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Il est navré par cette réforme mais pas démoralisé pour autant. Entre une réunion et une audition, Alain Anziani, sénateur socialiste de la Gironde depuis l'automne 2008, revient sur la réforme des collectivités territoriales, ces prochains jours, au Palais Bourbon. Très critique, il donne les raisons de son désaccord avec ce projet du gouvernement.
@qui ! : Pourquoi vous opposez-vous à la réforme des collectivités territoriales telle que voulue par Nicolas Sarkozy et qui prévoit notamment la création de conseillers territoriaux uniques pour département et région ?
Alain Anziani : Je la rejette car elle est engagée pour de fausses raisons. Nicolas Sarkozy explique vouloir simplifier le mille-feuille administratif français, trop compliqué, et faire des économies. Il n’en est rien. Le système français n’est pas plus complexe qu’ailleurs en Europe, où il y a entre 3 et 4 échelons. En France, on peut en compter 3 et demi : communes, département, région et le demi avec l’intercommunalité. Cependant nous avons deux particularités : le nombre de nos communes est beaucoup plus élevé que les autres puisque 40% des communes européennes sont françaises. Surtout, nos régions sont extrêmement faibles par rapport aux équivalents européens. L’Aquitaine, jumelée avec le länder de Hesse en Allemagne, dispose d’un budget 10 fois moins important à taille et population comparables. J’ajoute que je suis scandalisé d’entendre que les collectivités territoriales coûtent cher. Les dépenses locales ne représentent que 14% de la dépense publique totale en France, contre 50% en Allemagne et 60% ailleurs en Europe. Sur les 500 000 élus locaux français, seuls 200 000 perçoivent une indemnité, les autres étant bénévoles. Et l’Etat est responsable de 80% de la dette publique du pays contre seulement 20% pour les collectivités.
@! : Quel est alors l’objectif de la réforme selon vous ?
A. A. : Il s’agit d’une centralisation du pouvoir, due à la volonté de l’Etat de tout contrôler, et un grave retour en arrière par rapport à toutes les politiques de décentralisation menées depuis plus de 20 ans. Surtout, derrière cette réforme il y a une attaque claire des régions qui sont, aujourd’hui, un contre-pouvoir puisque 20 sur 22 sont à gauche. Cette volonté politicienne de casser le pouvoir régional éclate au grand jour avec la création du fameux ‘conseiller territorial’.
@ ! : C’est-à-dire ?
A. A. : Le mode de scrutin choisi pour ce conseiller est ultra complexe. Il mélange un scrutin majoritaire uninominal à un tour dans les cantons pour 80 % des conseillers et un scrutin proportionnel sur des listes départementales pour 20% des élus. Pour faire simple, ce mode de scrutin favorise les formations politiques larges, comme l’UMP, qui pourront être élue avec seulement 30% des voix parce qu’elles seront premières. Il est défavorable aux plus petits partis ou aux courants plus divisés, comme la gauche. La réalité c’est qu’un parti pourra arriver en tête et remporter l’élection alors qu’il sera minoritaire en sièges !
@ ! : Ce conseiller territorial est-il possible à mettre en place concrètement ?
A. A. : Absolument pas. Pour moi c’est un monstre politique à deux têtes. La réforme introduit un seul conseiller qui s’occuperait à la fois de l’échelon départemental et régional. C’est impossible parce que 90% des compétences des deux institutions sont différentes. La région est en charge de la recherche, de l’innovation et globalement des perspectives de développement de long terme. Le département s’occupe lui des fonctions de proximité, l’action sociale, la voirie, les collèges, l’aide aux communes. Si une seule personne doit gérer tout ça, elle n’ira plus sur le terrain faute de temps. En outre, le risque est de voir l’élu favoriser son canton au détriment de sa région afin d’être réélu, ce qui aboutirait à la disparition de fait des régions.
@ !: Les collectivités sont sur les dents car elles craignent également que la réforme ne se solde par une baisse de leurs ressources et une perte de leur autonomie. Est-ce une peur vraiment fondée ?
A. A. : Oui car la réforme prévoit aussi la suppression de ce qu’on appelle la clause générale de compétence, c’est-à-dire le fait pour une collectivité de pouvoir financer des projets même s’ils ne sont pas dans son champ de compétences. Par exemple, aujourd’hui, le département peut aider au financement d’une école ou de l’assainissement, alors que cela fait partie des attributions des communes. Demain ce ne sera plus possible et les conséquences seront terribles pour les communes et les associations, qui vont voir leurs aides fondre. Par ailleurs, le comportement du gouvernement est tout-à-fait paradoxal quand on sait comment les infrastructures sont réalisés actuellement. Pour tous les projets ce sont des financements croisés. L’Etat ne fournit des dotations qu’à la condition que région, département et commune mettent la main à la poche. Pour la LGV, qui dépend de la compétence de l’Etat, ce dernier a exigé que les collectivités financent 50% du projet ! Et après on nous dit qu’on dépense trop !
@ ! : Comment comptez-vous faire entendre votre voix ?
A. A. : Nous devons convaincre l’opinion en expliquant les enjeux de la réforme aux citoyens et en passant un pacte avec les associations. La question sous-jacente est celle-ci : ‘Dans quelle république voulons-nous vivre ? Dans un pays jacobin où tout est réglé par l’Etat ou dans une république décentralisée qui prend en compte les spécificités de chacun ? Si on veut la deuxième solution, alors il faut nous donner vraiment les moyens d’agir. Les collectivités sont plus efficaces et moins endettées que l’Etat car ce sont des instances de proximité, soumises à la critique directe du citoyen et donc obligées d’agir. L’Etat, lui, il est impossible de lui remonter les bretelles dans la rue si ça ne va pas.
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Ce 8 février, Alain Rousset a présenté son programme électoral à la presse. Un programme en sept parties, sept « pactes », aux premiers rangs desquels : l'innovation, le social et l'emploi, et la jeunesse. Autres axes mis en avant, la croissance verte et le transport. Ainsi, l'Aquitaine sera « une collectivité qui innove, qui protège, qui rassure », pour les 6 ans à venir. Car désormais, il ne craint plus la réforme territoriale : « si les résultats sont là pour les régionales, l'année 2012 sera enthousiaste et positive avec de perspectives optimistes pour les collectivités locales ».
09/02/2010
Ce 8 février, Jean Lassalle a présenté sa liste « Forces Aquitaine de Gironde » dans les locaux de la permanence de campagne du Modem, à Bordeaux. A noter sur cette liste, beaucoup de nouveaux visages et la volonté de « représenter l'ensemble des pays du Bordelais, jusque dans les toutes premières places. » En dépit de cette nouveauté, les personnalités démocrates de Gironde ne manquent pas à l'appel, à l'exception notable de Laurence Dessertine, Conseillère régionale sortante.
09/02/2010
Il est de bon ton de se plaindre qu'en politique, on préfère les « petites phrases » aux discussions de fond sur les programmes. Les élections régionales pourraient être le moment privilégié d'une autre façon de « parler politique » : enjeux de proximité, mode de scrutin proportionnel qui donne sa chance à toutes les listes, réelle parité entre hommes et femmes... Tous les ingrédients sont là pour enflammer les tribunes. Hélas ! les routines journalistiques réduisent la campagne au duel convenu entre deux « ténors » aux allures de notables.
08/02/2010
Ce 4 février, Xavier Darcos, le ministre du Travail a lancé sa campagne lors d'un grand meeting à Mérignac. Pour cela, il a bénéficié du soutien du Premier ministre, François Fillon, qui est venu en personne lui prêter main forte. Preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que ces élections régionales ont bien une portée nationale.
05/02/2010
Cela se passait le 22 janvier dernier à l'Assemblée Nationale: l'absence du secrétaire d'Etat aux collectivités locales, Alain Marleix, et de la quasi totalité des députés UMP, lors de l'examen du texte sur la création des conseillers territoriaux, était une énième répétition de la procédure du vote bloqué. Cette procédure a pour conséquence l'organisation d'un seul vote, le mardi, après les questions d'actualité, permettant ainsi l'absence des députés. Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, devait réagir contre l'usage de plus en plus courant du vote bloqué : « Il ne doit pas servir pour remédier à une mobilisation insuffisante de la majorité pour soutenir les projets de loi gouvernementaux », affirmait-il. La procédure du vote bloqué doit-elle servir à l'exercice des différents mandats des parlementaires ?
05/02/2010
Le Conseil général des Landes organisait ce lundi 1er février au Château de Nahuques à Mont-de-Marsan, une réunion d'information sur la réforme des collectivités territoriales. Tels les quatre mousquetaires de la démocratie locale, Alain Vidalies, Robert Cabé, Jean-Louis Carrère et Henri Emmanuelli ont tenu lors de cette soirée à « rétablir la vérité sur la réforme et informer l'opinion sur ses conséquences réelles à venir ». Au programme: taxe professionnelle, compétence générale, conseiller territorial, « fausses excuses » et « vraie recentralisation ».
03/02/2010
Numéro 3 aux élections régionales en Dordogne sur la liste d'Alain Rousset, le président sortant, Jean-Pierre Raynaud, est le « Monsieur agriculture » du candidat socialiste. Président de la Fédération Régionale des Coopératives Agricoles d'Aquitaine (FRCAA) et président de la Chambre d'agriculture en Dordogne, il dispose de relais importants dans la profession. A l'heure, où l'on parle d'agriculture biologique, raisonnée, c'est l'un des enjeux majeurs des années à venir. D'autant, qu'ici en Aquitaine, l'agriculture est le premier secteur économique. Il y a près de 30 000 agriculteurs sur le territoire. C'est la deuxième région française en termes de production.
01/02/2010
Alain Rousset pouvait afficher une mine radieuse au moment de monter sur la scène de la grande salle, comble du parterre au balcon, du Palais des Congrès à Bordeaux, ce samedi 30 janvier. L'Aquitaine était bien au rendez vous du meeting qui marquait une sorte de coup d'envoi de sa campagne des régionales, encore que les jours précédents d'autres rendez vous et en particulier un meeting enflammé ait eu lieu à Oloron Sainte-Marie sur les terres du maire de la ville Bernard Uthurry.
31/01/2010
Jean Lassalle, député des Pyrénées Atlantiques, la tête de liste Modem aux élections régionales en Aquitaine, est venu à la rencontre des étudiants de l'ISEG mercredi 27 janvier. Connu sur la scène médiatique pour avoir entonné en 2003 l'hymne des Pyrénées en béarnais dans l'hémicycle pendant les questions au gouvernement pour obtenir le maintien d'une gendarmerie près du tunnel du Somport, et pour avoir entamé une grève de la faim au Palais Bourbon, afin de faire pression sur le gouvernement et éviter la délocalisation de l'usine du groupe Toyal Europ dans la vallée d'Aspe, cet homme à forte personnalité a expliqué les raisons de son engagement et de ses « coups d'éclats médiatiques ».
31/01/2010
Alors que le rapport sur le voile intégral été rendu, Alain Rousset recevait au même instant la présidente de Ni Putes Ni Soumises ainsi que les représentants régionaux de l'association autour d'un petit déjeuner-débat sur l'égalité des sexes, le port de la burqa, mais aussi pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit déclarée grande cause nationale 2010.
29/01/2010
Le face à face Rousset-Darcos avait attiré la grande foule dans l'amphithéâtre Montesquieu de Sciences Po Bordeaux. Et, d'abord celle des étudiants qui avaient, selon la tradition des « Rencontres IEP-Sud Ouest », préparé leurs questions. Le genre interdisait, à priori ces propos de campagne, aussi faciles que définitifs, que l'on tient dans un meeting. Et c'est sans doute ce qui a défavorisé le candidat ministre qui a eu quelque mal à contredire, au fond, le président sortant du Conseil Régional d'Aquitaine. Et, même, à justifier pleinement une réforme territoriale en discussion au Sénat qui va chambouler le paysage institutionnel des collectivités locales.
29/01/2010
Après avoir rencontré les viticulteurs du Libournais en début de semaine et avant de rendre visite aux pécheurs fluviaux de l'Entre-de-Mer, c'est auprès des maraîchers d'Eysines et d'un éleveur de bovins bio à Bruges que le candidat Alain Rousset, et certains de ses colistiers, ont passé leur matinée de ce jeudi 28 janvier. Au programme : ceintures maraîchères, filières courtes, agriculture biologique et formation. L'occasion aussi, pour le candidat, de mesurer les points forts et les points faibles de l'actuelle politique régionale dans ces domaines.
28/01/2010
Marie Bové, tête liste Europe Ecologie en Gironde pour les élections régionales a débuté sa campagne auprès des acteurs économiques du Val de Leyre, ce mardi 26 janvier. Au programme de cette sortie terrain, rencontres et visites avec les acteurs de la filière bois jouant la carte de l'innovation. Entourée d'un certain nombre de ses colistiers, Marie Bové a également participé dans la soirée à une réunion publique avec les habitants du Val de Leyre, les invitant à débattre sur l'avenir de leur territoire.
27/01/2010