  • 17/10/17 | Dominique Bussereau fait du lobbying pour le Tour de France

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    Alors qu'il assistera à la présentation du parcours du Tour de France ce mardi, le président de la Charente-Maritime compte bien "faire une petite piqûre de rappel" au patron du Tour de France Christian Prudhomme sur la volonté du Département d'accueillir le Tour de France "dans les prochaines années". Dominique Bussereau a notamment en tête un passage du Tour par les îles de Ré et d'Oléron. Une manne touristique et financière non négligeable, et une belle vitrine pour le territoire.

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Politique | GRANDE REGION: Entretien - Jean-François Macaire : je rencontre un vrai intérêt pour la grande région

05/08/2015 | On le voit beaucoup sur le terrain et notamment avec Alain Rousset; l'actuel président de Poitou-Charentes sent monter l'intérêt pour une Nouvelle Aquitaine

Jean-François Macaire - Président de Poitou-Charentes

Après la publication des entretiens d'aqui.fr avec Alain Rousset et Gérard VandenBroucke présidents du Conseil régional d'Aquitaine et de Limousin, c'est au tour de Jean-François Macaire qui a pris la suite de Ségolène Royal à la tête de Poitou-Charentes, l'an passé. Un homme qui, aux côtés de la ministre, a porté le débat sur la croissance verte et ne craint pas d'affirmer: "la place du politique revient".(1) Cet entretien qui sera suivi d'autres, au fur et à mesure de la campagne à venir des régionales (lire celui de Virginie Calmels) apporte des éléments de débat notamment sur l'épineuse question des infrastructures et de la LGV dont on sait la constante opposition de Ségolène Royal à la financer...morceaux choisis.

Nos trois régions actuelles et leurs présidents travaillent bien ensembleLa réussite de la réforme territoriale repose beaucoup sur nous trois : Gérard Vandenbroucke, Alain Rousset et moi-même. Jusqu’à présent nous avons donné une bonne image, un bon exemple. Même si ici, en Poitou-Charentes, il y avait une partie minoritaire des territoires qui n’était pas très volontaire pour être intégrée à l’Aquitaine, nous avions largement une majorité qui l’était. Ce débat, nous l’avons géré de façon équilibrée, sans qu’à aucun moment il ne devienne un débat politicien. Une fois que la décision a été prise, nous nous sommes mis au travail, sans délai. Dès le mois de décembre, nous nous sommes retrouvés à Limoges et avons lancé, très vite, une dynamique de travail.

Contre les risques d’éloignement des élus référentsNous avons à gagner à la fusion, car la région Poitou-Charentes est finalement assez petite, même si sa taille géographique n’est pas du tout négligeable. C’est une région rurale qui a un certain nombre de filières industrielles, mais parfois assez incomplètes et lorsqu’on additionne d’autres régions autour on voit qu’on arrive à constituer des filières économiques qui commencent à être significatives. Notre objectif numéro un, aujourd’hui, c’est l’emploi. Donc pouvoir travailler sur des échelles plus vastes nous donne des chances d’avoir des politiques industrielles plus performantes. Plus personne ne conteste cela. Lorsqu’on dit : nous aurons plus de poids, plus de leviers sur l’économie personne ne conteste cela, d’autant que nous sommes dans une économie qui est en train de changer.

Il faut aussi regarder, à côté de nos apports réciproques, ce que cette grande région peut nous enlever – il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : oui il y des dangers, mais c’est essentiellement celui de l’éloignement, car qui dit grand dit loin...

Il faut que notre région réduise le phénomène d’éloignement, que l’on soit proche ; nous avons ici cette préoccupation depuis toujours, des élus référents de territoire, des contrats de territoire où toute la politique régionale est discutée avec les syndicats de pays, les agglomérations, avec les élus locaux. Nous devons renforcer cette politique territoriale, avoir des élus responsables sur les territoires. Ce n’est pas parce que l’on a un mode de scrutin à la proportionnelle qu’on ne peut pas avoir d’élus qui aient une forme de délégation de pouvoir sur le mode : sur ce territoire, je te fais confiance, tu connais les élus, les populations, tu connais les enjeux c’est toi qui va y animer la politique régionale. Il faut que l’on travaille comme cela.

Poitiers et Limoges doivent avoir des centres de décisionL'avenir des villes de Poitiers et Limoges c’est notre autre préoccupation. Poitiers c’est une ville formidable ; j’y suis né je l’adore et elle a beaucoup de qualités. Dans son histoire il y a deux temps forts : le XVe siècle où elle a été pratiquement la capitale de la France réduite à pas grand-chose ; elle a vraiment rayonné politiquement et religieusement avec le catholicisme. La deuxième étape ce fût la régionalisation, lorsqu’elle a obtenu le statut de capitale régionale. Cela a conduit à concentrer à Poitiers un certain nombre de centres de décisions. Le grand danger ce n’est pas la réduction du nombre de fonctionnaires – s’il faut le réduire je ne suis pas contre — on peut garder proportionnellement les mêmes effectifs à Bordeaux, à Poitiers et à Limoges. Mais je veux aussi que Poitiers et Limoges accueillent des centres de décision, car l’ingénierie territoriale repose aussi sur les gens avec qui nous travaillons, qui sont formés pour cela, et qui servent le service public, que ce soit les fonctionnaires territoriaux et ceux de l’État. Si on retire ce savoir-faire, cette matière grise de Poitiers et Limoges c’est un mauvais coup pour la Vienne, Poitou-Charentes et le Limousin.

J’ai lancé cette idée du maintien des centres de décision dans nos villes lors de la primaire ; je pensais dire quelque chose d’évident en demandant qu’à Poitiers, par exemple, reste une direction régionale de l’environnement et qu’elle rayonne sur l’ensemble de la Grande région (2). Je me suis rendu compte que je disais quelque chose de révolutionnaire. Un préfet, le lundi matin, ce qu’il veut c’est tout le monde en place dans son bureau. J’ai dit au préfet Dartout vous ferez la même chose, vous aurez dans votre bureau des écrans et vous allez faire la même chose, avec des gens restés à Poitiers et Limoges et qui auront toujours autant de compétences à partager. La visioconférence, c’est efficace... D’ailleurs ça commence à une heure fixe et s’achève à une autre prévue : vous êtes obligés de travailler efficacement. J’en ai parlé à Manuel Valls quand il est venu, à Poitiers signer le contrat de plan ; j’en ai parlé à Najat Vallaud-Belkacem... J’ai bien senti que ce sujet n’était pas naturel, mais que nous avons avancé l’argument qui a porté ; je l’ai soufflé à l’oreille du chef de l’état quand il est venu au départ de l’Hermione en lui disant : il faut la réussir cette réforme et si on commence à assécher les territoires, à appauvrir les territoires ça sera foutu... Et c’est dès maintenant que nous réussissons, car avec Alain Rousset et Gérard Vandenbroucke, nous n’avons pas les clés de tout cela. Nous les aurons le 1er janvier 2016, si on gagne. Nous n’avons pas le droit de voler la démocratie en disant on va tout verrouiller. D’ailleurs, Virginie Calmels aurait beau jeu de nous dire : ce n’est pas nécessairement vous qui allez être là, dans six mois.

La Croissance verte sur le modèle de Poitou-Charentes est tout à fait compatible avec la conception aquitaine actuelle du développement. Nous l’expérimentons ici depuis 2010 et avec l’Aquitaine l’angle est quelque peu différent. Est-ce à dire qu’il y ait complémentarité des approches ? Eh ! Bien oui, tout à fait. Je suis en train de le découvrir. J’ai vraiment échangé avec Alain Rousset pour la première fois quand on a parlé réforme des régions ; l’approche qui m’intéresse chez lui c’est justement la façon dont il positionne la Région dans la chaine de l’innovation. On sait que pour aller vers cette économie verte nous avons, bien sûr, une régulation à faire, mais les étapes ne peuvent être franchies que par l’innovation. Et, pas seulement l’innovation technologique, mais aussi de process, d’organisation sociale... C’est cette capacité à conduire le changement qui nous permettra d’être moins consommateur de ressources, d’être moins polluant et que l’on crée de l’emploi.
En Poitou-Charentes, avec Ségolène Royal, on a travaillé dans le même esprit, l’innovation, mais nous n’avions pas les moyens de faire de l’Aquitaine, car la dialectique entre les groupes industriels et les PME en Poitou-Charentes ne peut avoir la même dimension. Nous n’avons pas beaucoup de grands groupes et d’ETI, alors qu’en Aquitaine il y a un tissu économique différent. En outre, le potentiel de recherche est essentiellement académique et nous n’avons pas assez de recherche privée. En Aquitaine il y a plus de recherche dans les deux domaines ; donc l’approche a été chez nous de travailler davantage sur des écosystèmes territoriaux pour faire la démonstration qu’on pouvait faire bouger l’économie grâce à une intervention régionale innovante.

L’innovation que nous portons, ici, c’est l’innovation d’organisation. Je pense qu’en additionnant l’approche Aquitaine d’investissement dans l’innovation pour muscler les filières industrielles et l’approche de Poitou-Charntes qui est plus d’expérimentation, d’innovation territoriale, nous pouvons réussir à faire des choses intéressantes. Quand on regarde ensuite le potentiel économique de cette grande région qu’a-t-on de plus que les autres ? L’espace. Un espace naturel formidable, un espace littoral atlantique très important ; nous avons d’ailleurs plus de côtes en Poitou-Charentes qu’en Aquitaine parce que le littoral est plus découpé. Oui nous disposons d’une richesse extraordinaire c’est l’espace. Préservons-le.

L’agriculture et l’impératif foncier. Avec Alain Rousset nous avons fait deux jours de visite dans le sud de la Vienne autour de Montmorillon et avons parlé de foncier avec les agriculteurs. En Poitou-Charentes nous avons, depuis dix ans, un partenariat avec la Safer, la région finance le portage, à condition que l’on installe les jeunes. Mais nous avons une autre politique que l’Aquitaine n’a pas, par rapport au foncier urbain, par le biais d’un Établissement public foncier dont je préside le conseil d’administration et qui a pour ligne de travail principal le renouvellement urbain dans les villages. Jusqu’à présent, et avant qu’on intervienne, les maires, pour développer leurs communes, garnir les écoles, prenaient un champ à la sortie du village, le long de la route départementale pour faire un lotissement. Nous leur disons : vous nous dites tous que votre centre-bourg est en train de mourir et vous contribuez, vous-mêmes à le désertifier. Donc, nous n’allons pas faire cela avec vous, on ne va plus financer le portage de ces terrains agricoles à la sortie des villages, mais financer des projets qui vous coûtent beaucoup plus cher. Vous allez reprendre les ilots au cœur des bourgs et, avec vous, nous allons ramener du logement, du rez-de-chaussée commercial, de l’activité, réaménager l’ensemble. Vous ne pouvez pas le faire, vous, car cela représente un investissement lourd et il n’y a pas un promoteur privé qui viendra le faire. Et cela l’EPFR le fait. Il achète, démolit, restructure et au bout ça ramène un équilibre de sorte que la charge foncière, à l’issue de l’opération soit supportable. C’est une démarche qu’il faut que nous ayons partout.

Infrastructures : pour la LGV nous payons le volontarisme de 2009Pour le contrat de Plan Etat-Région nous avons jugé que l’État étant moins intervenu nous devions mettre de l’argent sur les routes ; nous allons faire la moitié du chemin qu’il reste à faire sur Poitiers-Limoges, un tronçon entre La Péruse et Chasseneuil-sur-Bonnieure qu’on va terminer et on va faire le contournement de Lussac-les-Chateaux. Il y a également un effort sur Poitiers-Bordeaux et la RN 10. Nous serons, à la fin du contrat de plan, à quatre voies et notamment sur la portion non achevée, à la limite Charente-Maritime-Charente.

Mais, s’agissant des infrastructures nous avons fait le choix de donner la priorité aux chemins de fer. En fait, il faut superposer deux choses. D’une part la LGV Tours-Bordeaux qui, techniquement est une réussite, mais pas sur la façon dont le système a été pensé à l’époque, en 2009. On a voulu faire preuve de volontarisme pour sortir le projet. Nous le payons, aujourd’hui, parce que certaines choses n’ont pas été bien regardées. Le premier problème c’est le niveau des péages demandés à la SNCF qui est très élevé et donc l’entraîne plutôt dans une politique de desserte minimaliste ; le second problème vient de promesses intenables.

L’État, en 2009, s’est engagé, contractuellement, avec les collectivités en échange de leurs aides financières sur des dessertes qui n’ont pas de sens... Exemple celle de Châtellerault. On a été promettre à la ville que l’on allait maintenir la desserte TGV vers Bordeaux. Je préfère dire aux gens ça n’a aucun sens : on ne va pas faire monter des gens pour aller à Bordeaux par la LGV et les faire sortir de la LGV à Tours, les faire remonter, sur la LGV à Poitiers et perdre une demi-heure pour desservir Châtellerault. Ceux qui ont promis cela n’étaient pas raisonnables. J’assume. À Châtellerault ça fait débat. J’ai préféré dire il y aura un train chaque jour dans chaque sens qui fera effectivement ce voyage-là, mais c’est un effort de la SNCF dont je peux comprendre qu’il n’est pas très logique sur le plan commercial. Les Tgv qui vont s’arrêter à Châtellerault seront en terminus à Poitiers. Ce que je propose c’est la complémentarité grand projet et agilité, souplesse régionale. Nous région, gérons les TER. Nous disons aux gens à Châtellerault vous montez dans un TER jusqu’à Poitiers ; c’est un quart d’heure de train et après vous montez dans le TGV qui vous emmène à Bordeaux en une heure. Globalement vous allez beaucoup plus vite ; mais à Châtellerault je m’en prends plein la figure par la droite sur le thème : on veut nous faire monter dans des TER. Ils sont très confortables nos TER...

Le choix de Dominique Bussereau... Dominique Bussereau a fait ce choix à l’époque avec Fillon — Segolène était méfiante et refusait de financer pour ce motif-là – disant il faut y aller, il faut y aller... Il a fait, à l’époque, quelque chose que je trouve fort de café – ça n’a jamais été dit je l’ai appris très tardivement dans le cadre de la mission Auroux – actuellement quand vous montez sur Paris vous empruntez la ligne rapide qui existe depuis Tours, depuis 25 ans. Là, il y a un péage qui a été fixé qui permet de rembourser la ligne ; or à partir de la mise en service de la nouvelle ligne LGV, ce péage augmente énormément. Il a été demandé à RFF SNCF réseaux de mettre un milliard sur la table et comme il est endetté jusqu’au cou, ce milliard a été gagé sur un sur-péage entre Paris et Tours alors que cette voie a déjà un péage. On fait payer à la section Paris-Tours ancienne un surcoût sur la section Tours-Bordeaux. C’est une des raisons lourdes qui font que la SNCF, dans son compte d’exploitation prévisionnel, nous dit : on veut bien mettre des trains, mais on perd 150 millions... Bien sûr cela fait discussion, car la SNCF est un service public et ne défend pas des intérêts privés. Cependant ça ne m’amuse pas, en tant que citoyen, qu’elle fasse des déficits sur des lignes comme cela, car il ne faut pas lui demander, après, de garder des TER ailleurs si, déjà, elle perd 150 millions entre Paris et Bordeaux. Comment va-t-elle pouvoir remettre de l’argent sur des lignes comme Bordeaux-Lyon ?... Il faut être cohérent. La question des infrastructures aujourd’hui mérite de faire un peu de prospective et de définir de quoi on a besoin en priorité.

LGV Poitiers-Limoges : une question d’argentQuant à la LGV Poitiers-Limoges qui bénéfice d’une déclaration d’utilité publique, et que mon collègue Gérard Vandenbroucke défend, c’est une question d’argent et, bien sûr, pas d’opportunité. Limoges a besoin d’être reliée à la grande vitesse. Comment le faire ? Oui, nous sommes en Poitou-Charentes très favorable à ce que Limoges soit relié à Poitiers par la grande vitesse c’est ce sujet que j’ai validé avec le Président de la République demandant que Limoges soit relié par la grande vitesse via Poitiers. Ensuite comment fait-on ? Il n’y pas d’argent et il y a déjà le Grand Projet Sud Ouest qui va au-delà de Bordeaux et les TET, les Trains d'équilibre des territoires par exmple en ce qui nous concerne Nantes-Bordeaux ou Bordeaux-Lyon.

Sur Poitiers-Limoges, je reste convaincu et j’assume ma différence de point de vue avec Gérard Vandenbroucke, la solution de la voie actuelle a été négligée. Nous avons une voie TER sur laquelle on a énormément réalisé sur le versant Poitou-Charentes, entre Montmorillon et Poitiers. Aujourd’hui, on sait faire circuler des trains s’il n’y a pas d’arrêt en une heure et demie entre Poitiers et Limoges. L’essentiel du temps est perdu en gros entre Bellac et Limoges, car la voie est très sinueuse. Il faudrait étudier une alternative pour ramener la grande vitesse de Limoges à Poitiers, non pas en créant une infrastructure qui est évaluée à plus de 2 milliards avec aucun amortissement envisagé. Regardons s’il est possible de trouver une solution moins coûteuse, en créant un barreau ferroviaire en vitesse classique de 220km/heure sur une partie de l’axe Poitiers-Limoges, de façon à shunter la partie la plus sinueuse de la voie actuelle. Une voie électrifiée unique avec un créneau de croisement pour y faire circuler des TGV et des TER dans de bonnes conditions, ce qui permettrait à la fois de relier Limoges à Paris dans à peu près les mêmes conditions que La Rochelle en temps de parcours et de faire circuler des TER.

Pour la LGV avec le Grand Projet Sud Ouest, si on additionne tout, on va très vite dépasser les 10 milliards d’euros d’investissement sans compter le milliard qu’il aurait fallu mettre sur l’A 831. Donc, établissons des priorités.

Le haut débit d’abordNous sommes au XXIe siècle, nous ne sommes plus dans les trente glorieuses ; nous n’avons plus les moyens d’investir dans les infrastructures à cette échelle, même quand c’est souhaitable. Mettons les sous sur la table et choisissons : les infrastructures numériques d’abord. Nous sommes dans un pays qui n’est pas si mal équipé que cela en infrastructures et, demain, ce qui va compter ce sont les réseaux numériques. Le très haut débit partout où cela est possible, les contrats de plan des uns et des autres reflètent d’ailleurs ces priorités. Sur les 300 millions du CPER, il y en a 105 qui viennent de l’État.

La campagne des régionales ? La Grande Région intéresse, créons le débatTout dépend si on fait, ou non, une élection régionale ; commençons par le second cas de figure parce que c’est ce qui s’est passé aux élections départementales. Comme personne ne savait ce que fait le département, et qu’en plus on avait cru comprendre qu’il n’y en aurait plus, les gens n’ont pas voté sur ce sujet-là, mais sur l’ambiance politique globale, exprimant un vote de rejet, de sanction qui s’adressait au gouvernement en place, à tous ceux qui représentaient la gauche. Si pour ces régionales nous sommes dans une «  une élection nationale » ce ne sera pas facile pour nous, sauf si on a une embellie économique.

Mais notre vraie chance c'est que nous avons fusionné  et cela change la donne et cela intéresse les gens aujourd'hui. Je fais le tour actuellement des Nuits romanes. À chaque fois, je tiens un petit propos, court, et lorsque je rappelle que nous allons entrer dans une grande région je sens un véritable intérêt. Dans la discussion que nous allons avoir avec les élus, les citoyens, nous allons échanger sur l'avenir de cette grande région.

Comment va-t-on l'appeler ? La chance que l'on a c'est d'avoir un débat citoyen pour construire l'avenir. Nous ne l'avons pas eu pour les élections départementales. Comment cette nouvelle région peut nous aider à nous en sortir ? Comment on se remobilise ? Comment on parle de ce qu'on a bien fait, comment on a sauvé le ferroviaire en France, complètement rénové les lycées et les CFA de l'apprentissage que l'on considère, maintenant, comme une voie d'excellence de la formation... L'enjeu est là : si nous arrivons à créer le débat comme en France on est capable de le faire alors nous gagnerons. Nous le sentons Alain Rousset, Gérard Vandenbroucke et moi.

J'appelle d'ailleurs à l'union : les quatre départements sont de de droite en Ppoitou-Charentes; j'en avais deux avant les départementales, mais quand on reçoit leurs représentants de nombreux élus nous parlent de cette nouvelle région mesurent les enjeux... savent où ils vont et sont prêts à construire quelque chose ; je pense notamment aux femmes qui renouvellent la pratique de l'élu, apportent du pragmatisme. Exemple : quand on a réuni les agriculteurs pour la crise de l'élevage, j'ai invité tous les conseils départementaux. Dominique Bussereau m'a envoyé une élue qui a été très positive ; il faut que nous travaillions ensemble, au-delà des clivages, pour réorienter la commande publique vers les éleveurs, celles de nos cantines de lycées et collèges.

Son nom ? Nouvelle AquitaineIl faut donner un nom à cette nouvelle région. J'ai changé d'avis. Au départ je disais il ne faut pas mettre Aquitaine : c'est vrai j'ai avancé Sud Ouest-Atlantique.
C'était trop géographique. Je dis maintenant la Nouvelle Aquitaine, plutôt que grande Aquitaine. Je le mesure à accompagner beaucoup Alain Rousset dont je suis frappé qu'il se renouvelle lui-même sur le grand périmètre. C’est un nouveau challenge, un nouveau projet à construire. L'innovation il la porte ; nous la portons. Il est plein d'énergie et bénéficie de son expérience de président de l'Association des Régions de France.

Avec EELV nous nous retrouverons au second tourLes écologistes partent, de leur côté, en campagne. Nous avons eu une période un peu difficile; nous étions dans une opposition qui était plus de posture que de fond. Ici, nous connaissons une situation un peu singulière du fait de la présence Ségolène Royal, de son engagement écologique. Cela a posé un problème aux écologistes en Poitou-Charentes. Ce n'était pas facile de trouver leur place. À un moment donné, sur des sujets qui n'ont rien à voir avec l'écologie, ils se sont différenciés avançant leur désaccord sur la politique territoriale et nous ont dit : on ne vote pas le budget. La majorité restait la majorité et nous ne leur avons pas retiré leur délégation. Mais Ségolène a marqué le coup en leur disant : vous ne serez plus élus référents des territoires. Quand je suis arrivé à sa place (en 2014) j'ai retendu la main en soulignant que sur le fond on était d'accord.

 Nous avons travaillé ensemble et en particulier récemment par rapport à la crise de l'élevage. Françoise Coutant ( tête de liste des Verts dans la Grande Région) est une excellente élue. Certes nous partons, chacun de nôtre côté, pour des raisons qu'on peut comprendre et eux notamment pour se compter. Nous nous retrouverons au second tour. J'aurais préféré qu'on fasse l'union au premier tour ; je l'ai proposée, mais au sein des Verts ce n'est pas que le parti écologique, c'est aussi celui de la gauche critique.

A lire aussi sur aqui.fr :GRANDE REGION: Entretien - Virginie Calmels: les centres de décision ne doivent pas être concentrés à Bordeaux GRANDE REGION - Alain Rousset: Faire d'un défi une chance
GRANDE REGION: Interview - Gérard Vandenbroucke: le Limousin c'est l'exercice de la proximité
Grande région: des sièges de l'administration régionale de l'Etat quitteront Bordeaux


1. J'ai la conviction que la place du politique revient ; c'est ce que j'ai appris avec Ségolene Royal. Mais elle ne revient pas pour une économie administrée. Le système économique libéral est en train de faire preuve de beaucoup d'incapacité. Prenons l'élevage ; vous avez des agriculteurs qui sont pourtant des gens très libéraux et nous disent il faudrait quasiment que l'État fixe les prix de la viande. Et là nous n'avons pas la réponse en terme d'administration économique En revanche comme nous allons aller vers une économie verte, durable, circulaire, une mutation écologique extrêmement profonde de l'économie, le marché ne sait pas faire ; il ne nous donne pas le vrai prix du pétrole, des matières premières... si on actualise sur un calcul économique rationnel la valeur des matières premières, de l'énergie elle serait bien plus élevée. Si elle est basse, c'est que des acteurs économiques font le choix de tout vendre aujourd'hui, sans penser à demain.

2.Cet entretien a été  réalisé à Poitiers la veille du Conseil des ministres qui a confirmé la présence de la Direction régionale de l'Environnement de l'Aménagement et du Logment de la grande région dans la capitale actuelle de Poitou-Charentes.

Joël Aubert
Par Joël Aubert

Crédit Photo : CR de Poitou-Charentes

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